Intervention lors du conseil municipal
Ville de Nantes – 28 Mars 2025
Oui à la charte de l’arbre
À Nantes, la présence des arbres est capitale, avec la confluence des forêts de Haute-Bretagne, les végétaux typiques du Val de Loire, le bocage du Pays de Retz et les conifères du littoral Atlantique.
En ville, les arbres atténuent les effets du changement climatique, favorisent la biodiversité et contribuent au bien-être des habitants. Les dernières vagues de chaleur nous l’ont démontré. C’est pourquoi la ville prend soin des arbres. Le développement de nouveaux îlots de fraîcheur, comme Place Viviani, répond aussi à des enjeux de convivialité, d’équité sociale, de lutte contre la sédentarité…
Et nous avons de la chance, car à Nantes, des arbres, il y en a beaucoup. Leur surface est estimée à 20 %. Cet atout, il est aussi le fruit de choix politiques ; il s’est construit à travers des mesures visant à protéger et à étendre cette canopée.
Le besoin de nature – qui a été exprimé lors du Grand débat «Fabrique de nos villes» – va trouver des réponses fortes avec cette délibération, et ses trois points, comme exprimé par Delphine Bonamy.
Non à la fin du ZAN
Dans notre ville et notre métropole, la préservation et le développement de la canopée va de paire avec la lutte contre la bétonisation des sols. Notre objectif de zéro artificialisation nette des terres en Loire-Atlantique à horizon 2030 doit être maintenu. Vous le savez, le Sénat a adopté, mardi 18 Mars, la proposition de loi Trace, qui abroge l’objectif de réduction de 50 % de l’artificialisation des sols et multiplie les exemptions. Cette reculade, avant le retour du texte à l’Assemblée nationale, d’ici à l’été, est très préoccupante.
Avec des arguments issus d’un logiciel obsolète et qui nous mène à la catastrophe, certains sénateurs – notamment classés “à gauche” – nous ont refait la sérénade du “rassurons les élus locaux”, “n’entravons pas le développement des territoires”, “corrigeons une loi ayant généré de la défiance”… Cette dialectique fallacieuse illustre en creux l’incapacité de certains à adopter des modèles soutenables ; alors que le morcellement des écosystèmes, l’étalement urbain, notre dépendance à la voiture et au pétrole, ainsi que la crise climatique s’amplifient, avec une perspective apocalyptique d’après Météo France “d’un pays à +4°c en 2100”.
Que diront les parlementaires ayant tué le ZAN quand les inondations à répétition, des canicules s’étendant de mi-mai à mi-septembre, et pouvant durer deux mois continus, des épisodes de sécheresse durant des années, une multiplication par dix des jours de vagues de chaleur et de nuits tropicales viendront percuter la vie de leurs petits enfants ?
Alors que chaque année, en France métropolitaine, plus de 20 000 hectares sont artificialisés (soit l’équivalent de presque quatre fois la ville de Nantes), cette bétonisation – totalement décorrélée de l’évolution démographique – porte atteinte aux fonctions écologiques des sols, à la biodiversité et compromet notre souveraineté alimentaire. Pour endiguer le phénomène, la loi Climat et Résilience est notre alliée.
Comme l’écrit l’urbaniste nantais Sylvain Grisot, “coupés des réalités du terrain et soumis au jeu des alliances, les sénateurs se mettent à rebours de l’Histoire et provoquent une nouvelle étape du backlash écologique dont l’épicentre est désormais localisé à Washington.”
Pour conclure, je m’adresse aux nantaises et aux nantais qui nous écoutent : écrivons dès à présent à nos députés pour leur expliquer pourquoi ce texte du Sénat doit être rejeté lors de son passage à l’Assemblée nationale en juin.
À l’inverse, à Nantes, nous montrons aujourd’hui avec cette charte communale que l’arbre est une composante essentielle de notre cité, et de son habitabilité présente et à venir.
Aurélien Boulé Fournier
Union Démocratique Bretonne