L’Union démocratique bretonne réagit à la critique du Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) de la Région Bretagne par l’Agence environnementale. Ce document stratégique comporte en effet des lacunes sérieuses et doit être revu.

À première vue, le SRADDET de la Région Bretagne présente des objectifs ambitieux : arrêt de la consommation foncière en 2040, sortie des pesticides, forte réduction des gaz à effet de serre, défense de l’équilibre territorial par une prise en compte l’ensemble de la Bretagne, Loire-Atlantique comprise…

Pourtant un examen détaillé du document montre une réalité décevante. Par exemple :

– aucune mesure sérieuse n’est proposée sur le problème quantitatif des émissions de gaz à effet de serre lié à l’élevage ;

– le SRADDET s’inscrit dans une poursuite du phénomène de métropolisation, en permettant aux territoires rendus “les plus attractifs” par des choix politiques antérieurs d’assouplir les contraintes de réduction de la consommation foncière. Cela est d’autant moins acceptable que selon une enquête menée par le Cevipof (Sciences Po) en 2019, en lien avec l’Association des maires de France (AMF), à la question “dans l’idéal, si vous aviez le choix, où préféreriez-vous vivre ?”, 45 % des Français ont répondu “à la campagne”, 41 % “dans une ville moyenne” et 13 % “dans une métropole” (une répartition qui ne varie quasiment pas en fonction de l’âge ou du niveau de diplôme) (1) ;

– les préconisations en termes de mobilité durable se limitent à refiler la patate chaude aux intercommunalités, la Région se résignant à laisser en l’état un maillage ferroviaire qui ignore les besoins de déplacement sur un axe nord-sud de la Bretagne.

Globalement le document souffre d’imprécision dans la formulation des objectifs, et parfois même de l’absence d’objectifs clairs.

Comble de l’incohérence, le SRADDET affirme la nécessité de travailler à l’échelle de la “Bretagne historique” mais ne livre jamais de chiffres ou de cartes incluant la Loire-Atlantique.

Pour l’UDB, le SRADDET est à revoir en profondeur, en mettant en cohérence les mesures prévues avec les objectifs affichés et en renforçant significativement certaines parties. Par ailleurs la politique générale de la Région devrait également être en conformité avec ces objectifs, faute de quoi les règles formulées à l’intention des intercommunalités souffriront d’un grave manque de crédibilité. Trop souvent encore les arbitrages de la Région sont en contradiction avec ses objectifs proclamés, par exemple sur l’agroalimentaire, le tourisme durable, la réunification ou la lutte contre l’artificialisation des sols.

L’UDB a engagé une réflexion de fond sur le SRADDET, qui prend déjà la forme de plusieurs articles parus ou à paraître dans le mensuel Le Peuple breton, et sera bientôt en mesure de publier un dossier détaillé dans lequel elle fera des propositions concrètes pour une amélioration du document.

(1) L’enquête AMF-CEVIPOF a été conduite à partir d’un questionnaire de 68 questions par IPSOS SOPRA-STERIA, du 14 au 20 juin 2019 auprès de 15 308 personnes constituant un échantillon représentatif inscrites sur les listes électorales.

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