Jean-Luc Mélenchon vient de présenter son projet de redécoupage des régions, correspondant partiellement à un découpage hydrographique. Pour l’UDB, ce projet n’est ni pire ni meilleur que le découpage actuel. La proposition de M. Mélenchon a tout de même l’intérêt de relancer le débat sur la carte des régions, et sur l’utilité de cette institution.
Commençons pas le commencement: la carte actuelle des régions est mauvaise. Elle ne répond pas aux aspirations, aux sentiments d’appartenance qui existent réellement en France. Elle ne permet pas de donner aux régions l’adhésion populaire qui les légitimerait pour exercer de nouveaux pouvoirs. Modifier cette carte n’est donc pas une mauvaise idée.
La carte de M. Mélenchon ne nous convient pas. Elle ignore les identités des communauté humaines, des peuples, dont le peuple breton. Elle ignore la volonté majoritaire de réunifier la Bretagne. Elle ne répond même qu’imparfaitement à son ambition affichée, à savoir rapprocher les périmètres régionaux de la carte hydrographique. Nous saisissons tout de même la balle au bond. Après tout, c’est toujours plus intéressant que la volonté du RN de supprimer les régions pour garantir le pouvoir absolu de l’Etat central.
Si l’ambition est de faire des régions les acteurs-phare de la transition écologique, il faut leur donner du pouvoir. Elles doivent recevoir la capacité réglementaire, et une part de pouvoir législatif, en matière de protection de la biodiversité, de gestion des déchets, de gestion de l’eau, d’agriculture, d’industrie, de transports et d’éducation. Elles doivent se voir garantir une véritable autonomie budgétaire et fiscale. Sans cela, le titre d’écorégion restera une coquille vide. Pourquoi, par exemple, vouloir faire correspondre aux bassins hydrographiques une institution qui n’a pas de réel pouvoir sur la gestion quantitative et qualitative de l’eau?
Quant au périmètre, la priorité doit revenir aux aspirations populaires. Il ne sera jamais possible de trouver la carte « naturelle » idéale, et l’environnement est aussi le produit des choix de société et des cultures humaines. Une région doit être l’espace vécu d’une communauté, d’un peule, d’un groupe humain lié par un sentiment d’appartenance à un territoire, et capable de se projeter collectivement dans l’avenir. Sans cela, les régions, « éco » ou non, resteront des instances technocratiques, dénuées d’une légitimité forte, et donc de tout pouvoir de transformation écologique et social.
Nous invitons les tenants des éco-régions à intégrer à leur démarche l’existence de communautés humaines territorialisées, et désireuses de trouver ou de retrouver un espace politique collectif.
Dans les prochains jours, l’UDB proposera aussi une initiative plus large, ouverte aux élus, acteurs économiques, culturels, associatifs et citoyens attachés à des régions vivantes et démocratiques. Car ce débat ne peut pas rester une affaire de cartes dessinées d’en haut : il doit partir des peuples, des territoires vécus et des aspirations populaires, à commencer par la réunification de la Bretagne.
Lydie Massard, co porte-parole de l’UDB