Mme La Maire, Chers collègues,

Dans la nuit du mercredi 30 au jeudi 31 janvier dernier l’Assemblée nationale a débattu d’une loi dite « loi anti-casseurs ». M. Castaner, Ministre de l’intérieur, veut « prévenir les violences, donner aux forces de l’ordre les moyens d’agir et renforcer les sanctions contre les personnes violentes ».

Cette loi anti-casseurs vise à interdire de manifestation les personnes susceptibles de violences par présomption, via l’autorité administrative du Préfet, donc sans faire appel à un Juge. Pour rappel, l’article 19 de la déclaration des droits de l’homme déclare que « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » et l’article 20 que « Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques. »

Dans une démocratie, est-il normal qu’un Préfet, représentant l’État, soit en capacité de décider qui a le droit de manifester et qui est privé de ce droit ?

Nous ne le croyons pas et c’est pourquoi nous nous insurgeons contre cette nouvelle atteinte aux libertés individuelles.

Mercredi dernier le journal l’humanité titrait : « violences policières, le conseil de l’Europe gravement préoccupé ». En effet, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe se dit « gravement préoccupée » par la gravité des blessures provoquées par les armes utilisées par les forces de police au cours des manifestations de gilets jaunes. 1700 à 1800 personnes ont été blessées depuis les débuts des manifestations, 13 personnes ont perdus un œil et 3 ont perdus leur main.

Dans un contexte politique tendu, la seule réponse du Président de la République et de son gouvernement semble être la répression policière d’un côté et l’organisation d’un grand débat de l’autre et l’objectif : ne rien céder.

L’utilisation des lanceurs de balles de défense, l’utilisation des grenades GLIF4 qui contiennent du TNT à dose importante, ne sont pas remis en cause. Pire, les dosages des grenades lacrymogènes ont été augmentés ce qui provoque des brûlures au visage, des nausées et des vomissements plus importants.

De l’encadrement des manifestations à l’encadrement du grand débat national où certains sujets sont prohibés, force est de constater que Paris ne fait plus de politique, Paris police pour protéger ses intérêts. Et visiblement, la défense de certains intérêts passe avant la défense des droits humaines fondamentaux : le droit de manifester, d’exprimer son opinion, de circuler…

Face au mépris, au déni de démocratie, la frustration des peuples engendre des violences condamnables mais symptomatiques d’un profond malaise. Après 12 semaines de violences, le pouvoir doit renouer le dialogue avec l’ensemble des citoyens en faisant preuve d’humilité et de compréhension pour trouver des solutions concrètes aux revendications formulées et rompre la spirale de la violence.

Je vous remercie pour votre attention.

Groupe Union Démocratique Bretonne 
Conseil municipal de Rennes 
04/02/2019

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