Intervention lors du Conseil Municipal de Nantes
Le 28/03/2025
Madame la Maire, chèr·es collègues,
Pour de la proximité
Aborder la question des services publics de proximité, c’est accepter de débattre du modèle de société que nous souhaitons collectivement.
Pour nous à l’UDB, cette vision est celle d’une organisation territoriale qui devrait être décentralisée, en mettant en avant le principe d’une organisation fédérale, de l’Europe à l’échelon communal, selon les principes de subsidiarité.
Il est malheureusement évident que la centralisation française ne permet pas un réel déploiement de services publics de proximité sur l’ensemble des territoires.
Mais, on peut se le dire, à Nantes, dans l’esprit de la Ville du quart d’heure, les services aux usagers sont de qualité et répondent globalement aux attentes des nantaises et des nantais.
Ainsi, ce sont 400 équipements publics nantais, plus de 100 000 habitants accueillis par an pour effectuer des démarches administratives auprès des services publics de proximité.
Derrière ces équipements et services publics, ce sont 3 700 agentes et agents qui écoutent, orientent, délivrent le bon niveau d’information ou de réponse et rendent les droits accessibles en matière d’éducation, de santé ou de sécurité.
De plus, avec 18 hectares désimperméabilisés, 50 000 arbres plantés, et 18 jardins publics créés ou réaménagés sur les 119 parcs, jardins et squares nantais, la Ville de Nantes renforce la présence de la nature dans tous les quartiers. Ces espaces sont autant de lieux de rencontres et de respiration pour les habitants, espaces entretenus et aménagés par les services d’espaces verts de la Ville.
Une vision en qui se heurte à l’idéologie dominante
Evidemment, le projet politique d’un développement des services publics de proximité se heurte à l’idéologie devenue dominante aux Etats-Unis et sans doute un peu en Europe, celle d’un marché devenu roi, celle de la main invisible d’Adam Smith, qui voudrait que la plupart des besoins des habitantes et habitants pourraient être satisfaits par le marché.
Cette vision ne garantit pas l’égalité des citoyennes et des citoyens pour l’éducation, la santé, la culture, les transports et tous les services publics mis en œuvre, notamment en proximité.
Or, quand les services publics sont au plus proche des habitants et des habitantes, la réponse aux besoins est plus adaptée, plus rapide et surtout plus humaine.
C’est dans cette volonté de proximité que l’UDB milite pour qu’à l’échelle de la Ville et de la métropole, on puisse aller vers un territoire polycentrique, qu’on ne reproduise pas à l’échelle de la Ville, une centralisation sclérosante et qui mène à de nouvelles formes d’inégalités.
L’organisation des transports en commun nantais en est un bel exemple. Au-delà des questions capacitaires, auquel le projet de métro que nous portons pourrait répondre, le modèle de l’étoile de Legrand, organisation centralisée des chemins de fer au 19ème siècle, appliqué à un territoire urbain, a fait son temps.
Pourquoi être obligé d’aller à la gare de Nantes-Orléans quand on veut aller dans une autre ville bretonne, que cela soit Rennes ou Lorient ? Ne pourrait-on imaginer une autre organisation où certains trains partiraient de gares dites périphériques, celle de Chantenay ou Babinière par exemple.
Au-delà de cette vision malheureusement peut-être utopique… mais je suis persuadé qu’en ce moment, comme Thomas More, nous avons plus que jamais besoin d’utopie. Nous sommes convaincus de l’importance des services publics de proximité qui sont une des réponses au sentiment de déclassement et d’abandon d’une partie de la population.
Pierre-Emmanuel Marais
Groupe UDB Ville de Nantes