La fondation d’un lieu d’accueil pour les victimes a marqué le dernier mandat d’une pierre blanche. Mis en place par l’ancienne majorité en 2023, il accompagne des Brestoises et Brestois au plus fort d’une souffrance psychique voire physique, et qui, si elle n’est pas accueillie, prise en charge et orientée comme il se doit, peut avoir de lourdes conséquences et à long terme pour la personne et son entourage.
A l’occasion du Conseil municipal de ce mardi 26 mai, la nouvelle majorité a décidé de maintenir ce service et de continuer à en confier la gestion à Don Bosco, dont les compétences en matière d’accompagnement de personnes en situation de vulnérabilité ne sont plus à démontrer. Choix pertinent, comme celui de Faire évoluer le financement du dispositif vers une participation des autres communes de la Métropole pour augmenter les capacités d’accueil. En effet, pour l’ensemble des équipements situés à Brest et qui profitent à l’ensemble des habitants de l’agglomération et au delà, la prise en charge financière ne devrait pas reposer sur les seuls contribuables brestois.
Toutefois les autonomistes demeureront vigilants à ce que soit également renforcée la dynamique partenariale qui s’était engagée entre la Ville, Don Bosco et des structures associatives travaillant dans le champ de l’accueil de personnes victimes sur le territoire au bénéfice de toutes les situations ou identités dans toute leur diversité : associations de soutien aux femmes, aux LGBT+, aux personnes en situation de handicap, de lutte contre le racisme… Ces partenaires attendent et demandent un travail collectif en vue de garantir une réponse individualisée de qualité pour l’ensemble des usagères et usagers.
Depuis l’élaboration du projet, l’UDB continue de réclamer que la Collectivité confie au Lieu d’accueil des hébergements d’urgence accessibles pour répondre à certaines situations qui les nécessiteraient. Des dispositifs existent d’ores et déjà, tel le 115, vers lesquels certaines victimes accueillies peuvent être orientées. Mais les mises à l’abri ne se font pas toujours sur Brest, obligeant le cas échéant des adultes à s’éloigner de
leur lieu de travail ou des enfants à quitter leur école. De plus, ces dispositifs ne sont pas toujours accessibles à toutes les personnes en situation de handicap, alors que celles-ci ont 4 à 5 fois plus de risques d’être victimes de violences. Enfin, pour la suite des parcours, il est déjà arrivé que certaines personnes aient pu se retrouver face à des listes d’attente pour obtenir une place en foyer d’hébergement. Combien d’entre elles doivent continuer à survire dans la violence, faute de solutions accessibles ?
Fragan Valentin-Leméni, responsable de la Section UDB – Pays de Brest