Intervention lors du Conseil Municipal de Nantes
Le 18/10/2024
Mme la Maire, cher collègue,
Merci au groupe Macroniste d’avoir choisi de mettre « la crise du logement à l’ordre du jour de leur thématique sujet hautement crucial. Je m’étonne cependant que l’angle proposé soit celui de la responsabilité de la collectivité.
En réalité, le constat est simple : l’acteur manquant à l’appel, c’est l’Etat ! En 20 ans, les prix de l’immobilier ont augmenté de 154% et les revenus de seulement 18%. La part du logement dans le budget des ménages modestes est montée à 40 %.
En prévoyant de construire 75 000 logements sur 3 ans, (soit 7 % des besoins annuels), tandis que la Cerema évalue ce besoin à 350 000 par an, l’État ne remplit pas son rôle.
Non seulement il ne répond pas aux besoins mais la plupart des mesures prises par les gouvernements Macron successifs ont totalement raté la cible :
– La baisse des APL en 2017, purement supprimés pour l’acquisition de résidence principale, privant les plus modestes d’accéder à la propriété.
– L’instauration de la RLS (réduction de loyer de Solidarité) pour compenser cette baisse d’APL, supportée par les bailleurs sociaux, impactant fortement leur capacité d’investissement et par conséquent leur capacité à produire des logements sociaux (E. Cosse)
– En conséquence : moins de rotation dans le logement social engendrant l’augmentation des demandes en attentes et le délais d’attribution d’un logement (Nantes 30 000 demandes / 30 mois d’attente).
– La loi anti-squat de 2023, criminalisante et destinée à faciliter l’expulsion de ceux qui ne peuvent plus payer leurs loyers. En pleine crise du logement c’est aussi une aberration !
Pour le gouvernement Barnier, le logement ne semble pas non plus prioritaire. On a bien remarqué qu’il n’y avait pas de ministre du logement à l’origine de sa nomination. Au contraire, son projet de loi de finance va accentuer la crise du logement, préférant réduire les dépenses de l’État et faire peser 5 milliards d’économies sur les collectivités territoriales, qui peinent déjà à produire du logement plutôt que faire reposer l’effort sur ceux qui le pourraient : les plus riches, les entreprises du CAC 40.
C’est dans ce contexte que les villes et les métropoles doivent une nouvelle fois compenser la défaillance de l’État.
La ville de Nantes prouve qu’à l’échelle de la Métropole le logement est bien une priorité.
– 20 millions d’euros débloqués l’an dernier pour la construction de nouveaux logements sociaux.
– Sa promesse de 1000 nouvelles places de logements abordables pour les moins de 26 ans.
– La réévaluation à la hausse de nouveau projets de logement étudiant (objectifs du PLH déjà atteints)
Pour autant, la question du logement ne peut pas trouver sa seule réponse dans construire toujours plus. Pour cela, Il est indispensable de développer des nouveaux modes d’habiter. En soutenant l’habitat participatif, la colocation ou l’habitat intergénérationnel) la ville de Nantes démontre pleinement son engagement.
Pour conclure :
- Alors que le travail permet de moins en moins d’accéder au logement,
- Alors que des jeunes actifs de la classe moyenne ont de plus en plus de difficultés à se loger
- Alors que la crise du logement ne se limite pas aux grandes villes et frappe l’ensemble de la Bretagne
À l’UDB, nous pensons qu’il est impératif de lutter contre la spéculation immobilière et travailler collectivement sur la demande de logements, en soutenant les locataires et les primo-accédants. Quand de plus en plus de personnes ne peuvent pas trouver leur première maison, l’urgence est de garantir le droit à se loger avant même de posséder plusieurs logements. C’est pourquoi l’UDB a lancé une pétition et gagné le retrait du site “ma 2ème maison” de la caisse d’Épargne BZH/PDL et a proposé d’instaurer un statut de résident pour lutter contre la prolifération des logements Airbnb, notamment sur la côte,
Vous l’aurez compris, pour l’UDB, se loger n’est pas secondaire !
Je vous remercie.
Valérie Coussinet – Ndiaye
Groupe UDB Ville de Nantes