Madame la Maire, Chers collègues,

« Nul ne doit démolir qui ne sache construire ». Cette citation de Goulven Mazéas, militant autonomiste, en 1934, devrait inspirer notre gouvernement qui n’a pas encore compris que nous étions aujourd’hui dans une période de crise écologique destructrice et que la réponse aux désordres passe par une meilleure prise en compte des réalités écologiques certes mais aussi sociales et économiques de nos concitoyens. Son but devrait être la construction d’un monde plus juste et plus égalitaire, nous en sommes loin !

Car c’est bien ce problème d’inégalités, auquel le gouvernement reste sourd et qu’il ne fait qu’accroître par ses réformes, qui engendre les contestations actuelles et s’exprime, avec violence parfois, dans les rues et sur les routes.

Il y a quelques mois, Ronan Dantec, sénateur écologiste de Nantes, prévenait le gouvernement du risque qu’il prenait s’il faisait de l’écologie un moyen de remplir les caisses de l’état ; surtout en taxant les plus pauvres. Il alertait également sur le risque de radicalisation face à une fiscalité mal comprise car contrainte. Supprimer l’ISF, par exemple, est parfaitement lamentable.

Finalement, la question centrale reste celle de l’emploi, de sa concentration dans certaines villes et métropoles et de la rémunération des salariés et des travailleurs. La concentration augmente les inégalités entre les territoires et les citoyens. Elle favorise l’inflation du prix du logement rendant son accès difficile pour les personnes aux revenus moyens, les poussant à s’éloigner de leur lieu de travail. Cela les oblige à être dépendant de leur véhicule individuel et donc du carburant.

Sous couvert d’écologie, l’Etat français décide d’une nouvelle taxe sur les carburants alors qu’il a, ne l’oublions pas, toujours promu le gazole comme mode de propulsion des véhicules et que les moyens de transports alternatifs, comme le train par exemple, ne sont pas suffisamment développés pour suppléer de manière efficace l’usage de la voiture. L’aménagement du territoire devrait pourtant être une politique primordiale des collectivités bretonnes compte-tenu de sa géographie. Encore faudrait-il que l’Etat leur en donne les moyens.

Considérant l’urgence d’une réflexion de fond sur le problème des transports et de l’aménagement du territoire en Bretagne, à l’heure où le débat se concentre sur le prix du carburant, avec des personnalités politiques bretonnes comme Isabelle Thomas, Daniel Cueff ou Christian Troadec, nous avons lancé officiellement ce matin un appel à témoignage à tous ceux qui sont contraints de prendre leur voiture et qui s’inquiètent du problème de consommation de carburant. Ces contributions serviront à bâtir un plan d’urgence pour la mobilité en Bretagne à partir des contraintes réelles de la population.

Certains blocages sont d’ores et déjà identifiés comme la LGV Rennes-Paris, dont Rennes Métropole ne cesse de faire l’apologie d’ailleurs, jusque dans son rapport d’activité. Cette infrastructure beaucoup trop financée par les collectivités et donc les contribuables bretons permet de joindre Paris en 1h25, c’est l’aspect positif mis en avant. Mais, elle a entraîné nombre d’impacts négatifs à commencer par la sélection par le prix, l’appauvrissement des cadences des TER et une gentrification de notre ville.

Pour promouvoir une politique plus sociale et égalitaire, l’UDB milite depuis toujours pour un renforcement des pouvoirs de décisions en Bretagne, seuls à même, selon elle de répondre aux besoins réels des citoyens. Aussi, j’invite l’ensemble des personnes qui considèrent que l’Etat met en difficulté les politiques publiques de nos collectivités territoriales dans la réponse nécessaire qu’elle doivent apporter aux crises actuelles, subies par la population, à la manifestation qui aura lieu samedi 8 décembre prochain à Rennes concernant le droit de décider en Bretagne.

Groupe Union Démocratique Bretonne

Conseil municipal de Rennes

3 décembre 2018

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