Nous, élus Rennais et Nantais de l’UDB, sommes réunis aujourd’hui pour échanger sur le développement de nos villes, les enjeux économiques, politiques et sociaux de nos territoires. Pour nous, la réunification de la Bretagne est une solution aux problèmes politiques actuels et de la vie quotidienne. Nous vous avons invité aujourd’hui à la gare de Rennes car nous militons pour une politique des transports qui soit accessible et pensée en fonction des enjeux de nos territoires et de la vie de nos concitoyens.

Nous souhaitons voir le réseau de transport public ferroviaire se développer de manière plus homogène sur le territoire, au-delà des axes « Paris-Province » où finalement, les villes comme Rennes deviennent une banlieue Parisienne, au détriment d’autres liens entre les villes qui constituent l’armature aussi bien urbaine que rurale de la Bretagne.

La création de la ligne à grande vitesse Rennes-Paris s’est construite sur le dos des citoyens, c’est à dire au détriment des trajets courts et journaliers de la population bretonne. Le gain de temps d’une demi-heure a entraîné une augmentation des prix des billets, des prix qui oscillent de manière anarchique en fonction de la date et qui ne permettent pas à tous d’en profiter régulièrement. Quel est l’avis des premiers concernés : les lycéens, les étudiants, les travailleurs et salariés bretons qui utilisent le train comme mode de transport journalier, et qui pourraient se voir ainsi exclus ?

La ligne a coûté environ 3 milliards d’euros, payée par les contribuables, particulièrement ceux de Bretagne administrative puisque la région et les collectivités participent à un tiers de l’investissement. À 100 millions d’euros, on peut dire que la minute gagnée coûte chère ! La ligne Nantes – Rennes, les liaisons entre Rennes Nantes et Châteaubriant ou encore la ligne Quimper – Brest sont mises de côtés, alors que ce sont ses liens qui font vivre bon nombre de territoires. Avec la LGV il sera plus rapide d’aller à Paris que d’aller à Nantes !

La pétition de Bretagne Réunie a comme objectif de faire rentrer dans le débat la question du droit d’option du département de Loire-Atlantique pour intégrer la région Bretagne. Cette pétition a aujourd’hui plus de 103 000 signatures, et, nous demandons clairement une consultation des habitants de Loire-Atlantique sur cette question.

Comme le souligne Loïg Chesnais-Girard, le président du conseil régional de Bretagne : « Il y a des liens indéfectibles entre les cinq départements. » Nous le prenons au mot et affirmons que la Région Bretagne doit désormais être proactive mais également force de proposition et d’action, pour que la partition de notre territoire prenne fin, et que puissent être mises en place de véritables politiques de coopération et de maillage entre tous les pays de Bretagne, de Brest à Clisson, au bénéfice de tous les habitants.

C’est une question qui est plus que jamais d’actualité quand l’on voit la quantité de trajets entre Rennes et Nantes. Actuellement les politiques tendent vers un centralisme forcené au détriment des réalités de nos territoires. Nous voyons un désengagement de la part de l’État français vis à vis de ses collectivités et les villes moyennes sont mises de côté.

Il faut plus de décentralisation pour pouvoir faire en sorte que les citoyens décident chez eux des politiques qui les concernent. Il y aura donc, dans cette perspective, une manifestation ayant pour objectif de mettre en avant ces questions dans le débat publique samedi prochain, le 8 décembre, nous appelons tout le monde à y participer. Au-delà des enjeux historiques, économiques et sociaux, c’est la question du développement et de l’émancipation de nos territoires qui est en jeu.

Ana SOHIER, conseillère municipale déléguée au Patrimoine et à la politique linguistique, Ville de Rennes,

Pierre-Emmanuel MARAIS, conseiller municipal délégué à la diversité linguistique, culturelle et pédagogique, et à l’animation périscolaire, Ville de Nantes.

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PB mai 2019