Intervention sur la sécurité à Nantes, en présence du procureur et du préfet

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Intervention lors du Conseil Municipal de Nantes
Le 05/04/2024

Madame la Maire, Chèr·es collègues,

Ce temps est l’occasion de rappeler l’engagement de notre ville pour la sécurité depuis le début de ce mandat : 

  • Création de la police métropolitaine des transports
  • Création récemment d’une brigade cynophile
  • Création à venir d’une brigade de l’espace public
  • Recrutement de nouveaux agents de police municipale
  • Et maintenant, ouverture du concours pour devenir gardien-brigadier pour faciliter le recrutement.

La ville de Nantes active tous les leviers à sa disposition et même plus avec l’ouverture de ce concours, en plus de celui proposé prochainement par le Centre de Gestion 44. 

Cependant, avoir une réponse efficace sur les enjeux de sécurité est une affaire collective. 

En l’occurrence, la réponse du gouvernement laisse à désirer.

En effet, cela faisait des années que notre ville attendait des effectifs de police judiciaire pour lutter contre le grand banditisme et le narcotrafic qui gangrènent nos quartiers, nous fournissant plutôt des CRS, des brigades anti-émeute donc. 

Alors certes, l’arrivée annoncée d’ici 2027 de 26 nouveaux personnels au tribunal judiciaire de Nantes est une bonne nouvelle. Mais avec la réforme de la police judiciaire de cet été, le gouvernement a globalement réduit l’efficacité de cette dernière et l’action des magistrats qui disposaient de ces effectifs tout en entérinant la mort de l’investigation.

Parce qu’il ne faut pas s’y tromper : 

  • Les coups de feu dans nos quartiers, 
  • Les menaces de mort à l’encontre des agents à Nantes nord, 
  • Et les menaces contres les conducteurs et conductrices de Naolib à Bellevue, sont toutes liées au narcotrafic.

Alors pour que les habitants de nos QPV puissent retrouver une vie normale, l’action publique ne peut pas se baser seulement sur des opérations coup de poing.

Il s’agit d’occuper aussi l’espace public avec différents dispositifs : 

  • De l’assistance sociale,
  • Des services d’emplois et de santé
  • Des services de mobilité
  • Mais aussi la présence continue de la police, municipale ET nationale.

Or, je ne peux que m’interroger sur la réponse peu amène de Nicolas Jolibois, Directeur départemental de la Police Nationale, donnée aux habitants et habitantes de Bellevue, concernant leur demande d’une Police de proximité. 

Il s’agit aussi d’ouvrir un débat large et apaisé en France sur la question de la légalisation du cannabis. Vous le savez, après Malte, en 2021, et le Luxembourg, en 2023, l’Allemagne est devenu le 1er Avril le plus grand pays de l’Union européenne à s’engager dans cette voie. Selon le gouvernement allemand, la nouvelle législation devrait permettre de “lutter plus efficacement contre les trafics”. 

Vouloir traiter la question sécuritaire avec seulement plus de police est une erreur fondamentale.
Pour nous, la question est d’abord sociale :  

  • Car oui, quand chacun à les moyens de vivre décemment, 
  • De nourrir et loger ses enfants, 
  • De ne plus être à l’euro près en fin de mois, on n’est pas tenté de trouver d’autres sources de revenus.

Ne nous voilons pas la face, le narcotrafic s’appuie sur la misère dans nos quartiers et l’absence de services publics.

Et pourtant, la ville de Nantes prend largement sa part pour contrer ce phénomène : 

  • En ré-aménageant les quartiers, 
  • En mettant en place, à nouveau, le contrat de ville que nous avons voté récemment,
  • En prenant part à l’expérimentation Territoire Zéro Chômeur, entre autres.

Notre ville est présente au côté de tous ses habitantes et habitants. Comment faire en sorte que l’État instaure une nouvelle approche dans les relations entre la police et la population, en incluant les attentes et les besoins du citoyen·e dans les missions de la police ?

Aurélien Boulé Fournier
Groupe UDB Ville de Nantes

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