Autonomie de la Corse : une avancée qui doit ouvrir la voie à une République fédérale

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L’Union démocratique bretonne se félicite du vote, le 23 juin, du projet de révision constitutionnelle ouvrant la voie à une autonomie de la Corse au sein de la République. Ce vote constitue une avancée politique importante. Il vient fissurer un dogme longtemps présenté comme intangible : celui d’un État centralisé qui refusait toute véritable autonomie territoriale au nom d’une République prétendument « une et indivisible ».

Depuis des décennies, toute revendication d’autonomie était écartée au motif qu’elle porterait atteinte à l’unité de la République. Le vote de l’Assemblée nationale démontre au contraire qu’il est possible de concilier unité politique et diversité territoriale. Comme le proclame la devise de l’Union européenne, il est possible d’être unis dans la diversité.

Pour autant, le texte adopté révèle aussi les limites du modèle jacobin français. Afin d’éviter de reconnaître explicitement l’existence du peuple corse, le constituant préfère évoquer une « communauté historique, linguistique et culturelle ». Ce choix de vocabulaire traduit les difficultés persistantes de l’État français à reconnaître que son territoire est composé de plusieurs peuples historiques.

Pour l’Union démocratique bretonne, le débat ne se résume pas à une question de mots. Que l’on parle de peuple ou de communauté, une réalité demeure : des femmes et des hommes partagent une histoire, une langue, une culture, un territoire et une volonté de construire ensemble leur avenir. Cette réalité ne dépend ni des définitions retenues par le législateur ni du bon vouloir des gouvernements successifs.

L’autonomie ne constitue pas un privilège accordé par l’État à quelques territoires. Elle procède d’un principe démocratique simple : les décisions doivent être prises au plus près des populations concernées, dans le respect des valeurs républicaines, de la solidarité et de l’égalité des droits.

Ce principe vaut pour la Corse. Il vaut tout autant pour la Bretagne.

Le peuple breton, comme le peuple corse, n’attend pas une reconnaissance symbolique : il demande que soient reconnues les institutions lui permettant de décider démocratiquement des politiques qui concernent son territoire, sa langue, sa culture, son développement économique, son environnement et son avenir.

L’Union démocratique bretonne appelle les députés et les sénateurs bretons à tirer toutes les conséquences du vote intervenu à l’Assemblée nationale. Si l’autonomie est aujourd’hui reconnue comme une réponse pertinente pour la Corse, aucune raison démocratique ne peut justifier qu’elle soit refusée à la Bretagne ou aux autres peuples de l’État français.

Au-delà du seul cas corse, ce débat montre les limites d’un modèle institutionnel fondé sur l’uniformité. L’UDB réaffirme qu’il est temps d’ouvrir le chantier d’une République fédérale, capable de concilier une citoyenneté commune et la reconnaissance des peuples qui composent l’État français. Une République fédérale ne remet pas en cause l’unité du pays ; elle l’organise autrement, en rapprochant les lieux de décision des citoyens et en permettant à chaque peuple d’exercer pleinement la démocratie dans les domaines relevant de ses compétences.

Le peuple breton, comme le peuple corse, le peuple basque, le peuple catalan, le peuple alsacien, le peuple occitan ou les autres peuples de la république française, n’a pas vocation à être réduit à une simple « communauté » dont l’existence dépendrait d’une formulation constitutionnelle. Ces peuples existent. Une République véritablement démocratique doit leur donner les moyens institutionnels permettant à leurs citoyens d’exercer pleinement leurs droits démocratiques et de construire leur avenir dans le cadre d’un projet commun.

La Corse ouvre aujourd’hui une brèche. À nous, Bretons, avec les autres peuples de la république française, de faire en sorte qu’elle conduise demain à une République fédérale, démocratique, solidaire, fondée sur le principe de subsidiarité et sur la reconnaissance de la diversité des peuples qui la composent.

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