Faire de la frustration un moteur !
Le 23 novembre, près d’une centaine de militants et militantes de l’UDB se sont réunis pour une convention, fruit d’une réflexion amorcée dès juillet par le conseil politique. Face à un contexte politique français incertain et des scrutins électoraux ratés, cette rencontre
était l’occasion d’ouvrir un dialogue approfondi sur l’avenir du parti et de recueillir les doléances de celles et ceux qui le font vivre au quotidien.
Car l’insatisfaction est palpable ! Les législatives n’ont guère suscité d’enthousiasme : bien que l’union avec d’autres forces de gauche, au sein du Nouveau Front populaire, ait été perçue comme nécessaire face à la montée du Rassemblement national, elle a laissé un sentiment d’effacement électoral pour l’UDB et, de fait, d’un non-respect. Avant cela, l’absence d’accord avec Europe écologie-Les Verts pour les européennes – les écologistes ayant préféré se passer de la présence de Régions et Peuples solidaires – a généré beaucoup d’incompréhension et de déceptions.
Ces bilans mitigés sont pourtant riches d’enseignements. D’abord qu’en politique seul le rapport de force compte et que, à ce jeu-là, l’UDB est trop timorée. D’une façon ou d’une autre, il faut toujours être prêts. Nous pouvons d’ores et déjà affirmer que ce sera le cas pour les prochaines législatives et qu’on ne nous y prendra plus ! Hélas, la politique consiste à démontrer sa capacité à nuire. Il n’y a qu’ainsi que s’ouvrent les négociations. La loyauté de l’UDB ne pèse pas lourd face au rapport de force.
Une partie des discussions a également porté sur la visibilité médiatique et politique de l’UDB. Si notre programme reste, pour nos adhérentes et adhérents, l’un de nos points forts, son impact se voit limité par un manque de présence dans les médias nationaux et par une communication parfois jugée trop technique ou mal anticipée. À nous d’en tirer des conclusions : mise en avant de figures fortes, présence accrue dans les luttes, actions de terrain percutantes, usage optimisé des réseaux sociaux…
La gestion interne du parti n’a pas été exempte de critiques. Si une majorité reconnaît les efforts de consultation, des attentes restent insatisfaites en matière de transparence, de participation et d’organisation. Les propositions pour renforcer la démocratie interne incluent la modernisation des outils numériques, la création de mécanismes de consultation régulière, et une meilleure planification des décisions stratégiques. L’UDB ne transigera pas sur la démocratie interne, car ses militantes et militants sont sa première richesse.
Enfin, les discussions ont souligné la nécessité de recentrer nos actions sur des préoccupations du quotidien qui, bien souvent, ne sont pas seulement locales mais universelles. Si l’autonomie et la défense de la langue bretonne restent des marqueurs fondamentaux, les militants appellent à une approche plus pragmatique des enjeux sociaux et économiques : logement, emploi, justice sociale et transition écologique. Cette convention marque une étape importante de la vie interne de l’UDB. Elle doit nous permettre d’être plus efficaces face aux attentes des Bretonnes et des Bretons. Les coupes budgétaires du gouvernement et les délocalisations (nous étions nous aussi à Vannes pour soutenir les salariés de Michelin) annoncent des temps difficiles. Un outil comme l’UDB ne sera jamais de trop pour organiser la riposte !
Tifenn Siret, Porte-Parole de l’UDB
Le mot de l’UDB du journal Le Peuple Breton du mois de décembre.