L’Union démocratique bretonne alerte sur la loi dite « d’urgence agricole » (ou « Nouvelle loi Duplomb ») votée au Sénat par la droite, renforcée par sept voix du groupe sénatorial macroniste, ce vendredi 3 juillet dernier. Sous couvert de répondre à une détresse (bien réelle) du monde paysan, le texte finalement voté révèle de nouveaux reculs environnementaux par rapport au projet de loi initial du 29 juin : en plus de réautoriser des pesticides interdits, il introduit, entre autres, l’affaiblissement des protections sur l’eau et renforce les pouvoirs des préfets pour soutenir l’extension des exploitations agricoles du modèle intensif.
En particulier pour la Bretagne, ce choix est irresponsable. L’État a été condamné pour son insuffisance dans la lutte contre les algues vertes.
Des rapports officiels pointent également les insuffisances de l’État.
Également, indépendamment de ce vote au Sénat, l’État envisage de sortir plusieurs communes des Monts d’Arrée du classement « zones vulnérables aux nitrates ». Alléger les règles d’épandage dans ce territoire serait une faute, alors qu’ils sont des « têtes de bassin » pour le Finistère et les cours d’eau en aval.
La Bretagne n’a pas besoin de cette loi impulsée par les lobbies de l’agrobusiness. La Bretagne a besoin de courage politique, de proximité démocratique et de véritables pouvoirs d’action pour aider nos agricultrices et nos agriculteurs, nombreux à avoir pris conscience des effets désastreux du modèle intensif, à s’en émanciper. Dans ce domaine, comme dans d’autres, seule une autonomie régionale, dans le cadre républicain, permettra de faire face aux enjeux bretons actuels et à venir.
Avec le dérèglement climatique, la question de l’eau deviendra centrale. Demain, la ressource sera plus disputée, plus fragile. Peut-on vraiment continuer à envisager l’utilisation de cette ressource qui sera rare à certaines périodes de l’année, pour des filières parfois destinées à l’exportation (nous « exporterions » encore notre eau !), plutôt que de prioriser l’alimentation locale, la qualité de l’eau, la transition vers un modèle agricole familial mieux rémunérateur et la résilience de nos territoires ?
Le volet pesticides est tout aussi préoccupant. Alors que des données et des études sanitaires évoquent des surincidences de cancers dans certains secteurs exposés aux pesticides (en particulier en Bretagne), et que des alertes existent autour de la maladie de Charcot, le Sénat rouvre la porte à des substances interdites en France : le signal est très mauvais.
L’UDB salue l’initiative des élu·es qui ont signé une tribune initiée avant le vote de la loi pour s’y opposer. Depuis, dans sa version votée, cette loi constitue une aberration aggravée. Nous appelons donc les élu·es du territoire à rejoindre cette mobilisation et à prendre publiquement position contre la loi d’urgence agricole.