Intervention lors du Conseil Municipal de Nantes
31/01/2025
Mme la Maire, cher collègue,
« Quiconque est confronté à la situation à Mayotte, et ce n’est pas le seul endroit de France, mesure que le mot « submersion est le plus adapté »
Ces propos indignes reprenant la rhétorique de l’extrême droite ont été prononcés, en ce début de semaine, par le Premier ministre. Ces propos portent atteinte à toutes les personnes étrangères !
À l’heure où l’on observe des atteintes sans précédents aux droits des étrangers, nous remercions tous les acteurs associatifs qui œuvrent à Nantes, auprès des personnes étrangères. Nous saluons aussi, leur travail et leur mobilisation pour un soutien sans faille à ces personnes au quotidien, notamment auprès des familles en difficulté, mais aussi en matière d’accès au droit et pour prévenir les discriminations.
Alors que la loi Darmanin marquait déjà un point de bascule inédit et une rupture historique vers l’extrême droite, le gouvernement évoque déjà l’idée d’une nouvelle loi immigration pour 2025. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau joue la surenchère, annonçant successivement une salve de propositions toutes plus abjectes les unes que les autres :
– Abrogation de la circulaire « Valls », restreignant encore davantage les régularisations
– l’Annonce de s’attaquer à la Suppression de l’AME
– Restriction du droit au sol à Mayotte
– Ou encore, la volonté de s’attaquer au droit fondamental du mariage protégé à la fois par notre constitution et la CEDH. Le dépôt d’un projet de loi au Sénat visant à interdire le mariage en France lorsqu’un des futurs époux réside de façon irrégulière sur le territoire est bientôt prévu. Ce texte est inscrit en séance du 20 février prochain.
Si le gouvernement, dont vous êtes les alliés, chers collègues LR et Macroniste ne veut pas maintenir sur le territoire des personnes en situation irrégulières, la solution est de les régulariser et d’arrêter de fabriquer des sans-papiers.
À Nantes comme ailleurs, la dématérialisation et les délais d’instruction des titres de séjours sont catastrophiques et entraînent trop souvent la perte de tous droits (travail et droits sociaux)
Croyez-moi, ses situations, je les connais bien, à titre personnel et à travers l’engagement que je mène au sein du mouvement des amoureux au ban public.
Encore hier, un couple franco Malien, Virginie et Ablaye, que j’ai accompagné pendant 2 ans, exprimait leur désarroi face au mépris de leur préfecture. Je les cite “ Cette préfecture qui nous méprise ! Hier refus de délivrance du récépissé,vous savez, ça peut prendre 2 ans ! il faut attendre que les dossiers de juillet soient traités. 3 mois de situation de non droit !”.
Alors, plutôt que de dépenser toute son énergie et l’argent public à faire la chasse aux étrangers, le gouvernement tout mettre en œuvre pour que ces situations ne se produisent pas.
Pour conclure, face à la répression toujours plus forte et la stigmatisation des personnes étrangères, aux lois délétères réduisant le droit des étrangers, nous sommes fiers que Nantes ait fait le choix de poursuivre, dans son statut de ville accueillante, son soutien à ces associations.
Valérie Coussinet – Ndiaye
Groupe UDB Ville de Nantes