Intervention sur le droit d’interpellation du Conseil municipal de Nantes

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Intervention lors du Conseil Municipal de Nantes
Le 08/12/2023

Mme la Maire, cher·es collègues,

Le droit d’interpellation citoyenne a une très forte valeur, à la fois symbolique et concrète. Permettre aux Nantaises et aux Nantais d’interpeller le Conseil municipal, c’est l’occasion d’insuffler plus de démocratie dans le fonctionnement de notre ville. C’est encourager – aussi – l’expression citoyenne tout au long du mandat, au-delà d’un bulletin mis dans l’urne au milieu d’un océan d’abstention (70% à Nantes aux dernières municipales).

Ce droit d’interpellation est également l’occasion pour nos concitoyen·nes de se saisir un peu plus de la vie politique locale, de s’investir sur une thématique et de s’impliquer autrement dans le débat public.

Pour l’UDB, toute démocratie suppose des contre pouvoirs parmi lesquels on trouve l’auto-structuration citoyenne et ce droit d’interpellation. Nous sommes convaincus de la complémentarité de la démocratie directe et de la démocratie représentative.

La 5ème république française se sclérose dans son ultra-centralisme où le pouvoir – in fine – échoue dans les mains d’une autorité solitaire à Paris.
Ouvrir les fenêtres, redonner confiance, favoriser les prises de parole, respecter les corps intermédiaires, prendre en compte les expressions populaires et syndicales, ne pas hiérarchiser mais plutôt fédéraliser les communautés humaines : c’est une nécessité absolue, face à une crise démocratique et sociale profonde.

Cette reventilation du pouvoir vers la base n’est pas une utopie. Les votations et référendums sont même la norme dans beaucoup d’États ou de régions en Europe. Regardons l’Irlande, où l’on a pu voter sur 8 référendums en dix ans (dont le mariage pour tous), la Suisse avec 322 appels aux urnes depuis 1848 ou encore la Catalogne, qui réinterroge son rapport au pouvoir (avec au coeur l’équité sociale, le droit à l’autodétermination et la démocratie directe).

Les lignes bougent également en Bretagne, notamment à la Région où à l’unanimité (RN excepté), un vœu a été adopté pour demander d’entamer avec l’État des discussions sur la définition d’un possible modèle d’autonomie. À Nantes, près de 30.000 personnes défilaient en 2014 pour demande la réunification de la Bretagne. Depuis, notre ville est motrice pour faire avancer cette revendication populaire.

Pour conclure, je reprendrai les mots de la militante sociale et ancienne Maire de Barcelone, Ada Colau : “Dans un contexte mondial où les discours de haine et les projets autoritaires se multiplient, les villes sont le lieu où nous pouvons travailler avec les citoyens pour renforcer la démocratie. Nous considérons ce défi comme une opportunité de réorganiser notre fonctionnement social et politique ”.

Alors, oui, à Nantes, nous sommes persuadés qu’un tel outil permettra de lutter contre la sinistrose démocratique et favorisera les dynamiques vertueuses.

Notre groupe sera donc très fier de voter pour ce droit d’interpellation citoyenne.

Je vous remercie.

Aurélien Boulé Fournier
Groupe UDB Ville de Nantes

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