Intervention : Non au CRA, à Nantes et ailleurs

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CRA de Guadeloupe © La Cimade

Intervention lors du Conseil Municipal de Nantes
Le 13/10/2023

« Les conditions sanitaires sont terribles. L’odeur est très mauvaise. Il n’y a rien pour nettoyer les salles de bain ou les chambres. Ça sent l’humidité partout.

Ici ce n’est pas fait pour des humains. Nous n’avons aucune liberté. On ne peut pas manger ou fumer quand on en a envie. Il faut attendre qu’un policier se décide à nous donner à manger ou à nous ouvrir la cour. Parfois cela prend beaucoup de temps.

[…] Ici nous n’avons rien à faire, nous nous ennuyons, nous sommes confus, cela nous crée de l’anxiété. Je n’ai rien à faire, je reste allongé dans le couloir près des fenêtres toute la journée. J’ai installé mon matelas à cet endroit parce que ça sent un peu moins mauvais. Je ne sais pas quand je vais être expulsé.

Les salles de bain sont dégoûtantes, c’est nettoyé une fois par semaine. Nous ne pouvons même pas dormir dans les chambres à cause de l’odeur, donc nous dormons dans le hall, car dans les chambres il y a l’odeur, des moustiques et des fourmis.

Nous avons un grand sentiment d’injustice. Je ne mange plus, je ne dors plus. Le centre n’est pas bon pour les humains. C’est contraire à nos droits. C’est pire que la prison. »

Ce témoignage est celui de Paul, recueilli en août 2022, par la CIMADE. Paul est père d’un enfant de 12 ans qui est né et a grandi toute sa vie à Saint Martin. La mère de son fils, de nationalité Jamaïcaine, est en situation régulière. Paul a été interpellé à Saint Martin puis a été transféré au centre de rétention de Guadeloupe. Il y a passé 30 jours, séparé de sa famille.

Ces mots sont ceux d’une parole libre mais d’une personne enfermée. Une parole qui permet de saisir les conséquences des politiques à l’égard des personnes en migration et l’horreur de ces centres de rétention.

Garantir un accueil digne aux exilé·es, cela implique de regarder en face et de prendre en compte les différentes causes de l’émigration, l’histoire colonialiste de la France et de la France-Afrique. Il est nécessaire de revoir la politique extérieure de la France envers certains pays, politique créant une insécurité et une précarité caractérisée des populations. Les causes de l’immigration sont souvent les mêmes : guerres, dictatures, pillage des pays “riches”, volonté de sauver sa vie ou d’une vie meilleure.

Or, une fois en France, les personnes exilées se retrouvent souvent durant des années empêtrées dans des démarches compliquées, et parfois enfermées dans des centres de rétention inhumains, sans obtenir le respect de leurs droits humains.

L’UDB propose :

  • Un droit au travail reconnu dès l’accès au territoire

  • Un droit au logement

  • Un droit aux soins par la délivrance d’une carte vitale à chaque personne résidant sur le territoire français.

  • Création d’un service public territorial breton d’accueil des migrants réunissant notamment aide juridique, cours de langues, aide psychologique et visite de santé.

Je vous remercie.

Aurélien Boulé Fournier
Groupe UDB Ville de Nantes

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