Le 12 mai, la production de la Fonderie de Bretagne est repartie. L’UDB prend acte de la reprise de l’entreprise par le groupe Europlasma, conformément à la décision du tribunal de commerce de Rennes du 25 avril dernier. Elle n’oublie pas que la crise que vient de traverser l’entreprise est avant tout imputable à la multinationale Renault dont les volumes délocalisés n’ont jamais été rapatriés suite à l’incendie de 2019, contrairement aux promesses faites alors. Cette responsabilité est importante à rappeler, de même que le double-jeu des responsables politiques néolibéraux qui d’un côté appellent à la réindustrialisation du pays et de l’autre continuent de soutenir, y compris financièrement, les entreprises qui pratiquent les délocalisations.
En conservant 263 des 295 salariés, cette reprise de Fonderie de Bretagne par Europlasma a été – si on se fie aux premières déclarations – un « soulagement » pour eux. Le directeur Jérôme Dupont a signifié le départ volontaire de 29 personnes, ainsi que 2 démissions. De ce point de vue, le tissu économique lorientais ne souffrira pas de la disparition de cet outil industriel et ce, grâce à la mobilisation syndicale. L’UDB s’en réjouit.
Toutefois, si l’UDB appelait depuis plusieurs décennies à la diversification, elle n’envisageait pas ce tournant militaire de la production. L’UDB se veut être malgré tout la plus cohérente possible avec sa charte : hostile au militarisme et favorable à un désarmement généralisé, elle considère que la production d’obus reste non pas une bonne nouvelle, mais un échec de la diplomatie et plus largement de la Raison. On ne peut en effet, sans frémir, se réjouir des déclarations de Jérôme Garnache-Creuillot, le PDG du groupe Europlasma, souhaitant atteindre la production de 250000 obus dès cette année et le double en 2026.
L’UDB doit bien sûr, elle aussi, faire face à ses contradictions car les agressés ont besoin de se défendre ! Favorable à l’envoi d’armes et de munitions en Ukraine pour contenir l’invasion russe, elle ne saurait fermer les yeux et se contenter de délocaliser leurs productions ailleurs. Néanmoins, elle souhaite la poursuite de diversification de l’entreprise, notamment vers le ferroviaire comme elle le préconisait il y a déjà longtemps.
L’UDB réclame par ailleurs la nationalisation de la production militaire pour éviter les profiteurs de guerre et, dans le cas de Fonderie de Bretagne comme de toutes autres industries militaires, une « clause de conscience » pour les ouvriers qui refusent de fabriquer des armes, leur permettant de bénéficier de droits, notamment du chômage et d’une formation à la reconversion. Car comme l’a dit Sophie Binet, la porte-parole de la CGT, dans l’Humanité : « pour les travailleurs, rien de pire que l’économie de guerre ».
Section UDB du pays de Lorient