Une région dénaturée, une région déculturée ! L’UDB pour s’affranchir de cette région vidée de son sens.

Une région dénaturée, une région déculturée ! L’UDB pour s’affranchir de cette région vidée de son sens.

Partagez
Tweetez
Envoyez

Intervention lors du Conseil Municipal de Nantes
Le 06/12/2024

Madame la Maire, chèr·es collègues,

Justine Triet, réalisatrice du film “Anatomie d’une chute” disait à Cannes : “La marchandisation de la culture que le gouvernement néolibéral défend, est en train de casser l’exception culturelle française. Cette même exception culturelle sans laquelle je ne serais pas là aujourd’hui devant vous.” 

Ce à quoi nous assistons en ce moment n’est plus la fin de l’exception culturelle française, c’est la fin de la culture tout court en Région Pays de la Loire.

Mme Morançais avait commencé par la culture bretonne. Au début de cette année elle coupait le robinet à l’Agence Culturelle Bretonne, à Dastum 44 et à Yezhou ha Sevenadur. Il y a des signaux faibles qu’il faut savoir écouter. Région sans identité, Région déculturée. Car antérieurement, en plus des acteurs culturels bretons, ce sont d’autres formes d’expressions singulières qui avaient été touchées : notamment en 2016, avec la fin de la subvention au festival de cinéma LGBT+ Cinépride ou encore au Hellfest, toujours en 2016 (sous l’impulsion de la présidente de la commission culture d’alors, Mme Laurence Garnier).

Aujourd’hui, avec ces purges budgétaires, nous sommes face à une vision systémique alliant – à la fois – une trajectoire marketing personnelle sidérante de la Présidente et une brutalité inouïe, frôlant l’inconscience. Avec Christelle Morançais, c’est le déluge après moi. Car maintenant, toute notre culture locale est concernée : 

  • Avec des événements majeurs comme Les Utopiales, Les Folles Journées ou encore le festival des 3 Continents. Des festivals structurants, reconnus à l’échelle mondiale, qui font notre fierté.
  • De nombreuses associations culturelles et artistiques locales vont devoir mettre fin à leurs activités. Avec elles, c’est la création originale qui est désormais en voie d’extinction.
  • Enfin, ce sont près de 150 000 emplois de permanents ou d’intermittents qui sont sur la sellette. Michelin et Auchan n’ont qu’à bien se tenir.

Il ne faudra évidemment pas compter sur l’Etat pour compenser, quand on sait que 80% du budget de la culture est dirigé exclusivement vers Paris. 

Si les structures culturelles sont les plus touchées, personne n’est épargné : 

  • Fin pure et simple du soutien aux missions locales, des espaces dédiés aux jeunes pour leur insertion professionnelle.
  • La suppression des subventions au planning familial.
  • La suppression des aides à la recherche et à l’innovation.
  • Fin de la politique de soutien au covoiturage.
  • Même les agriculteurs y passent. 

Mme Morançais souhaite se recentrer sur, je cite : “les missions utiles”. Les secteurs que je viens de citer apprécieront.

Alors que faire ? Lutter, d’abord, puis oser faire le pas de côté et nous affranchir de cette région vidée du peu de sens qu’elle possédait, laminée par les ultimes soubresauts thatchériens de son exécutif. Notre ville et son aire urbaine sont des territoires où égalité, culture, diversité et ancrage des pouvoirs publics se combinent à une identité multiple, celle d’un grand port estuarien breton, ouvert sur le monde. Sommes-nous assez apathiques et aveugles pour subir ad vitam eternam les oukazes dévastatrices d’élu.es conservateurs que Nantes rejette à chaque élection régionale (depuis Mr Fillon à Mme Morançais, en passant par Mr Retailleau) ? Je ne le crois pas, bien au contraire. La mobilisation est massive dans notre ville contre ces annonces. Il n’y a pas de fatalité.

Dans ce contexte-là, il nous est impératif de résister. C’est aussi pour nous l’occasion de provoquer des croisements de réflexions sur la triangulation de nos trois grandes villes de gauche bretonnes (Brest-Nantes-Rennes) avec leurs bassins, et à partir de là, sur les avantages d’une réunification administrative de la Bretagne.
Ces coupes budgétaires dramatiques imposées par le droite régionale doivent être de nature à ouvrir nos horizons, à repenser notre ancrage, à changer ce logiciel territorial qui ne fonctionne plus. Acteurs politiques, culturels et associatifs de Loire-Atlantique : une autre voie est possible.
Cette construction artificielle ligérienne veut un peuple-enfant déculturé ? Nous lui opposerons un soulèvement de fond, pour l’émancipation et la culture, avec ou malgré elle.

 

Aurélien Boulé Fournier
Groupe UDB Ville de Nantes

Partagez
Tweetez
Envoyez