Alors que l’Assemblée nationale examine une proposition de loi visant à renforcer la pénalisation des free parties, l’Union Démocratique Bretonne s’inquiète d’un durcissement qui ne tient pas compte des réalités culturelles et territoriales.
Ce texte prévoit notamment jusqu’à six mois d’emprisonnement et 5 000 euros d’amende, tout en élargissant la notion d’« organisateur » à un grand nombre d’acteurs, au risque de criminaliser largement une pratique culturelle.
Une culture techno bretonne vivante et organisée
En Bretagne, la culture des free parties s’inscrit dans une histoire riche, liée au développement des sound systems et des musiques électroniques alternatives depuis les années 1990. En 2023, 84 événements ont été recensés, témoignant d’une pratique toujours vivante, notamment dans les zones rurales et périurbaines. Des collectifs comme Epsylonn Otoktone participent à cette dynamique en diffusant une culture musicale indépendante, fondée sur l’accessibilité, le partage et l’organisation collective. Comme le souligne une enquête de France 3 Régions, ces rassemblements sont pensés et préparés, et sont vécus par leurs participants comme des espaces de liberté collective, capables de « changer le monde pendant quelques heures ».
Des tensions réelles, mais un dialogue qui fonctionne lorsqu’il existe
Ces événements ne sont pas sans conséquences et peuvent générer des tensions locales réelles : nuisances sonores, occupation de terrains, impacts sur les espaces naturels ou agricoles. Cependant, sur le terrain, des formes de dialogue entre organisateurs, agriculteurs, élus locaux et services de l’État se développent. Lorsque ces échanges sont engagés en amont, les résultats sont probants : meilleure gestion des sites, réduction des nuisances et gestion plus apaisée des rassemblements. Ces expériences montrent qu’une approche fondée sur la concertation et la responsabilisation permet d’obtenir des résultats concrets, là où la seule logique d’interdiction atteint ses limites.
Une loi qui risque de rompre ces équilibres
Pour l’Union Démocratique Bretonne, la proposition de loi actuellement débattue constitue une menace directe pour la culture techno et les mouvements artistiques indépendants. En assimilant ces pratiques à des infractions pénales et en élargissant de manière floue la notion d’« organisateur », ce texte participe à la criminalisation d’une culture vivante. Défendre la culture techno, c’est défendre une liberté d’expression. La réprimer, c’est prendre le risque de creuser encore davantage le fossé entre les institutions et les citoyens.
Faire confiance aux territoires
L’UDB défend une autre approche : reconnaître les pratiques existantes et s’appuyer sur les dynamiques locales pour mieux les encadrer. La gestion de ces événements ne peut reposer sur une réponse uniforme. Elle doit s’adapter aux réalités des territoires et donner toute leur place aux acteurs locaux.
Préserver une culture, construire des solutions
Tifenn Siret, Co porte-parole de l’Union démocratique bretonne