Afin d’éviter tout malentendu, disons-le clairement : oui, les Israéliens ont le droit de vivre en sécurité, les otages israéliens doivent être libérés immédiatement et oui, l’UDB dénonce fermement toutes les attaques antisémites, comme elle l’a toujours fait et continuera toujours à le faire. Mais parce que les Israéliens sont un peuple parmi les autres, l’UDB refuse de se taire face à la politique de leurs dirigeants, Benjamin Netanyahou en tête, dont les actes devraient aujourd’hui faire l’objet de poursuites devant le Tribunal pénal international.
L’offensive militaire en cours à Gaza s’apparente à un génocide. Ce mot, nous ne l’utilisons pas à la légère. Mais comment appeler autrement une stratégie qui vise à rendre invivable l’environnement de deux millions de personnes pour les forcer à fuir ? Comment qualifier une politique qui entrave sciemment l’acheminement de l’aide humanitaire, laissant la famine et les maladies se répandre dans l’un des territoires les plus densément peuplés au monde ? Comment ne pas voir dans les bombardements continus sur Rafah, malgré la présence d’otages, un cynisme absolu ?
Aujourd’hui, plus de 53 000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit en octobre 2023, selon les estimations des ONG. « Toute la bande de Gaza sera sous le contrôle de l’armée », a récemment déclaré le Premier ministre israélien. Du colonialisme assumé, dans le silence complice d’une grande partie de la communauté internationale.
Face à cette tragédie, l’Union européenne a timidement contraint Israël à autoriser un accès humanitaire à Gaza : une centaine de camions ont pu passer la frontière. Désormais, 100 camions par jour sont autorisés. Mais Médecins sans frontières alerte : cette aide est « ridiculement insuffisante » au regard de l’ampleur de la crise. On joue ici, encore une fois, la carte du cynisme et de la communication, sans réelle volonté politique d’arrêter le carnage.
L’UDB dénonce l’impunité dont bénéficie le gouvernement israélien, rendue possible par l’absence d’un État palestinien pleinement reconnu. En l’absence de reconnaissance étatique, les Palestiniens sont privés de leviers juridiques pour faire valoir leurs droits fondamentaux. Que l’on soit partisan d’un ou deux États, l’urgence est de garantir des droits égaux et une existence digne à tous les peuples concernés. Sinon, nous aurons deux États ennemis en guerre perpétuelle ou un seul État où régneront l’apartheid et la violence.
L’UDB appelle la France et l’Union européenne à sortir de leur positionnement ambigu. Il est temps :
- de suspendre toute coopération militaire avec Israël ;
- d’imposer un embargo sur les armes ;
- de soutenir activement les enquêtes de la Cour pénale internationale ;
- de reconnaître les droits du peuple palestinien, avec ou sans État.
Partout dans le monde, y compris en Israël, des voix s’élèvent contre la politique meurtrière de Netanyahou. L’UDB salue ces résistances courageuses et affirme sa solidarité pleine et entière avec le peuple palestinien, avec les civils de Gaza et de Cisjordanie, et avec toutes celles et ceux qui œuvrent pour la paix, la justice et le droit.
En tant que membre de l’Alliance libre européenne, l’UDB rappelle que ne rien dire à ce stade du conflit est criminel. Nous refusons d’assister, impuissants, à une famine organisée. Il est encore temps d’agir.
Pour la paix. Pour la justice. Pour la Palestine.