Fermeture de la pêche : une solution inadaptée

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Depuis le lundi 22 janvier et pour une période d’un mois, 450 bateaux français sont contraints de rester à quai faute de pouvoir pêcher dans le golfe de Gascogne. Environ la moitié sont bretons. Le Conseil d’État a en effet décidé d’un mois de fermeture en 2024, 2025 et 2026 jusqu’au 20 février afin de préserver les cétacés pris accidentellement dans les filets et/ou échoués. 1400 spécimens ont été pris au cours des hivers 2022 et 2023 sur une population estimée à 200 000 individus. Ces chiffres sont sans doute légèrement sous-évalués. Pourtant, une pause d’un mois ne peut en rien apporter une solution durable au problème des captures accidentelles qui mettent e danger les populations de dauphins. A l’inverse, l’interdiction faite à tous les bateaux de plus de huit mètres quels que soient les dispositifs déjà mis en place pour réduire les captures est un mauvais signal envoyé à ceux qui ont déjà fait des efforts d’adaptation.

Cette «pause» d’un mois nécessite une aide publique non seulement pour les pêcheurs, mais pour toute la filière (mareyeurs et poissonniers). Car si l’alternative à la pêche le long de nos côtes consiste à importer, dans un contexte où la critique sociale est forte dans le dossier de Ker Oman à Lorient, alors non seulement les autorités mettront à mal l’activité de pêche en Europe, mais elles ne feront que délocaliser les problèmes de ressources dans des pays où, contrairement à l’Union européenne, le contrôle et la gestion des stocks ne sont pas la priorité.

Pour l’UDB, les pêcheurs ont le dos large. Parce qu’il s’agit de mammifères comme les humains, les dauphins ont acquis depuis de nombreuses années un statut particulier dans le règne animal alors que d’autres espèces vivantes, très menacées et essentielles à la survie des écosystèmes marins n’ont pas le droit aux mêmes égards. Le plancton notamment est chaque jour attaqué par les pollutions terrestres, qu’elles soient chimiques (pesticides, peintures…), organiques (excréments) ou plastiques, mais il ne bénéficie que de peu d’études et de visibilité médiatique. Il est pourtant à la base de la chaîne alimentaire… y compris pour les dauphins ! La disparition silencieuse du plancton équivaut à une privation de nourriture pour la faune marine, à une réduction de la capacité de décarbonation de la planète et à un appauvrissement des océans. Autant d’éléments de la survie de l’humanité comme du règne animal qu’il serait utile d’interroger plutôt que de considérer que les marins-pêcheurs sont la cause de tous les maux océaniques…

 

Tifenn Siret, porte-parole de l’UDB

25/01/24

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