A Madame Anne Tagand, Sous-Préfète de Châteaulin

Référente départementale pour les réunions d’initiatives locales

Sous- préfecture, 33 Rue Amiral Bauguen, 29150 Châteaulin

Madame la Sous-Préfète,

Vous venez de vous voir confier le rôle de « référente départementale » pour l’organisation du grand débat voulu par le Président de la République.

Le Gouvernement s’est engagé à prendre en compte tous les avis et propositions exprimés dans le respect de la méthode et des règles du débat, selon les principes de transparence, de pluralisme et d’inclusion, de neutralité, d’égalité, de respect de la parole de chacun.

Soucieux du respect de ces principes, nous avons cherché dans le Kit méthodologique d’organisation, malheureusement sans les trouver, les moyens, outils, dispositions particulières mis à la disposition des citoyen-nes par l’Etat afin que ces débats soient accessibles à toutes et à tous, dans les mêmes conditions d’égalité, de confort et de participation.

La Charte qui a pour fonction de rendre le débat accessible à toute expression qui respecte les principes généraux, ne mentionne aucunement les principes de l’accessibilité universelle, seule condition de non exclusion d’une partie de la population, en particulier celle en situation de handicap.

Selon la Ministre Sophie Cluzel, le handicap est « le fer de lance de la transformation de la société ». Il conviendrait, par conséquent, que le gouvernement et les services de l’Etat soient à la pointe de la conception universelle lorsqu’ils lancent un projet à vocation inclusive, comme ce grand débat dit «réunions d’initiatives locales ».

Or, on déplore que la communication du gouvernement et des services de l’Etat ne prennent pas en compte ces principes de base, respectés dans la plupart des pays européens, afin de faciliter l’appropriation du projet, sa qualité et sa facilité d’usage par le plus grand nombre. Par ailleurs il est regrettable et excluant que les besoins spécifiques des citoyen-nes ne soient ni précisés par la plateforme méthodologique, ni pris en charge par l’Etat à qui incombe en priorité la mission de garantir la cohésion sociale.

C’est la raison pour laquelle, Madame la Sous-Préfète, nous vous demandons de bien vouloir nous faire savoir quels sont les moyens de prise en charge par l’Etat des coûts liés à la prise en compte de certains handicaps par les organisateurs de débats (interprétariat en LSF, vélotypie, par exemple…), ainsi que les mesures qui seront prises pour améliorer la communication : transcription audio pour les personnes aveugles et/ou malvoyantes du kit méthodologique, des fiches thématiques et de la charte, sous titrage et vidéos en LSF pour les personnes sourdes signantes, transcription en FALC pour les personnes avec handicap intellectuel et cognitif…

Vous n’ignorez pas que de nombreuses personnes en situation de handicap, soutiennent, et se retrouvent dans le mouvement des « Gilets jaunes ». En effet, elles vivent plus souvent sous le seuil de pauvreté que le reste de la population. Elles y disent clairement leur mécontentement lié à la précarité consécutive à la faiblesse de l’AAH ou de leur pension d’invalidité, au gel du plafond pour les allocataires en couples…

Le débat national est l’occasion pour les personnes en situation de handicap de se faire entendre, de participer pour l’enrichir de leur vécu singulier, de contribuer à l’élaboration des politiques publiques, à condition que le dispositif soit accessible. Pour le moment, le signal qui est donné n’est pas le bon.

Madame la Sous-Préfète, nous vous demandons expressément de vérifier auprès de la Commission Nationale du Débat Public, en charge de l’organisation, que ces débats soient accessibles à tous types de handicaps, ainsi que les supports de communication qui ne le sont pas à l’heure actuelle.

Veuillez agréer, Madame la Sous –Préfète, l’expression de notre considération distinguée.

Pour le bureau UDB Penn ar Bed

Anne-Marie Kervern

 

 

 

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