Depuis les années 1960, l’agriculture bretonne a été modelée en fonction des besoins de l’industrie. Conditionnés à la production de masse et à l’export, beaucoup de paysans ne parviennent plus aujourd’hui à dégager de marges et s’endettent ce qui occasionne un mal-être profond dans cette profession pourtant essentielle. En quelques décennies, le nombre de paysans s’est effondré et la concentration agricole s’est intensifiée. Ceci est le résultat d’une politique néolibérale.

L’ambition de l’UDB est de redonner de l’autonomie aux paysans. Pour cela, il est nécessaire de se désaliéner du modèle productiviste. La fiscalité doit privilégier les exploitations petites et moyennes, génératrices d’emplois. L’UDB estime également nécessaire de redonner le pouvoir aux paysans dans les coopératives. Enfin, elle s’engage pour abandonner à très court terme l’usage des pesticides qui détruisent les sols et ruissellent dans les rivières générant une destruction massive de biodiversité.

La politique d’aménagement du territoire en France est dictée depuis Paris. Depuis la DATAR, l’État détermine lesquels sont productifs et lesquels ne le sont pas. Le statut de « métropolisation » mis en place en 2010 a consacré ce principe et l’UDB l’a combattu. Ce choix de favoriser la compétition entre villes va à l’encontre de l’esprit de solidarité que souhaite voir mis en place notre parti.

Pour l’UDB, l’État ne doit pas administrer la France. Le développement économique et les choix politiques doivent être issus des choix des populations. L’UDB défend le droit de vivre et de travailler dignement chez soi et s’oppose dès lors à la trop grande spécialisation des territoires qui mène à des mobilités forcées. Elle souhaite par exemple que chaque habitant, en Bretagne, puisse bénéficier de services publics de santé à moins de 20 minutes de son domicile.

La centralisation est une construction politique et n’est pas une fatalité. Décentraliser, c’est rééquilibrer les richesses, les infrastructures et la population.

La faune et la flore sont directement impactées par la disparition et/ou la dégradation de leurs habitats. L’évolution défavorable des espaces naturels par abandon des activités humaines traditionnelles ou leur destruction directe contribuent à une perte importante de la biodiversité.

Pour l’UDB, il convient d’imaginer une société dé-carbonée, mais également de lutter contre toutes les formes de pollution. Cela ne peut se faire qu’en cessant de subventionner les mauvaises pratiques et en valorisant les bonnes. En aucun cas, la brevetabilité du vivant et la privatisation des milieux ne peut être une solution face au changement climatique car elle place l’Homme en dehors de la Nature et divise le monde en deux catégories : ceux qui possèdent et les autres.

Face à la politique de production énergétique centralisée et opaque poursuivie par l’État, notamment au travers de sa filière nucléaire, sans aucune consultation de la population, l’UDB privilégie la réduction de la consommation énergétique et le déploiement des énergies renouvelables, garantes de l’autonomie énergétique des territoires. Les énergies renouvelables sont une garantie d’emplois locaux tant dans l’invention des technologies adaptées à chaque lieu que dans la fabrication ou la maintenance des installations. Cela suppose un investissement dans les réseaux de proximité et un pouvoir de décision régional capable de générer lui-même des appels d’offre plus raisonnables pour que les PME puissent y répondre.

Jusqu’à nos jours, à l’instar de la langue française, la Culture a été « académisée », codifiée et validée par une institution. Cet élitisme culturel se lit aussi sur le plan territorial : la quasi-totalité des crédits du ministère de la Culture est concentrée sur la région parisienne.

Pour l’UDB, une culture est ce qui lie les individus entre eux. Elle est donc issue d’une population donnée et/ou d’un territoire particulier, quelle qu’en soit l’échelle. Cette fonction de lien social de la culture ne doit jamais être perdue de vue dans les politiques publiques. Un des objectifs de notre politique culturelle sera d’enrayer l’appauvrissement culturel en permettant aux habitants de la Bretagne de se réapproprier leur patrimoine immatériel (langue, histoire, savoir-faire…). Nous sommes aussi favorables à une vaste politique d’éducation populaire, seule manière pour les citoyens de s’émanciper.

La santé doit être une priorité dans une société qui prétend au bien-être. Elle doit relever d’un régime universel de protection sociale, tous secteurs – publics et privés – et toutes générations confondus. La priorité de l’UDB est l’accès aux soins à tous ce qui signifie qu’il faut assurer des structures bien réparties et une lutte contre la privatisation de ce secteur.

Plutôt qu’un système basé sur le tout-curatif, l’UDB défend l’investissement sur le préventif, moins coûteux et plus efficace.

Depuis sa création en 1964, l’UDB œuvre pour la construction d’une France et d’une Europe fédérales, dans lesquelles la Bretagne serait dotée, à l’instar des territoires qui le souhaiteraient, d’un statut particulier. Cela se matérialiserait par la création d’une Assemblée de Bretagne réunissant le conseil régional actuel ainsi que les cinq départements bretons. Cette Assemblée serait doté, dans certains domaines, d’un pouvoir législatif.  

La politique doit être l’affaire de tous. Pour l’UDB, il s’agit de rapprocher le pouvoir de la société et d’éviter la professionnalisation de la politique. Pour garantir la pérennité d’une société démocratique, il faut garantir l’existence de contre-pouvoirs. Face à un pouvoir exercé de façon verticale, l’UDB prône au contraire une horizontalité du pouvoir, gage d’une meilleure démocratie et d’un meilleur partage.

L’UDB souhaite donc un réel statut de l’élu, une révision du financement des partis politiques et une réelle place pour les syndicats dans le dialogue social. De même, la presse doit disposer de protections juridiques lui permettant d’exercer un travail libre, tant du pouvoir que des lobbies privés.  

L’UDB s’oppose au néocolonialisme économique qui étouffe les économies traditionnelles et pousse les populations pauvres à fuir leur pays pour simplement survivre. Elle propose un statut de réfugiés climatiques en Europe, mais demande également à la communauté internationale la création d’un « droit à rester » complétant le « droit à la mobilité », car une mobilité n’est acceptable que si elle est choisie et non contrainte.

La charité a fait long feu. Une politique de solidarité internationale se construit ici en Bretagne, en réinventant un système économique plus juste.

L’UDB considère qu’armée et diplomatie vont de pair et qu’à ce titre, il serait opportun de créer une armée européenne de façon à ce que la voix de l’Europe (et non plus de la seule France) se fasse entendre à l’international. Une intégration militaire européenne permettrait de mutualiser et de limiter les coûts de la Défense.

Pacifistes, nous déplorons malgré tout le niveau élevé du budget de la défense et les ventes d’armes dans le monde. Nous militons pour un désarmement progressif, en particulier nucléaire, et exigeons la reconversion de la base militaire de l’Ile-Longue qui fait peser une menace considérable sur la Bretagne. Par ailleurs, l’UDB refuse la privatisation de l’armée. 

La Bretagne dispose d’un haut niveau d’enseignement qu’il est nécessaire de préserver et même d’amplifier. L’UDB refuse donc que l’école soit résumée à un centre de formation destiné à trouver un emploi. C’est au contraire un lieu où l’individu doit s’épanouir et apprendre, on être éduqué.

En matière d’enseignement, l’UDB réclame qu’une partie des programmes, notamment d’histoire et de géographie, mais aussi de littérature, sera déclinée dans chaque territoire. Elle propose également que le personnel enseignant soit rémunéré par les régions sur la base d’un barème national. L’UDB veut enfin conforter l’université en Bretagne et milite enfin pour des moyens de recherche plus important dans celles-ci. Elle milite enfin pour la reconnaissance et le financement public du système pédagogique immersif en langue bretonne.  

L’UDB lutte contre les inégalités et pour plus de justice sociale. Être de gauche suppose en effet de défendre les acquis sociaux et sociétaux, mais aussi d’en revendiquer de nouveaux droits. L’UDB s’oppose à toute forme d’exclusion qu’il s’agisse de racisme, de sexisme, de discriminations liées au genre ou à la classe sociale.

L’UDB milite pour une séparation claire et nette entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. 

Pour l’UDB, les langues sont égales en dignité. À ce titre, il n’y a donc pas à proprement parler de « langues régionales », mais bien des langues, minoritaires, voire minorisées. S’il ne devait y avoir qu’une ligne de programme sur cette partie, elle se résumerait à « co-officialité des langues ». Les langues endogènes de France ne méritent pas d’être des sous-langues.

Nous revendiquons très clairement le droit de disposer de nos langues (qui plus est propre à la Bretagne) comme nous l’entendons. Cela suppose un pouvoir législatif. 

La mer est un bien commun de l’humanité. Elle ne peut en aucun cas être privatisée. Alors que la plupart des habitants de cette planète vivent sur le littoral, il convient de réduire les pollutions qui s’y déversent et de prendre soin de la ressource tout en assurant à ceux qui en vivent de pouvoir continuer à le faire.

La Bretagne dépend énormément de sa façade maritime et pourtant, elle tourne le dos à la mer du fait de la centralisation française. Force est de constater que même du point de vue maritime, la France a une politique centralisée. L’UDB souhaite rouvrir la Bretagne à la mer et donc au monde.  

L’UDB souhaite garantir à tous les habitants de Bretagne le droit de se loger décemment où qu’ils habitent. En Bretagne, le prix de l’immobilier, à l’achat comme à la location, est déconnecté de la réalité des salaires. Ceci est du à la spéculation et au fait que la Bretagne soit considérée, à l’échelle française comme une zone récréative ce qui engendre des politiques résidentielles dans de nombreuses communes. L’UDB entend donc diminuer la part de revenu consacrée au logement par les ménages. Plutôt que de construire à tout va, l’UDB veut revitaliser le patrimoine bâti existant. L’UDB souhaite expérimenter sur les zones tendues un « statut de résident » qui ferait primer ceux qui vivent sur place sur ceux qui consomme le territoire quelques semaines par an.

La Bretagne dispose d’un patrimoine matériel et immatériel exceptionnel, mais qui n’est pas toujours bien conservé. Militant pour une connaissance accrue de l’histoire et de la géographie bretonnes, l’UDB entend agir pour leur revalorisation en redonnant par exemple leur véritable nom aux lieux. Ce patrimoine a vocation à être à la portée de tous, bretons ou non.

Le tourisme est une économie complémentaire qui ne doit pas remettre en question les autres domaines d’activités économiques. Il doit être respectueux des populations et des écosystèmes.

Pour l’UDB, il faut distinguer les déplacements choisis des déplacements contraints. S’il est nécessaire de réduire ces derniers, on ne saurait les éliminer complètement. Aujourd’hui, la maîtrise de la mobilité est un marqueur de classe et un facteur d’inégalités. L’enjeu politique consiste donc à donner la priorité aux investissements nécessaires aux déplacements domicile-travail, scolaires, et desservant les services fondamentaux (hôpitaux notamment) afin de garantir à chacun, y compris les moins mobiles, la possibilité de se déplacer. L’UDB milite donc pour une meilleure desserte Nord-Sud de la Bretagne, mais également pour un schéma aéroportuaire permettant de rationaliser le transport aérien, étant entendu que les petits aéroports servent la centralisation.  

La fiscalité conditionne pour une large part les politiques publiques. C’est donc un levier politique essentiel et la répartition de l’effort fiscal peut avoir des conséquences importantes sur la société. Pour l’UDB, il faut remettre la justice au cœur de la fiscalité française en réformant en profondeur le système, car le fonctionnement actuel de la fiscalité et des finances publiques françaises nourrit les inégalités sociales, économiques et territoriales. Il faut également mettre en place un réel contrat de confiance entre l’État et les collectivités locales, qui fasse de ces dernières des acteurs politiques réels, avec des moyens garantis et une visibilité de long terme. Ce contrat de confiance passe par une autonomie fiscale ce qui signifie qu’une part de l’impôt resterait en Bretagne. Chaque niveau de collectivités, en fonction des missions qui lui sont confiées, doit lever ses propres taxes et impôts afin de ne pas être dépendants de l’État, tout en reversant une quote-part de solidarité pour lutter contre les inégalités territoriales. Il va sans dire que ces impôts et taxes remplaceraient ceux existant. Cette confiance est aussi un gage de responsabilité.  

L’UDB souhaite, avec l’aide de ses partenaires européens, bâtir une Europe fédérale capable de s’exprimer d’une seule voix diplomatique dans le monde sans pour autant étouffer la diversité de ses cultures. Cette Europe démocratique ne peut s’imaginer que si celle-ci protège. Elle doit donc assurer à tous une protection sociale et ne pas se contenter d’être un vaste marché. L’UDB souhaite par exemple imposer un salaire minimum dans chacun des territoires membres de l’Union européenne afin de réduire le dumping social et donc la concurrence interne. Seule une politique sociale pourra convaincre les européens de l’intérêt du projet européen. 

Nos propositions