Vers une autonomie de la Corse : pour la Bretagne, il ne s’agit pas de copier mais de s’inscrire dans une dynamique démocratique

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Depuis plus de 30 ans, au sein de la fédération Régions et Peuples Solidaires en France et de l’Alliance Libre Européenne à l’échelle du continent, l’Union démocratique bretonne (UDB) est un partenaire des autonomistes de progrès qui dirigent la Collectivité de Corse depuis 2015. Cela se concrétise aujourd’hui par la présence côte à côte du corse François Alfonsi et de la bretonne Lydie Massard au Parlement européen. A ce titre, notre parti suit de près et soutient le processus de négociation qui s’est engagé à l’été 2022 entre les élus insulaires et le gouvernement français en vue de l’accession de la Corse à une forme d’autonomie législative et réglementaire. La réunion qui s’est tenue au ministère de l’Intérieur, dans la nuit du 11 au 12 mars, semble marquer un tournant en faveur de l’inscription du droit à l’autonomie de la Corse dans la constitution française, ce dont l’UDB se réjouit.

Au Conseil régional de Bretagne, avec leurs partenaires d’Ensemble sur nos territoires, les élus de l’UDB ont engagé dès le lendemain des élections de 2021 un travail de conviction auprès des autres groupes politiques qui a permis l’adoption, le 8 avril 2022, d’un vœu en faveur de l’autonomie d’une Bretagne réunifiée, voté par 75 des 83 membres de l’assemblée (seul le RN s’y est opposé). Un groupe de travail transpartisan s’est mis en place qui a produit des propositions concrètes que le Président du Conseil régional, Loïg Chesnais-Girard, a portées à la connaissance du gouvernement et des présidences de l’Assemblée nationale et du Sénat. L’UDB attend du gouvernement et des parlementaires qu’ils s’en saisissent pour entrer dans un dialogue constructif avec la Bretagne.

Aujourd’hui pour la Bretagne, il ne s’agit pas de copier la Corse mais de s’en inspirer pour s’inscrire dans une dynamique démocratique qui permettra de sortir la France de ce que d’anciens ministres de la République, forts de leur expérience, décrivent comme « un système hypercentralisé et bureaucratique ».

Revendiquer une autonomie législative et réglementaire pour la Bretagne, en dehors du domaine régalien, ne relève pas d’une lubie. Bien au contraire, cela correspond aux aspirations profondes d’une majorité de Bretonnes et de Bretons, au-delà des clivages politiques partisans, comme en témoignent les résultats d’un récent sondage réalisé par l’IFOP sur la question très concrète de l’accès au logement (1). A la question »Pensez-vous que la Région Bretagne devrait disposer d’une autonomie en matière de législation et de fiscalité pour mieux réguler le marché de l’immobilier en Bretagne ? », 59 % des personnes ont répondu Oui, 26 % répondant Non (dont seulement 8 % fortement). Sur la question de l’autonomie régionale, la population est bien plus mâture que d’aucuns le disent.

L’UDB a toujours considéré l’autonomie pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un moyen de consolider et d’approfondir la démocratie en rapprochant les lieux de décision des citoyennes et des citoyens et en les y associant autant que possible. Cette revendication est d’une portée universelle. C’est à ce titre que l’UDB apporte son soutien à la proposition portée par Jean-Jacques Urvoas et d’autres spécialistes du droit public qui consisterait à réviser l’article 73 de la Constitution pour permettre à toutes les collectivités qui le souhaiteraient d’accéder à une forme d’autonomie législative et réglementaire dans le champ de leurs compétences reconnues par la loi.

(1) L’enquête de l’IFOP a été réalisée par questionnaire auto-administré en ligne, du 23 au 31 janvier 2024, auprès d’un échantillon de 802 personnes représentatif de la population résidant en Bretagne à cinq départements (Loire-Atlantique incluse).

Tifenn Siret, porte parole de l’UDB

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