Le rectorat vient d’annoncer qu’il n’y aura pas d’ouverture de classe de 6e en filière bilingue français-breton à Hennebont cette année alors que celle-ci avait été actée le 25 juin. Cette décision tue dans l’œuf la dynamique observée à Hennebont et plus généralement dans le pays de Lorient, toujours à la traîne en matière de scolarisation en breton.

L’Union démocratique bretonne se joint aux protestations des parents d’élèves et dénonce un double discours de la part de l’État. Alors que des accords sont signés avec la Région Bretagne pour le développement et la promotion du breton, chaque ouverture est encore le fruit d’une lutte sociale. Désormais, tous les opposants au bilinguisme jurent, la main sur le cœur, qu’ils sont pour le breton, mais ne font rien pour qu’il se développe. Pire, ils entravent la demande sociale pourtant forte. 8h d’enseignement semble encore trop pour une ville de 16000 habitants !

L’UDB rappelle que l’objectif de scolarisation de 20000 élèves fixé en 2004 pour 2010 par la Région Bretagne n’est toujours pas atteint. Or, pour maintenir un pourcentage de 5 % de la population capable de parler breton, il en faudrait au minimum 50000 sur l’ensemble de la Bretagne. Pour le pays de Lorient, cela nécessiterait au minimum de doubler le nombre de sites pour mener une politique publique efficace. En refusant d’ouvrir des classes, le rectorat enterre de façon méthodique une langue (encore) vivante qui ne demande qu’à exister.

Gael Briand, responsable de la section UDB du pays de Lorient

Crédit photo: Pline [CC BY-SA 3.0]

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