En novembre 2019, le conseil régional de Bretagne adoptait pour la première fois un projet de SRADDET (schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires). Ce nouveau document vient compléter les dispositifs d’aménagement du territoire en permettant d’agir à l’échelle régionale, pertinente en particulier pour l’équilibre entre villes et campagnes, pour les transports, la prise en compte des grandes aires urbaines débordant les intercommunalités et les pays, etc.

Il manquait en effet une possibilité de régulation au niveau régional, comme en attestent les débats fréquents sur la métropolisation, sur le déséquilibre est/ouest ou intérieur/littoral, débats qui touchent de près des sujets aussi essentiels que le logement, la mobilité, l’emploi. Les problèmes posés par le changement climatique, la raréfaction des ressources ou encore la dégradation de la biodiversité méritent également des réponses à une échelle plus large que celle du bloc communal, mais plus proche du terrain que l’État central. C’est donc avec un grand intérêt que l’Union démocratique bretonne a analysé le projet de SRADDET adopté en 2019. Le présent document en propose une analyse et explique en quoi il devrait être modifié.

L’essentiel du contenu de cette analyse a été publié dans le mensuel Le Peuple breton entre mars et juillet 20201. Ces chroniques ont été ici remises en forme et augmentées de propositions de modification du SRADDET, que l’on retrouve en fin de chaque analyse thématique et sous une forme synthétique à la fin du document. L’Union démocratique bretonne portera cette analyse et ces propositions dans les discussions préalables à la campagne des élections régionales de 2021. Obtenir une révision du SRADDET sera l’un des objectifs du parti.

Il ne s’agit en aucun cas, pour les militants de l’UDB, de se substituer au travail des services de la Région ou de mettre en doute leur compétence. C’est bien le pilotage politique du document qui est en cause, y compris sans doute dans certains problèmes de forme que nous évoquerons plus loin. Les modifications proposées ne doivent donc pas être comprises comme des demandes clé en main de réécriture du document, mais comme des axes de transformation.

En effet, le SRADDET de la région Bretagne2 a été critiqué non seulement dans Le Peuple breton, mais aussi dans la presse quotidienne régionale, par l’agence environnementale, qui a dénoncé le flou du schéma, sa confiance excessive dans des engagements volontaires non précisés, des insuffisances dans le diagnostic ou encore une tendance à remettre les décisions-clés à plus tard3.

Avant d’aborder l’analyse en elle-même, il importe de préciser la vision de la Bretagne qui l’inspire. Pour les adhérents de l’UDB, un document comme le SRADDET devrait mobiliser tous les outils disponibles pour promouvoir l’équilibre entre les pays et s’opposer vigoureusement à la désertification, ou à la résidentialisation, d’une partie de la Bretagne, corollaire de la saturation de l’autre. Dans la lignée des travaux précédents du parti, nous affirmons notre opposition au processus politique de métropolisation, qui ne peut qu’exacerber les inégalités et provoque déjà un gaspillage de ressources inquiétant.

Nous envisageons la Bretagne dans son ensemble, Loire-Atlantique comprise, et nous ne la réduisons pas à un « Ouest » dont la seule planche de salut serait une dépendance toujours plus étroite à l’égard de la région parisienne. Nous ne nous opposons pas par principe à la croissance démographique anticipée pour les vingt années à venir – sachant que de très nombreux Bretons ont dû et doivent encore quitter leur pays, que beaucoup souhaitent y revenir, et que, plus largement, les deux tiers de la population d’Île-de-France souhaiteraient en partir –, mais nous affirmons que les collectivités doivent tout mettre en œuvre pour que la croissance prévue se répartisse harmonieusement à travers la Bretagne, afin d’éviter les effets de saturation et surtout de satisfaire au mieux les envies des habitants, anciens comme nouveaux, dont une immense majorité, dans les villes comme dans les campagnes, aspire à une organisation polycentrique du territoire4.

Le maillage équilibré des villes moyennes, mis à mal aujourd’hui, permettra, une fois revivifié, de limiter les inégalités et de gérer plus sobrement les ressources, ce modèle étant notamment le plus économe en déplacements, et peu propice aux flambées des prix de l’immobilier.

Certains sujets importants seront peu, voire pas du tout, abordés dans ce document. En effet, le SRADDET a une portée limitée et n’a pas vocation à embrasser tous les aspects de la vie politique – sa critique reste donc à peu près dans les mêmes limites, sauf dans les cas où le manque d’ambition du document s’avère problématique.

Rappelons ici que la Bretagne reste un pays divisé entre deux régions administratives, toutes deux faibles sur le plan politique comme budgétaire. Cette critique ne saurait donc en aucun cas dessiner un programme politique complet. Pour une vision du projet de société de l’UDB, le lecteur peut se reporter au livre-projet publié en 2018, S’émanciper. Un projet de société vu de Bretagne.

Téléchargez l’analyse critique du SRADDET par l’UDB

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1Série d’articles signés Nil Caouissin. On en retrouvera un résumé sur le site du Peuple breton : « Pourquoi la Breizh Cop et le SRADDET sont critiqués », 9 juin 2020.

2On veillera à ne pas confondre la Bretagne et la région Bretagne : « région Bretagne » sera employé pour désigner le territoire de la région administrative et « Région Bretagne » pour le conseil régional.

4Selon une enquête menée par le Cevipof en 2019, à la question « dans l’idéal, si vous aviez le choix, où préféreriez-vous vivre ? », 45 % ont répondu « à la campagne », 41 % « dans une ville moyenne » et 13 % « dans une métropole. »

UDB

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