Un exercice démocratique en 6 étapes

1- Le bureau politique sortant propose l'ébauche d'un texte de congrès qui est envoyé à aux adhérent-e-s (fin juin)

2- Les adhérent-e-s, réunis dans les sections étudient ce texte, y opposent un texte alternatif ou font des amendements de modification, d'ajout ou de suppression de passages. (Septembre)

3- Une commission réunit l'ensemble des remarques, intègre les modifications de forme, réunit celles qui sont similiaires d'une fédération à une autre et renvoient le texte annoté par les propositions de modification à tous les adhérent-e-s. (Fin septembre)

4- Les adhérent-e-s se réunissent à nouveau, cette fois-ci pour étudier les modifications apportées par les autres fédérations que la leur. (Octobre)

5- La commission réunit les dernières remarques et les joint au texte qui sera celui étudié lors du congrès. (Fin octobre)

6- Réunis en congrès, les adhérent-e-s débattent et votent le texte paragraphe par paragraphe, validant, supprimant ou modifiant chaqun d'entre-eux. (Novembre)

Le texte final, fruit d'un travail collectif, devient la feuille de route de l'UDB pour les deux années à venir. Le nouveau bureau politique doit s'assurer de son application.


Les textes de congrès

L'ensemble des textes depuis 1964 ne sont pas disponibles ici, leur contenu n'étant plus d'actualité. Si vous souhaitez néanmoins vous en procurer celui d'une époque en particulier, n'hésitez pas à nous contacter.

  • CONGRÈS DE RENNES (2016)

    L'Union démocratique bretonne a tenu son 33ème congrès à Rennes, les 12 et 13 novembre, pour définir les orientations politiques, la stratégie et l'organisation du parti pour les deux ans à venir et élire les membres de son Bureau politique.

    Propositions et analyses idéologiques

    L’UDB a décidé d’actualiser son projet pour la Bretagne au printemps dernier et s’est attelée à rédiger un livre-projet qui sera diffusé auprès du grand public.

    Dans ce contexte, ce congrès s’est ouvert sur un débat d’orientations générales portant sur 2 grands volets : le premier volet, débattu dans une atmosphère sereine et constructive, questionnait les notions de peuple, de nation et de citoyenneté ; il a permis de préciser le sens que leur donne l'UDB.

    Le second volet abordait la question du revenu universel d'existence, comprenant évidemment celle du travail et de la protection sociale ; il reste ouvert et alimentera nécessairement notre projet qui entend aborder de manière précise et argumentée toutes questions sociales et sociétales.

    Le texte du Congrès

    Le texte adopté le dimanche soir, après plusieurs heures de débats, liste les chantiers auxquels l'UDB devra s'atteler dans les deux ans à venir : fonctionnement interne, communication, recrutement, élections... Il est présenté sous forme de tableau pour en faciliter la lecture. La concision des formulations ne reflétant pas toujours la richesse des débats, il est possible de contacter l'UDB pour obtenir des précisions. Une nouveauté majeure est introduite: les années de non-congrès (une fois tous les deux ans), un évènement politique et festif, largement ouvert, sera organisé. La première édition, à l'automne 2017, pourrait consister en une présentation détaillée et en une mise en débat du projet de l'UDB, après la parution du livre.

    Les motions

    Trois motions ont été approuvées à l'issue du Congrès: une motion de soutien au peuple kurde, une motion de soutien à l'autonomie du CMB-Arkéa, et une motion critiquant l'expérimentation du fichier TES en Région Bretagne. Ces textes figurent page 16 de ce numéro d'An Emsaver.

    Les élus au Bureau politique

    Quatorze militants ont été élus au Bureau politique de l'UDB. Ils seront rejoints par le nouveau responsable des jeunes de l'UDB, Stuart Lesvier, et par les quatorze représentants des fédérations. Le Bureau politique a d'ores et déjà élu les responsables des 6 services qui administrent le parti. Quatre responsables sortants sont reconduits: Michel Génin au poste des affaires intérieures, Nil Caouissin, porte-parole, Gwenael Henry, trésorier, et Gael Briand, responsable presse, Deux nouveaux : Jacques Dyoniziak au service communication et Trefina Kerrain au service Etudes & Réflexions. Les autres postes seront pourvus fin 2016. Le nouvel organigramme sera consultable sur le site internet du parti.

    Michel GÉNIN

    Responsable des affaires intérieures


    PARTIE 1 – ANALYSE DE LA SITUATION

    1.1 – Contexte international

     

    Les rapports internationaux sont dominés par la mondialisation libérale et un monde multipolaire où se détachent les États-Unis et la Chine. L’Europe, manquant d’unité, voit son influence baisser au profit de puissances émergentes. Au plan idéologique, le libéralisme domine les institutions internationales et les forces politiques, malgré des remises en cause nombreuses (Amérique latine, Grèce…).

     

    Si des conflits classiques persistent, comme au Proche-Orient, c’est surtout le terrorisme qui apparaît plus fortement comme une menace pour l’humanité, menace réelle qui conduit parfois à altérer les libertés dans les sociétés occidentales et à provoquer des réflexes de repli et de rupture des solidarités, comme c’est le cas s’agissant de la crise des réfugiés vers l’Europe.

     

    Le réchauffement climatique commence à être pris en compte par l’ensemble des États. La COP21 s’est terminée par un accord a minima, mais c’est un progrès. Il est possible de douter de l’efficacité suffisante des mesures envisagées et la crise climatique est bien devant nous. Toutes les politiques publiques en seront impactées.

     

    En Europe, l’intégration européenne voulue par l’UE est en crise. Cette crise du projet européen est la conséquence d’un manque de volonté de construire une Europe sociale et fiscale, d’intérêts divergents des États, de l’avènement de gouvernements nationalistes antieuropéens dans plusieurs pays, de la montée des partis d’extrême droite, de la menace de départ de la Grande-Bretagne, de la crise agricole, etc. La crise des réfugiés met en relief tous ces blocages. Face à cela, le projet européen semble être dans l’impasse, les institutions européennes et les États-nations n’ont pas de projet mobilisateur.

     

    La crise financière internationale de 2008 n’a pas vu les États réagir et réglementer sérieusement les activités financières. Une crise identique peut se déclencher de nouveau et mettre à mal l’économie réelle, avec son cortège de chômage et de pauvreté. Les réponses par l’austérité et la concurrence internationale sont une menace pour les peuples. L’exemple de la Grèce est emblématique.

     

    Par ailleurs, d’un point de vue institutionnel, les espoirs permis par les succès de l’idée d’autodétermination en Catalogne et en Écosse peuvent préfigurer une meilleure prise en compte de la volonté des peuples pour proposer une alternative en Europe. Cependant, des blocages institutionnels demeurent.

     

    Dans ce contexte, il est important que l’Alliance libre européenne pèse en Europe, et soit le relais de nos préoccupations et le lieu d’élaboration d’actions destinées à peser sur les politiques publiques européennes. La volonté de voir l’ALE se renforcer ne doit cependant pas se faire au prix d’une dérive idéologique avec l’entrée de nouveaux partis conservateurs.

    1.2 – En France

     

    La pression internationale et les choix sociolibéraux de François Hollande et du PS ont entraîné une incompréhension entre une grande majorité de la population et le gouvernement. La situation économique ne s’améliore pas et un fort chômage persiste ; la politique de l’offre, maintenue par le nouveau Premier ministre, ne produit pas d’effets tangibles. L’austérité entraîne une stagnation du pouvoir d’achat de la plus grande partie de la population.

     

    Les attentats d’extrémistes islamistes marquent fortement l’opinion française et le gouvernement y répond par une politique sécuritaire que ne renierait pas la droite. L’état d’urgence prolongé sans nécessité absolue, lourd de possibles dérives, et le débat surréaliste sur la déchéance de la nationalité posent la question de la dérive idéologique d’une certaine gauche française, et accentue le trouble d’une partie de l’opinion vis-à-vis du politique.

     

    La montée de l’influence de l’extrême droite en France est préoccupante, le manque de contenu social de l’action gouvernementale, les débats mal engagés autour de la crise des migrants l’expliquent principalement. Cela conduit à une tripolarisation du paysage politique français. La montée de l’abstention et de l’indifférence vis-à-vis de l’action politique sont l’autre conséquence du même phénomène.

     

    Une grande partie de la gauche, au lieu de s’atteler aux questions sociales, se replie volontiers sur un centralisme virant vite au jacobinisme et taxe de « communautarisme » toute velléité de prise en compte des différences. L’action de l’UDB et de Régions et peuples solidaires se fait en terrain difficile.

     

    La loi dite de régionalisation votée en 2015 a donné lieu au pire à une recentralisation rampante, au mieux à du toilettage à la marge. La réduction, improvisée, des régions métropolitaines de 22 à 13 a mis en place de grandes régions au découpage technocratique, éloignant le citoyen des élus. L’occasion d’une Bretagne à cinq départements a été manquée, la Région Bretagne a failli disparaître dans un Grand Ouest. À cette occasion, les clivages entre partisans des métropoles et les régionalistes montrent deux projets d’organisation territoriale fondés sur des choix de sociétés différents.

     

    S’agissant des langues régionales, aucune avancée significative n’est à noter depuis 2012. La défense des langues régionales demande un militantisme épuisant. Le refus par le Sénat d’examiner la question de la Charte européenne des langues minoritaire marque la persistance d’une incompréhension majeure du système politique français par rapport à la diversité linguistique.

     

    Par ailleurs, deux élections intermédiaires ont eu lieu en 2015 : les élections départementales et les élections régionales. À chaque fois, leurs résultats marquent une défaite du PS, une forte poussée de l’extrême droite, une stagnation du Front de gauche et d’EELV, et la droite classique peine à contrer l’extrême droite et à présenter une alternative. Des mouvements citoyens existent cependant, mais très dispersés, et l’abstention est en hausse régulière.

     

    En Corse, la victoire des nationalistes aux régionales est un fort espoir pour faire évoluer les institutions dans le bon sens. Région et peuples solidaires et l’UDB ont désormais un exemple sur lequel s’appuyer positivement, mais, pour aller vers une république fédérale, une réforme constitutionnelle est nécessaire.

     

    Le système politique français instauré par la Constitution de la Ve République s’articule autour de deux élections majeures : la présidentielle, qui semble être la seule à pouvoir apporter une réelle visibilité médiatique, et les législatives, qui conditionnent l’accès au financement public des partis politiques. L’UDB militera, avec Régions et peuples solidaires, pour que le courant régionaliste-autonomiste puisse être représenté à l’élection présidentielle et se mobilisera pour assurer sa présence maximale aux élections législatives.

    1.3 – En Bretagne

     

    La Bretagne subit la mauvaise situation économique française, qui se traduit par un chômage élevé, source principale du délitement social. L’emploi, comme partout, est l’une des préoccupations principales des habitants. La lutte contre la loi Travail, précarisante, aura donc été forte et mobilisatrice pour une partie de la jeunesse. Elle a malheureusement été ponctuée de violences policières graves et répétées, résultats de consignes gouvernementales mal encadrées dans un contexte d’état d’urgence sans cesse prolongé.

     

    La situation de l’agriculture et de l’agroalimentaire bretons est préoccupante. Le dumping social et l’attitude de la grande distribution provoquent un nivellement des prix vers le bas, ne permettant pas à nombre d’agriculteurs de vivre décemment de leur métier. Les mobilisations agricoles ont déclenché des mesures d’urgence sans que le problème de fond soit réglé. L’agriculture biologique tire mieux son épingle du jeu que le modèle conventionnel, mais reste malheureusement minoritaire et fragile.

     

    Si les collectivités et les citoyens sont de plus en plus sensibilisés aux questions environnementale et écologique, de nombreux progrès restent à faire, notamment en termes de qualité de l’eau et de pollution de l’air (nombreuses alertes aux particules fines dans les grandes villes, etc.). La question énergétique est centrale, mais se heurte à la situation de précarité d’une partie de la population.

     

    La réforme territoriale a été appliquée sans aucune consultation des élus locaux et des populations. En Bretagne, la forte mobilisation pour la réunification n’a pas permis d’instaurer un rapport de force suffisant pour imposer ce projet au gouvernement, mais a empêché la création d’un Grand Ouest. Les oppositions entre « régionalistes », métropolistes et départementalistes ont été portées au grand jour, ces derniers s’opposant à des régions fortes pour garder leur liberté d’action, au détriment de l’équilibre régional.

     

    Alors que l’intercommunalité constitue un outil indispensable de solidarité et de cohérence territoriales, et permet de réelles économies d’échelle, la décision de regrouper les intercommunalités, y compris au-delà du critère légal de 15 000 habitants, s’est effectuée au détriment de la cohérence recherchée, du projet de territoire et des bassins de vie. Le poids démesuré du préfet dans ces décisions montre l’aspect descendant et jacobin de la conception des territoires par l’État central.

     

    En termes de transports, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été au cœur de l’actualité. La bataille juridique et les fortes mobilisations populaires ont été confrontées à un gouvernement incapable de prendre une décision. À l’issue d’une consultation interne en avril 2016, l’UDB est sortie de sa neutralité et a pris position contre le projet actuel de création de cet aéroport. Un référendum a eu lieu le 26 juin 2016, avec une victoire du « oui ». Quant aux liaisons ferroviaires, elles sont marquées par la prédominance de projets de rapprochement avec Paris (LNOBPL). La création d’axes nord-sud (Auray - Saint-Brieuc, électrification de Brest-Quimper, liaison rapide Nantes-Rennes), pourtant essentiels, n’est pas envisagée. La ligne Paimpol-Guingamp a cependant été maintenue grâce à un investissement financier exceptionnel des collectivités locales (région, département, intercommunalités) et une forte mobilisation de la population.

     

    La mer, comme d’habitude, est la grande oubliée des politiques publiques. Les rares chantiers programmés par l’État concernent Le Havre, Rouen et Marseille, ainsi que les canaux connectés au bassin parisien. Les politiques maritimes restent donc au bénéfice de la centralisation même si l’on peut noter la déconcentration en cours du siège d’Ifremer à Brest, à la demande du groupe UDB, quand il était présent au conseil régional de Bretagne administrative. Les chantiers navals de Saint-Nazaire tirent leur épingle du jeu sur le marché du tourisme de luxe. D’une manière générale, la plaisance et le tourisme l’emportent donc sur les activités primaires (pêche, aquaculture) et secondaires (industrie et commerce).

     

    La culture bretonne, qu’elle soit « traditionnelle » ou non, est dynamique, bien qu’elle subisse des coupes financières.

     

    Pour sa part, la langue bretonne reste dans une situation difficile avec une faible progression des ouvertures de classes dans toutes les filières et un nombre de locuteurs en baisse. Le pacte d’avenir pour la Bretagne permet néanmoins de désormais réduire les délais de conventionnement des écoles Diwan avec l’Éducation nationale et la vitalité des associations pour la langue bretonne est à noter. La Région Bretagne est impliquée dans le cadre d’un budget, certes limité, tandis que dans la Loire-Atlantique, les institutions départementale et régionale agissent a minima sans politique linguistique établie.

     

    Les élections départementales ont été marquées par une poussée de la droite, qui gagne les Côtes-d’Armor et perd de peu dans le Finistère et la Loire-Atlantique. L’UDB était présente seule ou en alliance dans un nombre significatif de cantons. Notons des résultats intéressants, mais très inégaux selon les territoires et le nombre de concurrents présents.

     

    Les élections régionales en Région Bretagne ont été remportées par Jean-Yves Le Drian, qui a joué de sa notoriété nationale et locale avec un passe-droit gouvernemental pour cumuler ses deux fonctions. Cet effet a été largement renforcé par les attentats du 13 novembre 2015. EELV a fortement reculé, ne permettant pas d’instaurer un rapport de force suffisant pour imposer une alliance de second tour. L’extrême gauche est marginalisée et les indépendantistes font des scores très faibles. En Pays-de-la-Loire, la droite dure remporte les élections, reléguant PS et écologistes dans l’opposition, même si la gauche l’emporte dans la Loire Atlantique. L’extrême droite, quant à elle, fait une percée dans les deux régions administratives et l’abstention est très forte.

     

    L’UDB s’est investie fortement lors de ces élections, en considérant qu’un virage majeur devait être pris, au risque de perdre des élus aujourd’hui pour gagner de la crédibilité demain. Un vote en convention puis en assemblées fédérales a acté une alliance avec Christian Troadec dans la plate-forme « Oui la Bretagne », ainsi que la constitution d’une liste « Choisir nos régions », regroupant les partis bretons en Pays-de-la-Loire. Ces choix stratégiques ont provoqué le départ d’anciens élus régionaux, dont il faut saluer le travail à la Région Bretagne. « OLB » fait un score historique pour une liste « régionaliste », mais ne parvient pas à être présente au second tour, et l’UDB n’a donc plus d’élus à la Région. Les résultats de « Choisir nos régions » sont décevants, malgré un fort investissement. La forte nationalisation de la campagne, marquée par des attentats, est à noter.

     

    Adopté par 0 contre, 12 abstentions et 104 pour.

    PARTIE 2 : ORIENTATIONS

    1) Rôle des élus

     

    L’UDB souhaite renforcer l’accompagnement de ses élu.e.s.

     

    1.1 Rédiger un « Guide/Mémento de l’élu.e » qui recense les actions pouvant être mises en place au sein d’une assemblée élue.

    1.2 Relancer l’AEPB, dans laquelle nos élu.e.s doivent s’investir, partager leur expérience et leurs préoccupations.

    1.3 Inciter nos élu.e.s à adhérer à l’AEPB.

    1.4 Modifier les règles concernant le reversement des indemnités d’élu.e et veiller à leur reversement.

    1.5 Inciter les élu.e.s à parler de leur mandat lors des réunions de section.

    1.6 Créer et former un vivier de candidats dans la perspective des municipales, dans le cadre d’une stratégie d’implantation.

     

    Adopté par 0 contre, 1 abstention et 122 pour.

    2) Langues de Bretagne

     

    L’UDB soutient les revendications concernant les langues de Bretagne

     

    2.1 Intégrer au « Guide/Mémento de l’élu.e » des actions pouvant être mises en place en faveur de la langue bretonne (charte Ya d’ar brezhoneg, ouverture d’école bilingue…).

    2.2 Rencontrer les acteurs de la langue bretonne, les interroger sur leurs préconisations pour définir une stratégie.

    2.3 Faire émerger une position offensive de l’UDB en faveur d’une politique linguistique fondée sur la coofficialité de la langue bretonne et un statut pour le gallo.

    2.4 Inciter les communes et les EPCI à développer la langue bretonne dans le cadre de leurs compétences (TAP, centres de loisirs, formation du personnel, signalétique…).

    2.5 Favoriser l’apprentissage de la langue bretonne par les adhérents UDB.

    2.6 Continuer d’agir pour la création d’un service public de radio en breton et d’une télévision publique de plein exercice à l’échelle de la Bretagne réunifiée, faisant une place importante aux langues de Bretagne.

     

    Adopté à l’unanimité.

    3) Élection présidentielle

     

    L’élection présidentielle est le pivot de la vie politique française. L’UDB déplore cette personnalisation excessive du débat politique. Mais le parti a la contrainte d’apparaître dans le débat lors de la campagne présidentielle, si possible en soutenant un candidat porteur de nos thèmes et de nos positions bénéficiant d’un écho médiatique particulier.

     

    3.1 Réaffirmer la décision prise le 8 mai 2016, à la suite de la consultation des adhérents, de soutenir, en lien avec RPS et Oui la Bretagne, la candidature de Christian Troadec.

    3.2 Mandater le BP pour organiser une consultation, en lien avec RPS, au cas où Christian Troadec ne réunirait pas les 500 parrainages.

    3.3 Mandater le bureau politique pour prendre position lors du second tour, après consultation des fédérations, en fonction de la réalité politique résultant du premier tour.

     

    Adopté par 3 contre, 18 abstentions et 102 pour.

    4) Élections législatives

     

    Les élections législatives sont devenues, en France, le troisième tour de l’élection présidentielle. Le mode de scrutin d’arrondissement nous laisse le choix d’être présents ou non dans chacune des 37 circonscriptions que compte la Bretagne. Une coordination avec RPS nous permet d’être plus visible au plan hexagonal.

     

    4.1 Le congrès réaffirme la décision prise le 8 mai 2016, à la suite de la consultation des adhérents, de présenter ou soutenir, en lien avec RPS et Oui la Bretagne, une candidature dans chacune des trente-sept circonscriptions de Bretagne lors du premier tour.

    4.2 Effectuer, après les élections, un bilan de l’impact électoral d’une candidature à l’élection présidentielle liée aux élections législatives.

    4.3 Le concept d’Assemblée unique de Bretagne englobant les 5 départements bretons sera précisé par le service Études et réflexion.

     

    Adopté par 1 contre, 11 abstentions et 111 pour.

    5) Relations internationales, RPS, ALE…

     

    Développer les relations avec nos partenaires en France et en Europe.

     

    5.1 Accroître la présence de l’UDB au sein de RPS pour mieux peser sur les débats politiques hexagonaux.

    5.2 Travailler, au sein de l’ALE, pour développer un esprit progressiste.

     

    Adopté par 0 contre, 10 abstentions et 113 pour.

    6) Démocratie locale

     

    La carte et les compétences des collectivités évoluent hors de tout cadre démocratique, tout particulièrement en ce qui concerne les fusions de communes, motivées par un maintien non pérenne de la DGF. Le cadre de la démocratie locale est à renouveler.

     

    6.1 Mobiliser les citoyens pour des fusions de communes correspondant aux aspirations des territoires et non à un chantage à la dotation.

    6.2 Proposer un nouveau régime des EPCI, alliant un choix des territoires de vie par référendum et non par le préfet, le renforcement des compétences stratégiques des EPCI et la mise en place d’une gouvernance démocratique transparente et directement élue. Rétablir la souveraineté populaire et les processus démocratiques dans la mise en place des intercommunalités et des collectivités territoriales.

    6.3 Demander l’organisation d’un référendum sur la réunification de la Bretagne.

    6.4 Agir pour que les grandes villes bretonnes s’inscrivent dans une logique d’équilibre des territoires.

    6.5 Revendiquer que tout projet d’aménagement important soit soumis à une consultation préalable et véritable de la population impactée, en développant la pratique de la consultation populaire et du référendum.

     

    Adopté par 1 contre, 4 abstentions et 118 pour.

    7) Recenser les talents des adhérent.e.s

     

    Les compétences et talents des adhérents de l’UDB sont mal recensés et valorisés actuellement. Cela permettrait, entre autres, d’organiser des commissions thématiques

     

    7.1 Mener une enquête pour recenser les compétences et talents de tous les adhérents qui devra permettre une plus grande participation de toutes et tous à la réflexion et aux actions. Tous les services sont concernés.

    7.2 Organiser dans le parti des commissions thématiques par adhésion volontaire aux listes de discussion ou forum. Ces commissions pourraient être ouvertes aux sympathisants et à des personnalités extérieures.

     

    Adopté par 2 contre, 0 abstention et 121 pour.

    8) Formation

     

    La formation a marqué le pas ces dernières années, pourtant la demande des adhérents est régulièrement exprimée. Le responsable formation actuel est rattaché au service Études et réflexion.

     

    8.1 Le responsable Formation présentera un projet dans les trois mois suivant sa nomination. Il s’appuiera principalement sur les compétences recensées en interne de l’UDB.

    8.2 Le responsable est chargé d’animer la formation, il assure la partie logistique et pas forcément la formation elle-même. Les séances de formation peuvent se dérouler au niveau de la Bretagne ou se faire de manière décentralisée (fédérations, sections…).

    8.3 Le responsable Formation est mandaté pour mettre en place prioritairement des formations pratiques pour les adhérents : réalisation de vidéos, stages photo, utilisation des réseaux sociaux, prises de paroles en public, rédaction de communiqués, collages d’affiches…

    8.4 Mettre en place des formations, pour le permanent et les responsables des Affaires extérieures, à la communication avec la presse, en tant que de besoin.

     

    Adopté par 8 contre, 19 abstentions et 96 pour.

    9) Relations presse : attaché de presse aux AE

     

    Les communiqués du parti sont insuffisamment diffusés dans les journaux.

     

    9.1 Recourir au service d’un.e attaché.e de presse à certaines périodes (élections…).

     

    Adopté par 0 contre, 9 abstentions et 114 pour.

    10) Repenser la présence militante

     

    La primauté des sections dans l’organisation et l’action de l’UDB n’est pas suffisamment une réalité. La verticalité de notre organisation encore trop forte alors que c’est notre action locale qui fera notre force au niveau de la Bretagne.

     

    10.1 Mettre l’accent sur l’action des sections, plus proches des réalités et de la population. À celles-ci d’identifier leur territoire d’action principale, de créer et d’animer un réseau.

     

    Adopté par 2 contre, 5 abstentions et 116 pour.

    11) Organiser une manifestation interne UDB les années sans congrès

     

    Il existe un besoin de rencontres entre militants et adhérents de l’UDB, hors des réunions et actions habituelles, pour échanger, réfléchir, tout en se divertissant éventuellement.

     

    11.1 Les années sans congrès, donc en 2017 pour la première fois, sera organisé un rassemblement permettant prioritairement aux adhérents de débattre dans un cadre convivial, sur une journée. Le bureau politique est mandaté pour assurer son organisation à l’automne.

     

    Adopté par 0 contre, 18 abstentions et 105 pour.

    12) Le Peuple breton

     

    12 .1 Le journal Le Peuple breton est l’un des seuls outils de communication dont dispose l’UDB. Sa réalisation et sa diffusion devront être au cœur des préoccupations de chaque militant, des sections et des fédérations.

    12..2 Mise en œuvre par chaque section de vente à la criée du Peuple breton, accompagné d’une campagne efficace à destination des médias mettant en avant le titre du journal.

     

    Adopté par 0 contre, 11 abstentions et 112 pour.

    13) Fonctionnement interne

     

    13.1 Les membres élus du Congrès au BP, les seconds délégués des fédérations au BP, devront exercer une responsabilité réelle dans l’organigramme du parti. Cet organigramme sera diffusé pour que chaque militant sache qui fait quoi. Au lendemain du congrès, la priorité des fédérations et des sections sera de mettre en place des bureaux de fédération et de section complets et réellement actifs.

     

    Adopté par 8 contre 12 abstentions et 103 pour.

    14) Relancer et systématiser les adhésions

     

    Le parti manque de ressources humaines : candidats, animateurs, responsables, experts, militants de terrains. L’UDB ne peut se satisfaire d’un trop faible nombre d’adhérents.

     

    14.1 L’UDB diffusera en interne, au mois de janvier de chaque année, le bilan précis des adhésions de l’année précédente. Le détail par fédération sera également publié. Ces données seront discutées au sein du parti et nourriront la réflexion sur le recrutement.

    14.2 Le bureau politique nommera en son sein un.e responsable du développement, qui composera et animera une équipe pour augmenter le nombre de militants à l’UDB, en concertation étroite avec les sections. Un point sur les adhésions sera effectué à chaque bureau politique.

     

    Adopté par 1 contre 9 abstentions et 113 pour.

    15) Faire connaître le projet de l’UDB

     

    L’édition du livre-projet est un effort exceptionnel, tant en termes de travail de préparation que d’investissement financier.

     

    15.1 Assurer une campagne de communication autour du livre-projet de l’UDB : affiches et/ou tracts, interviews, publicité sur Internet, diffusion en librairies.

    15.2 Assurer la traduction et l’édition en breton du livre.

    15.3 Résumer les chapitres sous forme de fiches thématiques courtes disponibles sur le site Internet du parti.

     

    Adopté par 0 contre, 19 abstentions et 104 pour.

    16) Appliquer une stratégie de conquête du pouvoir

     

    Être majoritaire dans les mairies et dans les intercommunalités est un atout majeur à toutes les élections et permets de se crédibiliser auprès des habitants par une gestion locale exemplaire à leur service.

     

    16.1 Préparer, pour les élections municipales de 2020, la présentation d’autant de listes autonomistes que possible dans les cinq départements bretons. La forme devra être souple (UDB, Oui la Bretagne, divers gauche…), mais les listes devront être portées par des personnalités proches ou membres de l’UDB. Là où l’UDB et ses alliés n’auront pas la possibilité de se présenter eux-mêmes, ou là où la création d’une telle liste serait néfaste en raison du contexte local, l’UDB recherchera des accords avec les forces progressistes et écologistes les moins éloignées de son programme.

    16.2 Dans la campagne des élections régionales suivantes, mettre en avant les personnalités de l’UDB ou sympathisantes ayant réalisé des scores importants aux élections municipales, pour élargir la zone de force de Oui la Bretagne.

     

    Adopté par 20 contre, 29 abstentions et 74 pour.

    Vote global sur la partie 3 : adopté par 6 contre, 18 abstentions et 99 pour.

    Vote global sur l’ensemble du texte du congrès : adopté par 4 contre, 8 abstentions et 111 pour.

    Point d'étape sur le livre-projet de l'UDB

     

    Gael Briand et Nil Caouissin, qui ont coordonné le premier travail d'écriture du livre programme, ont fait un point sur l'état du texte. Les congressistes en ont approuvé les orientations générales et ont décidé de le conserver comme base de travail.

     

    Au terme des débats, il a été décidé notamment d'approuver l'emploi du terme de "nation" dans le livre, accompagné d'une définition claire ne laissant aucun doute sur la conception civique et inclusive qu'en a l'UDB. Les participants ont aussi commencé à discuter du thème du revenu universel. D'autres moments de débats seront organisés avant la Convention qui validera définitivement le texte, à l'automne 2017. Le congrès a approuvé le projet de texte présenté comme base de travail dans les débats à venir.

     

    Une discussion a eu lieu sur le format: faudra-t-il publier la version intégrale du livre (entre 150 et 200 pages) ou une version allégée? Le bureau politique a été mandaté pour réexaminer ce point en concertation avec les fédérations.

    MOTIONS

    Fichier TES : non au fichage des citoyens, ni ici ni ailleurs

    Publié en catimini le 30 octobre dernier par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, le décret dit TES (titres électroniques sécurisés) crée un mégafichier centralisant les informations biométriques de 60 millions de Français, sous prétexte de simplification administrative et de lutte contre la fraude. Pour rappel, un projet de 2012 presque semblable avait été critiqué par le Parti socialiste (et qualifié par Jean-Jacques Urvoas de « bombe à retardement »).

     

    Ce décret a aussitôt suscité des réactions, d’abord de la secrétaire d’État au numérique, puis des associations (la Ligue des droits de l’homme et la Quadrature du Net vont déposer un recours devant le Conseil d’État).

     

    L’Union démocratique bretonne dénonce le décret, ce mégafichier pouvant être détourné ou piraté, ouvrant la voie à une logique de surveillance généralisée. Devant les oppositions, Bernard Cazeneuve commence à lâcher du lest (les empreintes digitales ne seraient plus obligatoires), mais annonce le 10 novembre que ce fichier sera expérimenté en Bretagne administrative. Servir de cobaye à un décret liberticide, ce n’est pas ainsi que l’UDB conçoit le droit à l’expérimentation !

     

    1 contre, 2 abstentions sur 123 votants

    Soutien au CM Arkéa

    L’Union démocratique bretonne apporte son soutien à la feuille de route votée en assemblées générales à la quasi-unanimité par les trois fédérations du Crédit mutuel Arkéa. À savoir, l’existence de deux caisses centrales au sein du Crédit mutuel (CM Arkéa et CM11-CIC), ceci afin de préserver l’indépendance du CM Arkéa, banque coopérative, mutualiste, non cotée en bourse, dont toutes les filiales sont domiciliées en France, et de conserver son centre de décision en Bretagne. Des milliers d’emplois en dépendent en Bretagne.

    Unanimité

    Solidarité avec le Kurdistan

    L’Union démocratique bretonne réaffirme sa solidarité avec le peuple kurde. Dans un contexte complexe de guerre, de répression et de dérive dictatoriale en Turquie, nous saluons l’engagement de la majorité des Kurdes pour la démocratie, l’égalité et les droits des minorités.

     

    Considérant la volonté délibérée du président turc Erdogan de rompre le processus de paix avec le Parti des travailleurs du Kurdistan, l’arrestation de nombreux journalistes en Turquie et la censure médiatique, les exactions contre les civils, les arrestations de maires et de députés, notamment celles des dirigeants du Parti démocratique des peuples, considérant aussi le soutien direct et indirect apporté par le pouvoir en place en Turquie à divers groupes islamistes combattant en Syrie et en Irak, et le risque de voir une nouvelle guerre se déclencher si les agressions turques se poursuivent contre ceux qui affrontent aujourd’hui le groupe dit « État islamique » :

     

    L’Union démocratique bretonne se déclare solidaire du Parti démocratique des peuples et demande solennellement aux ministres français des Affaires étrangères et de la Défense, ainsi qu’à toutes les diplomaties européennes :

     

    – de prendre des sanctions diplomatiques contre la Turquie pour isoler le régime d’Erdogan ;

    – de cesser de considérer le Parti des travailleurs du Kurdistan et ses alliés comme des organisations terroristes, et les intégrer aux négociations de paix ;

    – de mettre fin aux mesures de répression et de censure qui touchent ponctuellement les médias kurdes libres et les réseaux de soutien au Kurdistan actifs en Europe ;

    – d’envisager la sortie de l’État turc de l’Otan, pour ne pas être entraînés dans une guerre éventuelle avec les pays voisins de la Turquie.

     

    Unanimité

  • CONGRÈS DE PRÉFAILLES (2014)

    Texte résultant des votes du 32ème congrès de l’UDB tenu à Préfailles les 14, 15 et 16 novembre 2014

     

    L’UDB inscrit sa réflexion dans la lutte pour l’émancipation, individuelle comme collective,et milite pour une Bretagne réunifiée et autonome. Sa charte, adoptée le 29 avril 2000, définit ses fondements et objectifs politiques. La Bretagne n’étant pas coupée du monde, il convient d’avoir un regard sur la géopolitique mondiale, du moins sur celle qui impacte ou peut impacter les politiques menées en Bretagne.

     

    PARTIE 1 – ANALYSE DE LA SITUATION

     

    I.1. La finance gouverne

     

    Chaque jour qui passe renforce l’emprise de la finance sur le monde. Au mépris des hommes, mais également de la planète, des jeux de pouvoir se mènent entre les banques et les grands industriels qui imposent leurs vues au pouvoir politique. Il s’ensuit une désaffection de plus en plus criante des peuples à l’égard de la Politique. Pourtant, c’est bien par la Politiqueque ces derniers doivent se réapproprier le pouvoir, celui de vivre et de travailler dignement, chez eux.

     

    I.1.1. La « compétitivité » comme argument pour précariser

     

    a) Tant les entreprises que les dirigeants politiques incitent par tous les moyens à la « compétitivité ». Les dégâts « collatéraux », humains, sociaux, écologiques sont énormes et présentés comme un mal nécessaire. Baignés dans le mythe selon lequel seule la croissance signifie l’emploi, les décideurs n’ont de cesse de penser leur politique à l’aune d’un modèle économique : le capitalisme, qui aggrave les inégalités sociales et territoriales à l’intérieur même de chaque pays et dégrade rapidement la biodiversité et le climat .

     

    b) L’Union Européenne et les États-Unis négocient dans le plus grand secret la construction d’une « zone de libre-échange transatlantique », aussi appelée « TAFTA ». Ce projet de traité est l’antithèse des préconisations de l’UDB, qui estime qu’une politique doit être ancrée dans une culture, dans un territoire. Si ce traité était adopté, il offrirait la possibilité aux entreprises de poursuivre, par une procédure d’arbitrage, des états dont la politique entraverait leur activité commerciale. Le risque est grand d’assister à une harmonisation par le bas des normes dans les domaines économique, industriel, agricole, social, culturel ou environnemental.

     

     c) De plus en plus de voix proposent de remettre en cause ces acquis qui, du fait de la compétition internationale, ne tiendraient pas.

     

    I.1.2. La finitude du monde

     

    a) Ce système économique pousse à la consommation et aux comportements égoïstes. La société du « jetable » est encore solidement ancrée dans les mentalités. Le dogme de la « croissance économique illimitée » telle que nous la connaissons est clairement insoutenable, socialement et écologiquement;ce constat engage inévitablement la remise en cause de nos modes de vie et pas seulement celle de nos modes de consommation.

     

    b) Le mode de production au service du consumérisme pose de sérieux problèmes,dont la génération et le traitement des déchets. Si certains sont recyclés, on ne peut ignorer la pollution qui s’étend à terre comme en mer,mettant en danger la biodiversité et par la même occasion certaines activités humaines comme la pêche.

     

    c) Parallèlement, les industriels ont bien compris les enjeux énergétiques et mènent de vastes campagnes d’investissement pour s’approprier les ressources naturelles aussi bien pétrolières que gazières ou simplement aquatiques. La privatisation du vivant a également commencé, prélude à un monde où tout se monnaye, même les êtres humains.

     

    d) Le réchauffement de la planète, la raréfaction des énergies fossiles et leurs conditions d’extraction désastreuses, les multiples pollutions et gaspillages des ressources imposent d’autres choix de société,plus solidaires.

     

    I.1.3. Difficiles contre-pouvoirs à l’argent

     

    a) Le système actuel est aussi caractérisé par l’incapacité ou la résignation politique des détenteurs du pouvoir à organiser et à réglementer les systèmes financiers et économiques, quand ils ne remettent pas en cause les tentatives d’organisation ou de régulation (cf. OMC). Vivre dans un monde stable suppose un partage équitable des richesses et un contrôle de la finance.

     

    b) La sphère publique est progressivement réduite aux seules fonctions régaliennes, les autres étant abandonnées au secteur privé, ce qui revient à restreindre le champ de l’actionpublique. Le capital a pris le pas sur le travail alors même que les salariés sont la première richesse des entreprises.

     

    La progression du chômage entretient cet état de fait car la peur du licenciement pousse les salariés à accepter des conditions dégradées et à être moins réceptifs à l’action syndicale.

     

    c) L’économie mondiale est secouée par des crises successives qui trouvent pour l’essentielleur originedans l’inadaptation des échelles de gouvernances publiques économiques et un manque de volontarisme politique quant à la nécessaire du capitalisme financier. De plus, les tenants du capitalisme financier, au travers des industriels, ont bien compris les enjeux énergétiques et mènent de vastes campagnes d’investissement afin de s’approprier les ressources naturelles sans tenir des enjeux environnementaux.

     

    d) Protéger les économies des territoires des dérives du capitalisme financier ne peut s’envisager sans organisation internationale de taxation des flux financiers. Dans ce domaine, l’Europe tarde à donner l’exemple et l’impulsion.

     

    I.1.4. La politique illusoire de la libre concurrence

     

    a) La politique commerciale de l’Union Européenne repose sur une union douanière qui organise la liberté de circulation des marchandises entre les états membres et instaure un tarif douanier commun à l’importation des marchandises qui franchissent les frontières extérieures. La prospérité de l’Union Européenne est recherchée par la libéralisation maîtrisée du commerce de biens, de services et d’investissements.

     

    b) La politique de libre-échange adoptée par l’Union Européenne,qui n’est remise en cause qu’en cas de dumping de la part d’unétat européenexportateur, est une porte grande ouverte aux produits fabriqués en dehors de l’UE par une main-d’œuvrefaiblement rémunérée:La Chine, non assujettie aux mêmes normes sociales et environnementales que les entreprises européennes, est jusqu’à présent le principal bénéficiaire de ce système, qui se traduit par une concurrence déloyale. Ces importations à bas prix détruisent des emplois et contraignent les gouvernements à creuser les déficits publics afin d’assurer des revenus à la population privée d’emploi.

     

    c) Cette politique ultralibérale génère les difficultés économiques et sociales et entretient un doute, exploité par les partis souverainistes, sur l’intérêt de construire l’Union Européenne, qui pourtant constitue une chance pour ses peuples.

     

    I.2. Le besoin d'une autre Europe

     

    a) L’Union Européenne ne fonctionne pas de façon fédérale, mais encore beaucoup trop sur la base de négociations entreétats,ceux-ci étant d’abord préoccupés par leurs propres intérêts. Le Parlement Européen, seule institution élue au suffrage universel direct, est cependant celle qui dispose toujours du pouvoir le plus faible, même si le traité de Lisbonne les a nettement accrus. La Commission Européenne, dont les membres sont nommés par les États, et, encore plus, le Conseil Européen prennent des décisions plus libérales que celles votées par le Parlement.

     

    b) Alors qu’une grande partie du droit est, aujourd’hui, issue de l’Union Européenne, celle-ci ne parvient toujours pas à constituer une structure politique cohérente. La politique ultralibéralequ’elle mène depuis ces dernières années menace certains de nos acquis sociaux, sans générer pour autant de progrès économiques.

     

    c) Ainsi, le pacte de rigueur imposé par l’Union Européenne est intenable du fait de l’incapacité du pouvoir politique de chaque état membre à faire des choix budgétaires et de politique économique cohérents. Alors que les libéraux prétendent réduire les dépenses publiques à court terme, en diminuant par exemple les moyens des nécessaires services publics de proximité ou ceux alloués à la santé, l’éducation, la recherche… les déficits demeurant, ils creusent la dette publique en refusant de réformer la fiscalité de manière cohérente à l’échelle européenne.

     

    d) La crise bancaire qui secoue toujours l’Union Européenne a permis aux libéraux d’imposer une austérité (pacte de stabilité européen) aux conséquences sociales insupportables. Cette austérité s’est traduite par la ruine totale de certains états, dont la Grèce, qui a, du fait d’une dette importante, quasiment perdu sa souveraineté au profit des banques. Cette faillite programmée a créé des révoltes importantes en Grèce et a permis l’essor d’un mouvement néonazi : Aube dorée.

     

    e) L’Union Européenne et ses directives libérales ont été renduesresponsables de la précarisation, alors que c’est un phénomène mondial qui n’est dû qu’à une victoire des idées néolibérales au sein des états, eux-mêmes décidant des directives à faire voter. Les citoyens ne perçoivent plus l’intérêt de l’Union Européenne alors qu’il est indéniable qu’il faut au contraire plus d’intégration et une harmonisation par le haut des règles sociales, afin d’éviter les concurrences déloyales à l’intérieur des frontières de l’Union.

     

    f) Il devient indéniable que la compétition dans le sens dumoins-disant social et fiscal entre les états, plus particulièrement au sein d’un même espace économique, est insupportable. Le dumping social n’est pas acceptable. Ce ne sont pas les conditions de travail les meilleures qu’il faut tirer vers le bas, mais au contraire les conditions les plus précaires qu’il faut revoir pour le bien des populations en Europe. En un mot, il faut enfin construire une Europe politique et sociale et pas simplement un marché commun.

     

    g) L’absence d’une véritable politique migratoire,permettant de mutualiser les moyens et de soutenir les pays méditerranéens dans le contrôle des flux de population,laisse des états relativement seuls face à une forte pression migratoire. Alors que l’Europe, de par sa pyramide des âges, a besoin d’une immigration, elle tend au contraire à se fermer.

     

    h) L’absence de mutualisation des dettes laisse les états isolés face à la finance. L’union monétaire autour de l’eurolaisse l’intégration européenne au milieu du gué en l’absence d’union budgétaire européenne, avec ses implications sociales et fiscales.

     

    i) L’intégration des états a été réalisée avec comme objectif principal de construire un marché économique unique sans faire progresser l’intégration politique, sans faire progresser une vision commune de la politique extérieure à l’Europe. Cette situation empêche l’émergence d’une diplomatie européenne, qui ne peut s’appuyer sur une armée européenne.

     

    I.3. En France, le centralisme reste un moteur d’inégalités territoriales et sociales

     

    a) La France reste marquée par un centralisme politique, administratif et économique qui en fait une quasi-exception en Europe. Ce trait est générateur de fortes inégalités territoriales et sociales. La timide réforme des collectivités en cours ne s’attaque pas véritablement au problème : la France reste dirigée pour l’essentiel de sa vie publique par des représentants de l’État exerçant une tutelle sur les institutions locales, régionales en particulier. Ces services déconcentrés sont souvent de véritables doublons. La loi de décentralisation prévue durant ce quinquennat ne prévoit pas de véritable transfert de compétences depuis les administrations centrales vers les Régions, mais simplement un transfert entre collectivités. Sauf rares exceptions, l’uniformité reste la règle. L’hypercentralisation, amène à concentrer les lieux de décision publique, les nœuds de transports, donc les sièges sociaux d’entreprises, donc les hauts revenus, donc l’innovation et la recherche… en un seul point, l’Île-de-France.

     

    b) Or, l’uniformité et le centralisme sont les deux phénomènes qui enclenchent l’aspirateur à capitaux et à main-d’œuvre. De fait, le centralisme est profondément inégalitaire, car, aujourd’hui encore, il sert à concentrer les lieux de collecte de la plus-value du travail dans les sièges sociaux, les services publics de haut niveau, les outils de la société de la connaissance. L’essentiel des outils du développement économique et culturel est ainsi concentré en Île-de-France.

     

    c) Alors que nos voisins sont dotés de véritables systèmes fédéraux et de capacité d’autoorganisation régionale, la France reste un cas unique dans l’Ouest européen de captation organisée par la puissance publique des atouts des territoires régionaux.

     

    d) Le centralisme en France se traduit par la concentration décisionnelle au sein de la haute administration (pouvoir réglementaire entre les mains d’une caste autoreproductive et par un centralisme financier exacerbé. Ce processus se traduit par un fonctionnement sclérosé de la société française, qui pénalise notamment toute initiative économique locale.

     

    I.4. La présidentialisation, symbole d’une autre ère

     

    a) La participation citoyenne suppose que la sphère publique envoie des signaux d’ouverture, favorise des pratiques de décisions plus horizontales.

     

    b) Or, la France centralisée est organisée autour d’un régime présidentialiste, sans contre-pouvoir, qui favorise le dessaisissement du collectif au profit d'un seul homme. Là où les défis environnementaux, économiques, sociaux et démocratiques exigent la participation du plus grand nombre, ce système présidentialiste entraîne structurellement, en cas de panne, une hausse de l’attractivité des populismes,qui font de l’homme ou la femme providentiel la solution à tous les maux.

     

    c) La confiance collective et la participation citoyenne passent par une dépersonnalisation du régime politique hexagonal et par une relocalisation des processus de décisiondans les Territoires et les Régions.

     

    I.5. 2012-2014 : De l'espoir à la déception

     

    Le texte du congrès de l’UDB de 2012 notait : « Le PS dispose aujourd’hui de tous les pouvoirs politiques. Présidence de la république, gouvernement, Assemblée Nationale, Sénat, sans oublier la majorité des Régions, des départements et des grandes villes. Il détient donc une immense responsabilité face aux attentes de ceux qui l’ont porté au pouvoir. Chacun mesure à quel point son échec, qui serait l’échec de la gauche revenue au pouvoir après tant d’années d’opposition, serait catastrophique. »

     

    I.5.1. François Hollande, loin du changement promis

     

    a) Deux ans après l’élection de François Hollande, force est de constater que de nombreuses promesses n’ont pas été tenues. Malgré certaines avancées sociétales, le PS n’a pas réellement créé de rupture avec le précédent gouvernement sur le plan économique. La finance n’est – pour l’instant – pas l’ennemi,elle n’a pas été mise à contribution dans la réduction des déficits budgétaires et reste une menace pour le gouvernement. La social-démocratie a laissé la place au libéralisme et de larges cadeaux ont été faits aux entreprises sans contreparties.

     

    b) Par effet de ricochet, cette absence de rupture impacte toute la gauche et blessel’idée même de « gauche ».

     

    c) Les inégalités et injustices sociales, loin de se réduire, se creusent. La crise économique devient l’alibi pour imposer l’austérité, y compris aux plus démunis.

     

    I.5.2. L’échec de la réforme territoriale

     

    a) Parmi les diverses raisons de soutenir François Hollande en 2012, l’UDB tenait particulièrement à deux engagements de campagne : aller vers une régionalisation et ratifier la Charte des langues minoritaires. En 2014, non seulement la Charte européenne des langues régionales et minoritaires n’est toujours pas ratifiée, mais l’acte III de la décentralisation, qui devait renforcer les Régions, a débuté par la consécration des « métropoles » comme collectivité à part, et ce, en dehors du cadre programmatique du candidat Hollande. Cette orientation entraînera inévitablement une aggravation des déséquilibres territoriaux et une marginalisation des habitants ne vivant pas dans les métropoles.

     

    b) La crise de la dette et des déficits sont aussi l’occasion de faire subir aux collectivités une cure de rigueur jamais vue auparavant, qui les rendra encore plus dépendantes du pouvoir central. L’austérité doublée d’une perte d’autonomie fiscale des collectivités montre que nous assistons, à l’inverse des promesses électorales, à une recentralisation.

     

    c) Présentéeavec le plus grand amateurisme et au prix de luttes internes au PS, la nouvelle carte des régions n’a pas pris en compte la revendication d’une grande majorité des habitants de la Bretagne, Loire-Atlantique comprise, en faveur de la réunification. Cette question a mené à une lutte interne au PS en Bretagne même, entre pro-réunification et pro-Grand Ouest,qui a conduit à unstatu quosans aucune consultation des populations. Les positions antidémocratiques et technocratiques s’y ajoutentpour éviter toute consultation populaire et privilégier les arrangements entre notables sous le contrôle de la haute administration (à l’opposé de ce qui s’est passé en Écosse, bien que le Royaume-Unisoit dominé par les Conservateurs).

     

    I.6. Une situation économique et budgétaire qui exige responsabilité et volontarisme

     

    I.6.1. Quarante ans de déficit

     

    a) À la fin de 2014, la France aura réalisé une série ininterrompue de 40 années de déficits budgétaires et personne ne peut s’aventurer à dire quand elle réalisera un excédent.La dette publique, qui augmente sans cesse, atteindra 100 % du Produit Intérieur Brut. L’État français avec  71 % de cette dette et les organismes sociaux avec 10 % de cette dette (chiffresà fin 2012)sont les principaux responsables de la situation. La dette cumulée, qui sera à la charge de plusieurs générations, génère des intérêts dont le montant constitue le troisième poste de charge du budget de l’État. Chaque habitant a payé 662 € d’intérêts en 2012 pour une dette qui s’élève à près de 28 000 €/habitant.

     

    b) La balance commerciale presque équilibrée jusqu’en 2003 se détériore fortement à partir de cette date. Le déficit de 2012 est de 68 milliards d’euros. Les trois déficits les plus importants sont réalisés avec la Chine, l’Allemagne et la Belgique,qui ne sont pas des pays exportateurs de pétrole ou de gaz.

     

    I.6.2. Échec des gouvernements de droite et de gauche

     

    a) Les solutions appliquées par les gouvernements de droite et de gauche ne permettent pas d’équilibrer les comptes. La politique de relance de la consommation sous forme d’exonération d’impôts, de cotisations sociales ou d’augmentation d’allocations a échoué. Une relance massive de la consommation aurait pour conséquence de soutenir la croissance dans les états à faible coût de main-d’œuvre, qui inonderaient encore davantage le marché français, d’une part, et de creuser davantage les déficits, d’autre part. La politique de relance de l’offre des entreprises par une réduction des coûts sous forme de baisse de la TVA ou de crédit d’impôt (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) aura une faible incidence puisque les déficits commerciaux sont réalisés avec des états à très bas coût de main-d’œuvre. Il est vain de baisser légèrementles prix lorsque les écarts sont importants. Ces mesures ont une incidence sur la compétitivité entre états dont les coûts de production sont proches, mais chercher à prendre un avantage sur eux c’est prendre le risque d’une escalade coûteuse et inefficace pour tous.

     

    b) L’échec des gouvernements de droite puis de gauche a engendré une forte déception de leur électorat respectifs qui s’est manifesté par une forte abstention aux récentes élections (58 % en France aux européennes de 2014) et un transfert sur le Front National. Sa progression est apparu à l’occasion des élections européennes de 2014. Avec un score de 25 % (17 % en Bretagne), il est devenu le premier parti politique français en nombre de voix, puisque le PS n’a obtenu que 14 %des voix (16 % en Bretagne) et l’UMP 21 % des voix (18 % en Bretagne).

     

    I.7. Situation de la Bretagne

     

    Les élus de l’UDB, lors des dernières élections régionales de 2010, siégeaient dans l’opposition. Force de propositions ouvertes, ils ont rejoint la majorité du Conseil Régional en 2012. Ils ont mis leur volonté d’agir pour le peuple breton au service de la Région Bretagne administrative et ont été les chevilles ouvrières du document avalisé par le Conseil Régional dans le cadre de la réforme territoriale, document qui n’a pas été pris en considération ensuite par le gouvernement.

     

    I.7.1. Le mouvement des Bonnets rouges

     

    a) La crise de certaines filières de l’agroalimentaire (dont le poulet-export) était prévisible et d’ailleurs prévue depuis longtemps sans que personne n’agisse. Au moment où elle entrait dans une phase aiguë (fermetures d’entreprises), le gouvernement n’a pas remis en cause le principe de la taxe poids lourds (dite « écotaxe »), adoptée lors de la législature précédente. Cette taxe avait pour objectif initial de faire contribuer les transporteurs routiers au financement d’alternatives (ferroviaires, maritimes ou fluviales) au transport terrestre. Une taxe a priori « écologique », mais très pénalisante pour les régions excentrées comme la Bretagne. En pleine crise de l’agroalimentaire, cette prime injuste à la centralité fut très mal ressentie en Bretagne, où un vent de fronde a éclaté en automne 2013.

     

    b) De ces mobilisations est né un collectif dit des « bonnets rouges », en référence aux révoltes bretonnes du XVIIesiècle. Ce collectif, mené par le président de la FDSEA 29 d’un côté, le maire de Carhaix de l’autre,et associant diverses figures du syndicalisme ouvrier et du patronat, a mobilisé avec pour mot d’ordre : «Vivre, décider et travailler en Bretagne »,reprenant les bases du slogan « Vivre, travailler et décider en Bretagne », popularisé par l’UDB depuis les années 70.

     

    c) L’UDB, bien que favorable à la mise en place progressive et concertée d’une fiscalité permettant de favoriser la transition écologique et énergétique, s’est finalement opposée à la taxe poids lourds, dont il faut souligner qu’elle ne prend en compte ni la périphéricité de la Bretagne, ni le fait que seules certaines régions financentleurs infrastructures routières,et qu’elle a été envisagée sans solution de transport alternatif, avec de surcroîtune gestion confiée à une entreprise privée grassement rémunérée.

     

    d) Cela ne correspond pas à l’idée que se fait l’UDB de mécanismes de fiscalité écologique efficaces. C’est la raison, doublée de la nécessité d’apporter un message de gauche, de la participation de l’UDB aux manifestations de Quimper et Carhaix.

     

    e) Le mouvement des Bonnets rouges, de par son ampleur et ses actions de sabotage, a montré que, malheureusement, l’État central n'écoute que le rapport de force. L’ampleur de la mobilisation sociale initiée par les Bonnets rouges, avec sescontradictions, a provoqué la signature, en urgence, du « pacte d’avenir pour la Bretagne », que les élus régionaux UDB n’ont pas voté,considérant qu’il n’était pas à la hauteur des enjeux.

     

    I.7.2. Un climat politique difficile

     

    I.7.2.1. Élections municipales et européennes : bilan général

     

    a) Le mécontentement entraîné par la politique du gouvernement a provoqué les défaites électorales des élections municipales et européennes.

     

    b) Aux élections municipales, de nombreuses villes et communautés de communes sont passées à droite en Bretagne et en France. Le FN a fait des percées, mais elles furent limitées en Bretagne en raison d’une implantation moindre. Le PS a été durement secoué et l’UDB également quand elle s’est présentée dans des listes d’union de la gauche. Il faut par ailleurs noter le nombre notable de listes menées par un militant UDB,qui ont permis l’élection de deux maires malgré de grosses déceptions dans certaines communes.

     

    c) Aux élections européennes, le FN est arrivé en tête en France. Malgré une faible participation, le score du FN est important et dénote un vote mêlant adhésion et protestation. La Bretagne reste moins touchée que le reste de la France, mais dans des proportions qui ne peuvent laisser place à l’indifférence. Le PS est durement touché et EELV perd près de 6 points par rapport à 2009, où il était allié à l’UDB. Il faut également constater que les listes d’extrême gauche n’ont pas tiré profit de la crise. Le vote sanction s’est reporté sur les listes « antisystème », dont, en Bretagne celle de Christian Troadec, allié notamment à la droite bretonne. L’UDB doit s’interroger sur cette situation et travailler à une meilleure visibilité sur le terrain médiatique.

     

    d) Régions et Peuples Solidaires (R&PS) avait monté six listes pour les élections européennes, permettant un accès aux clips de campagne montrant la qualité d’un réseau de partis politiques. Les résultats confirment l’ancrage de nos partenaires corses. En Bretagne, cette élection a insuffléune dynamique renouvelée à nombre de sections de l’UDB et a été l’occasion de moderniser les campagnes du parti.

     

    I.7.2.2. La liste autonome de l’UDB aux élections européennes

     

    a) Le congrès de 2012 avait acté la nécessité d’une représentation de Régions et Peuples Solidaires (R&PS) au niveau européen. Permettre la réélection de François Alfonsi et ainsi conserver une expression à Bruxelles a donc été une priorité. Néanmoins, les négociations entre R&PS et EELV n’ont pas permis de reconduire l’accord de 2009, qui avait débouché sur l’élection de François Alfonsi. Dansces conditions, mais aussi en raison d’une demande des militants du Parti de promouvoir nos idées, l’UDB a décidé de constituer une liste autonome aux élections européennes de 2014.

     

    b) L’UDB a ouvert sa liste à des candidats extérieurs au Parti. Cette ouverture a été l’occasion d’intégrer des candidats de qualité. L’UDB a montré sa capacité à organiser une campagne de terrain et des actions médiatiques avec des militants nombreux et volontaires. Cet effort a été relevépar les observateurs extérieurs.

     

    c) La présence de Christian Troadec sur la liste a fait l’objet d’un débat. Des contacts ont été pris, mais il a décliné la proposition de l’UDB visant à lui réserver la troisième place sur la liste en prenant à notre charge le coût de la campagne.

     

    d) Il faut cependant relever que la liste ouverte de l’UDB a rassemblé plus de 27 000 suffrages, soit un résultat supérieur à celui des dernières législatives. Et ce, dans un contexte difficile, face à un nombre important de listes. Elle se place ainsi à la onzième place (sur 25) malgréune présence limitée aux 5 départements bretons.

     

    e) Ces résultats montrent toutefois la nécessité d’une évolution de l’UDB, moins sur son fonds idéologique que sur la manière d’en parler. Une adaptation de son discours au niveau de conscience de la population bretonne semble nécessaire.

     

    I.8. Un projet responsable repose sur la confiance, l’inclusion et la participation

     

    I.8.1. Confiance et inclusion, clefs des progrès écossais et catalans

     

    a) La Bretagne regarde avec intérêt l’évolution des situations de l’Écosse et de la Catalogne. Si on ne peut comparer des contextes historiques, politiques et économiques très différents, deux points doivent retenir l’attention des porteurs de projets politiques bretons :

     

    – Ces deux territoires sont marqués par ladiffusion, par les porteurs de l’idée d’évolutions institutionnelles, d’un sentiment de confiance en soi de la communauté. Cette confiance repose sur la volonté de se saisir des atouts collectifs. Cette confiance du collectif en lui-même favorise la participation du plus grand nombre au débat public.

    – Ces deux phénomènes reposent sur un mouvement de singularisation nationale. Avec des nuances entre les deux situations, la dynamique est favorisée par une démarche inclusive, en particulier en Écosse.

     

    b) Le projet collectif est tourné vers l’avenir,porteur d’espoir, sans faire du rejet de l’altérité un postulat.

     

    I.8.2. La participation citoyenne, une clef pour redonner du sens et de l’efficacité

     

    a) Entre la désaffection des citoyens pour les schémas politiques actuels et la complexité croissante des politiques publiques, le débat politique tend à devenir le champ de spécialistes et de techniciens. Les partis politiques, sauf épiphénomènes brefs, n’y échappent pas.

     

    b) C’est pourtant par la participation citoyenne au débat public et aux actions concrètes de terrain qu’émergent des pistes, notamment locales ou régionales, de pratiques innovantes, porteuses de solutions pour le développement durable, l’innovation économique ou la diversité culturelle.

     

    I.9. Culture et identité bretonnes

     

    a) Avec environ 16 000 élèves à la rentrée scolaire de 2014, les filières d’enseignement immersif ou bilingue breton-français enregistrent une progression régulière du nombre d’élèves. Cette progression est cependant insuffisante pour assurer la survie de la langue bretonne. La demande des parents n’est pas entièrement satisfaite, notamment en raison du manque d’enseignants. Diwan est toujours confronté à des difficultés financières qui entravent son développement. La situation du gallo, qui bénéficie d’un enseignement bilingue moindre, est encore plus difficile. Le soutien de la Région Bretagne permet d’atténuer ces handicaps.

     

    b) Il n’y pas eu de réponse favorable à la création d’une chaîne publique bretonne de télévision faisant une large place aux langues de Bretagne et à la diffusion de la culture bretonne.

     

    c) Des satisfactions ont été enregistrées sur le plan international. Sur la demande de Dastum, le fest-noz a été inscrit le 5 décembre 2012 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. C’est une reconnaissance internationale à l’égard de tous ceux qui ont entretenu une résistance à l’uniformisation culturelle. L’autre satisfaction a été obtenue en 2014 lorsque l’ICANN, société qui attribue des noms de domaine et des numéros sur Internet, a autorisé l’extension .bzh. La Bretagne crée son identité numérique et est la première région de France à l’obtenir.

     

    II. Les orientations politiques et programmatiques

     

    Cette troisième partie, en tenant compte des analyses de la partie précédente, doit définir les axes des prises de positionet des actions à adopter pourmettre en œuvre ces options politiques.

     

    L’UDB, parti de gauche, autonomiste et écologiste, défend des valeurs de paix, de solidarité, de liberté, de diversité et d’épanouissement des femmes et des hommes. Elle promeut pour cela les principes d’autonomie et de responsabilité dans le domaine des institutions, mais aussi dans ceux de l’économie, de l’environnement, de l’éducation, de la recherche, de l’innovation.

     

    II.1.1 Une Europe des peuples

     

    II.1.1.1. Relancer le processus de l’Europe Fédérale

     

    a) La construction européenne, grand dessein original du XXe siècle, est en panne. Une profonde réforme de ses institutions s’impose afin de dépasser le stade d’ union monétaire et de zone de libre-échange pour accéder à un espace politique avec des normes sociales, fiscales et environnementales.

     

    b) Cette évolution peut s’envisager progressivement à partir d’ un nombre d’états limité à l’intérieur de l’UE. Le Parlement Européen doit voir ses prérogatives renforcées au détriment de la Commission, et l’exécutif européen doit être réellement issu du suffrage universel direct, et non d’une négociation entre chefs d’État.

     

    II.1.1.2. L’Europe doit être un acteur d’un monde équilibré

     

    Une Europe plus intégrée doit peser pour que les projets de résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU, composé de quinze membres, ne soient pas rejetés par l’un des cinq membres permanents (Chine, États-Unis d’Amérique, France, Royaume-Uni, Russie), qui disposent d’un droit de veto. Leur position est souvent inspirée par leurs intérêts propres et leur conception restrictive de certains droits fondamentaux, comme celui des peuples à disposer d’eux-mêmes. L’UDB se prononce pour l’augmentation du nombre des membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU etla suppression de leur droit de veto.

    II.1.1.3 L’Europe doit être un moteur de la relance

     

    a) L’UDB, parti attaché à la construction européenne, entend participer aux débats pour la relance de cet espace par la construction d’une véritable diplomatie commune,d’une défense européenne intégrée, et par la constitution d’un gouvernement européen réellement issu du vote des citoyens.

     

    b) L’Union Européenne doit jouer son rôle dans la relance économique par une politique de grands travaux axés sur le développement durable, en matière de transport de fret et de production d’énergie décentralisée.

     

    c) L’UE doit également jouer son rôle dans la protection de la production européenne, mais aussi en faveur de l’évolution positive des droits dans les pays dits émergents, par la mise en place de critères environnementaux et sociaux à l’entrée des produits dans l’UE (fiscalité finançant l’UE).

     

    II.1.2. Quelle alternative au capitalisme pour un développement soutenable ?

     

    a) Face à ce qui n’est pas un dysfonctionnement du capitalisme, mais est au contraire inscrit dans sa nature même, l’UDB rejette à la fois le laisser-faire et une politique de sauvetage des banques sans contreparties, qui ne fait qu’encourager la spéculation et l’irresponsabilité.

     

    b) Un nouveau pan de la démocratie est à construire, qui ne passe pas seulement par la représentation des syndicats mais par une association, impliquant une codécision, entre entreprises, puissance publique, associations de consommateurs et syndicats.

     

    II.1.3. L’autonomie régionale pour une société plus démocratique et plus solidaire

     

    a) La France a besoin d’une nouvelle révolution qui fera des régions l’échelon principal de l’exercice de la puissance publique. Dans le cadre de la construction de statuts différenciés pour les régions, l’UDB entend peser pour que la Bretagne obtienne un pouvoir législatif concernant plusieurs pans de la vie publique. Notammentdans l’enseignement et l’éducation, la culture, le développement économique, l’urbanisme, la transition énergétique, la politique de l’eau, la politique agricole et maritime.

     

    b) L’UDB défend une péréquation des moyens pour enrayer les phénomènes de concurrence entre territoires et de concentration des richesses et des activités.

     

    c) Pour l’UDB, les échelons suprarégionaux (État, Union Européenne, institutions internationales) devront se recentrer sur leurs missions régaliennes tout en poursuivant des objectifs de maintien de la paix, de promotion et de défense des droits humains fondamentaux, de coordination de la lutte contre le changement climatique, d’organisation d’un commerce international respectueux des équilibres écologiques, de la diversité des modes de vie et de la dignité des travailleurs.

     

    d) Ce nouveau cadre permettra une redéfinition de l’exercice de la citoyenneté, fondée sur la communauté de vie sur un territoire. L’UDB mènera sa propre réflexion sur ce sujet.

     

    e) Pour l’UDB, cette dévolution implique la réunification de la Bretagne et la création d’une Assemblée unique de Bretagne fusionnant le Conseil Régional et les cinq Conseils Départementaux. Un cadre régional ne correspondant pas aux réalités historiques et culturelles – en l’occurrence, au peuple breton – ne serait qu’une coquille vide.

     

    f) Concernant les collectivités infrarégionales, l’UDB souhaite mettre en concordance les territoires vécus et les institutions. Le département doit s’effacer et ses compétences sont à répartir entre la Région, les Pays et les intercommunalités dans un premier temps. Le suffrage universel direct sera mis en place pour les élections des intercommunalités. L’aide aux plus démunis, la qualitédes services publics et les emplois qui y sont liés devront être maintenus sur placeaprès les transferts de compétences.

     

    g) Comme le montre les dangersde la baisse uniforme des dotations de l’État aux collectivités locales, pour l’UDB, ces collectivités doivent retrouver leur autonomie financière dans le cadre d’une réforme juste et nécessaire de la fiscalité locale. Une première étape à envisager serait la transmission à la Bretagne de la fiscalité sur le patrimoine (ISF, successions…).

     

    II.1.4 : Recréer de la justice sociale face à l’impôt

     

    L’UDB, parti attaché à la justice sociale, prône une réforme globale de la fiscalité : renforcement de la fiscalité sur le patrimoine (mobilier et immobilier) et sur le revenu au détriment de la TVA, taxe injuste qui pèse davantage sur les plus modestes.

     

    II.1.5. Construire une économie soutenable pour « vivre et travailler au pays »

     

    La Bretagne est rattrapée par la crise et les difficultés de nombreuses entreprises ou filières économiques ne sont pas simplement conjoncturelles, mais structurelles. C’est l’ensemble du modèle économique qui est mis en cause.

     

    II.1.5.1. Vers l’autonomie énergétique

     

    a) Pour l’UDB, l’autonomie énergétique de la Bretagne est un objectif majeur. Elle seraune source d’emplois non délocalisables, et elle réduira le déficit du commerce extérieur, principalement dû aux importations énergétiques. Elle réduira les importations énergétiques et permettra également de moins dépendre des pays producteurs.

     

    b) L’UDB défend la sortie progressive et durable du nucléaire, et s’oppose à l’exploitation des gaz de schiste.tralisation de la gestion et de la distribution sont les trois orientations majeures à mettre en œuvre. Dans ce cadre, l’UDB défend le Plan Bâtiment Durable Breton, la mise en place d’une filière bretonne des énergies marines, de l’éolien offshore, des hydroliennes, la production locale de panneaux solaires… L’UDB continuera d’agir contre le projet de centrale électrique à gaz de Landivisiau, qui est contraire aux objectifs de maîtrise de la consommation d’énergie (projet qui ne se justifie, en fait, que par la rente financière qu’il représente, payée par l’ensemble des consommateurs d’électricité, au bénéfice de Direct Énergie - Siemens) et de la production d’énergie renouvelable.

     

    II.1.5.2. La nécessité d’un autre « modèle breton » agricole

     

    a) L’UDB continuera à agir pour un modèle agricole soutenable, moins dépendant des importations d’intrants, avec des agriculteurs plus nombreux et plus autonomes pouvant vivre dignement de leur travail. L’UDB ira à la rencontre des agriculteurs pour définir avec eux un projet de transition agricole.

     

    b) L’UDB agira via l’Alliance Libre Européenne (ALE) pour que la PAC (Politique Agricole Cmmune) actuellement en œuvre accompagne cette reconversion. Elle demande la régionalisation totale des aides PAC et leur plus juste répartition.

     

    c) L’eau étant une ressource indispensable à la vie, elle ne doit pas être considérée comme un bien marchand délégué à des sociétés privées. L’UDB défend une meilleure maîtrise de la gestion de l’eau par les pouvoirs publics et demande que la Région ait compétence pour la politique de l’eau. L’UDB continuera à agir pour une tarification sociale et écologique de l’eau via la mise en place d’une régie publique régionale de l’eau.

     

    II.1.5.3. Un urbanisme maîtrisé

     

    a) L’UDB agira pour limiter l’étalement urbain et l’artificialisation de l’espace qui consomment les terres agricoles. Les centres-villes et les centres-bourgs doivent retrouver leurs fonctions d’animation, notamment commerciales, culturelles et résidentielles.

     

    b) Les résidences secondaires participent augaspillage d’espace et contribuent au haut niveau des prix du logement, en particulier dans certaines zones littorales touristiques. La réflexion sur ce sujet est à poursuivre et à développer dans le cadre d’un travail sur le concept de « citoyenneté de résidence ». Des outils tels que la fiscalité différenciée, un schéma foncier régional, seront étudiés, avec comme objectif de limiter le gaspillage foncier.

     

    c) L’UDB s’inquiète de la tendance à un urbanisme et une architecture standardisés des villes et particulièrementles plus grandes. Ces villes qui s’uniformisent sont sous l'influence de grands opérateurs économiques. Pour l’UDB, un soutien à une architecture liée au territoire tout en étant tournée vers le futur est une nécessité pour lutter contre l’uniformisation. Par ailleurs, l’extension des centres commerciaux en périphérie des villesdoit être limité tant pour des problématiques d’étalement urbain que de maintien du commerce de proximité.

     

    II.1.5.4. Une politique de la mer ambitieuse

     

    a) Les ressources de la mer doivent être préservées, dans l’intérêt des pêcheurs eux-mêmes. Parallèlement, les tentatives d’instrumentalisation des enjeux environnementaux visant à exclure les pêcheurs des zones d’extraction potentielled’hydrocarbures doivent être combattues. Les pêcheurs doivent être systématiquement associés à la définitionet à la gestion des parcs éoliens en mer et au développement des énergies marines renouvelables en général. L’UDB ira à la rencontre des professionnels de la mer pour définir avec eux un plan de développement des activités maritimes en Bretagne. L’UDB soutient la pérennité des lignes maritimes et le développement des autoroutes de la mer.

    Par activités maritimes il convient d’entendre non seulement l’exploitation primaire de la ressource vivante, mais l’activité industrielle (chantiers navals et transformation) et le transport maritime (cabotage, transport de passagers, fret…)

     

    b) L’UDB agira en lien avec l’ALE pour une régionalisation des aides européennes et une cogestion durable des ressources associant aux pouvoirs publics les organisations professionnelles et les associations environnementales représentatives, avec l’appui des scientifiques. Stopper l’extension et la construction de nouveaux ports de plaisance à flot est une nécessité pour l’UDB. Cela suppose une meilleure gestion des équipements, ports à sec et à flot, qui doit dans le même temps permettre le développement de l’économie de la voile.

     

    c) La politique portuaire sera confiée à la Région, en liaison avec les EPCI concernés.

     

    d) L’UDB propose qu’un plan de développement du cabotage entre les principaux ports de Bretagne soit mis en place. Elle soutiendra les projets de cabotage, par exemple à la voile, qui représenteraient une opportunité d’écodéveloppement pour les ports intermédiaires de Bretagne.

     

    II.1.5.5. Politique de l’emploi

     

    a) Les industries bretonnes doivent être soutenues et, si nécessaire, réorientées, notamment l’ensemble de la filière automobile, particulièrement touchée par la crise. L’UDB proposera des pistes de diversification après discussions avec les organisations salariales et patronales.

     

    b) Les élus de l’UDB agiront pour qu’une part significative des marchés publics soit réservée aux PME locales et favoriseront le système coopératif en utilisant les outils existants.

     

    c) L’UDB propose de créer un service public régional de l’emploi-formation totalement géré par la Région. Les politiques de l’emploi et de la formation doivent être mieux coordonnées. La formation tout au long de la vie et l’apprentissage d’un métier doivent être encouragés.

     

    II.1.5.6. Transports

     

    a) Pour l’UDB, le train est le mode de déplacement à encourager pour les déplacements interrégionaux et infrarégionaux. Il doit à la fois arrimer la Bretagne aux autres régions et l’irriguer en totalité, avec une attention particulière pour le centre de la Bretagne, de Châteaubriant à Châteaulin. Il convient de garantir des tarifs attractifs, clairs et accessibles à tous. L’UDB publiera un schéma des transports en Bretagne.

     

    b) L’UDB propose de réduire le nombre d’aéroports en Bretagne et de rationaliser leur exploitation et leur gestion. L’UDB reste mobilisée pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un schéma aéroportuaire breton.

     

    c) Un pouvoir régional fort sera à même d’assurer des liaisons plus efficaces entre Nantes, Rennes, Brest et les villes moyennes qui assurent aux Bretons la plupart des services dans un rayon de 20 à 30 kilomètres. La réouverture de transversales ferroviaires nord-sud, pour le fret comme pour le transport des voyageurs, est indispensable à un rééquilibrage du territoire breton, comme la consolidation et la création de lignes de transport maritime.

     

    d) L’UDB souhaite que l’hypothèse d’une amélioration de l’axe Nantes-Rennes via Châteaubriant soit une priorité à court terme, dans la mesure où le projet de LGV entre Nantes et Rennes, via le projet Lignes Nouvelles Ouest Bretagne-Pays de la Loire (LNOBPL), ne pourra voir le jour qu’après 2030 selon la hiérarchisation des grands projets d’infrastructure de la commission Duron.

     

    II.1.5.7 – La nécessité d’une justice territoriale

     

    a) L’UDB affirme le rôle des services publics dans la cohésion du territoire et la réduction des inégalités. Des services publics de qualité peuvent être exercés au plan local ou régional.

     

    b) Aujourd’hui, le degré d’exclusion sociale se définit de plus en plus par la capacité des individus à se déplacer. La solution alternative à cette ségrégation spatiale repose sur la reconstitution de services de proximité : tribunaux, postes, gares, mais également médecins de campagne, écoles, hôpitaux, commerces, crèches… ainsi que sur le soutien à l’implantation d’activités économiques.

     

    c) Pour l’UDB, le développement urbain breton est une chance dans la mesure où il offre une autre option que l’émigration vers la région parisienne. Malheureusement, il se fait aujourd’hui de manière déséquilibrée, notamment du fait du centralisme français qui favorise les villes de Haut-Bretagne, mieux reliées à Paris.

     

    d) L’UDB réaffirme son opposition au projet de métropolisation basé sur une concurrence territoriale.

     

    II.1.6 – Agir pour la défense des langues de Bretagne

     

    a) L’UDB demande le transfert de compétences et de moyens du ministère de la Culture aux Régions et le transfert de la compétence « langues » du ministère de l’Éducation nationale à la Région Bretagne. L’UDB se prononce pour le renforcement des capacités de formation d’enseignants en langues régionales et pour l’offre d’enseignementbilingue breton/français généralisé.

     

    b) L’UDB constate que la majorité gouvernementale ne tient pas son engagement de ratifier la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. Ce refus démontre l’urgence de confier aux Régions des compétences et des moyens élargis dans le domaine de la politique linguistique et de l’éducation.

     

    L’UDB s’engage pour faire aboutirla coofficialité des langues bretonne et française. Malgré les efforts etquelques avancées (Diwan, Office de la langue bretonne…), on ne peut que constater que les politiques publiques marquent le pas, parce que d’une part elles sont presque exclusivement axées sur l’école, et que d’autre partle dispositif juridique actuel bannitcertains espaces d’expression. Au regard d’autres situations en Europe, il apparaît que le statut de coofficialité est le socle juridique de toute politique volontariste efficace. Le statut de coofficalité entend s’appuyer préalablement sur une révision constitutionnelle permettant aux langues de France de disposer detous les champs d’expression sur leur territoire au sein de la République française.

     

    c) L’UDB continuera à agir pour la création d’un service public de radio en breton et d’une chaîne publique bilingue de plein exercice à l’échelle de la Bretagne, faisant une place importante aux langues de Bretagne. Le gallo trouvera sa place dans un service public audiovisuel.

     

    d) L’UDB soutient les revendications des associations qui promeuvent la présence du breton dans l’espace public. Elle milite pour la systématisation de la signalétique bilingue.

     

    II.2. Stratégie électorale

     

    a) Dans un contexte où les idées défendues par l’UDB rencontrent un écho de plus en plus favorable dans la population, il est nécessaire de renforcer l’offre politique de gauche autonomiste lors des élections.

     

    b) Le BP est mandaté pour constituer un programme minimum devant servir de base à toute négociation en vue d’alliances ou de soutiens électoraux.

     

    c) Les alliances permettent d’obtenir certaines avancées. Cependant,force est deconstater qu’elles sont limitées et qu’aucun parti n’appliquera le programme de l’UDB. Dans l’état actuel de la situation politique, l’UDB se prépare à partir de façon autonome aux prochaines élections. Une convention permettra d’arrêter la stratégie définitive du parti en fonction du contexte.

     

    II.3 Réorganiser le parti

     

    a) Des problèmes de fonctionnement (communication, application des résolutions) entre la base du parti et le BP ont été régulièrement relevés. Le parti manque de responsables formés.

     

    b) Le congrès mandate le BP pour mener la réflexion et créer les conditions de l’évolution de son organisation en fédérations de pays, en étroite concertation avec les adhérents, sections et fédérations.

     

    c) L’UDB veillera à constituer un collège d’experts dans quelques domaines (à définir : économie, agriculture, agroalimentaire, pêche, construction automobile, construction navale, enseignement, recherche…) qui, au-delàde leur expertise,devront connaîtrela spécificité de la Bretagne. Ce collège aura pour mission d’éclairer le BP, le ou la porte-parole, et permettra de présenter auprès des médias (en quête d’analyse spécialisée) des référents UDB bien identifiés susceptibles de contribuer à l’ancrage médiatique et au crédit de l’UDB.

     

    d) Le Congrès mandate le bureau politique pour étudier une actualisation de la charte de l’UDB, non modifiée depuis l’an 2000.

     

  • CONGRÈS DE MÛR-DE-BRETAGNE (2012)

    I - SITUATION GÉNÉRALE

     

    Dans la partie situation générale, nous abordons les constats et analyses de la situation du monde sur les plans de la politique, de la démocratie, de l’économie, du social, de la culture, de l’environnement… et, à chaque fois, les questions qui nous sont posées et les enjeux qui en découlent. Notre grille d’analyse UDB nous permet de proposer une lecture critique et d’envisager les changements à revendiquer ou à mettre en œuvre tant pour les objectifs à atteindre que pour la méthode pour y parvenir.

     

    L’UDB est un parti politique breton, de gauche, écologiste et autonomiste, partisan du fédéralisme européen et de la solidarité internationale dont les fondements et les objectifs politiques sont définis par la charte de l’UDB adoptée le 29 avril 2000. Si la Bretagne est son territoire d’action principal, l’UDB inscrit sa réflexion à l’échelle de la planète, en tenant compte des profonds bouleversements intervenus ces dernières années en France, en Europe et dans le monde. La Bretagne est intégrée à ces espaces, elle ne peut ignorer ce qui s’y déroule.

     

    L’UDB prend acte de la mondialisation, mais pour l’UDB, le système de mondialisation néo-libérale est insoutenable et ses conséquences sont intolérables. Le monde a besoin d’une véritable révolution : révolution pour un modèle de développement durable, au service de la paix et de la solidarité entre les femmes et les hommes et respectueux des différences… « Penser global et agir local » ou « penser local et agir global », l’UDB n’oppose pas les deux sens de lecture !

     

    I.1. La planète monde est en « crise » : les effets dévastateurs du libéralisme financier

     

    Le monde est sous le joug d’un système économique mondialisé, le capitalisme, qui écrase les peuples et s'avère humainement, socialement et écologiquement dévastateur.

     

    I.1.1 - La mondialisation libérale « mondialise » la pauvreté

     

    a) La mondialisation néolibérale de la finance et de l’économie et, son corollaire, la course au profit, entraînent nombre de dégâts « collatéraux », humains, sociaux, écologiques, culturels… La libéralisation des échanges et du marché n’est pas synonyme de liberté, ni de prospérité pour la planète, contrairement à l’illusion savamment orchestrée et entretenue par les pays riches et nombre d’organisations internationales, par exemple l’OMC (Organisation mondiale du commerce).

     

    b) La division mondiale du travail se poursuit avec son cortège de déréglementations et délocalisations. Le libéralisme financier est prédominant dans la gouvernance des entreprises et est axé vers la recherche du profit à court terme. La toute-puissance des actionnaires et des dirigeants de grandes entreprises qui s’exerce parfois au détriment de toute logique de production de biens ou services, précarise les plus démunis, hommes ou régions, pour le profit d’une minorité dominante. La déréglementation, credo du néo-libéralisme, autorise tous les scandales.

     

    c)  Trois nouvelles puissances économiques émergent fortement : la république populaire de Chine, l’Union indienne et la république fédérale du Brésil. La croissance cumulée de ces trois ensembles aspire nombre de capitaux, d’entreprises manufacturières, de ressources naturelles. Leur croissance rapide sur le mode libéral génère, comme ailleurs, de grandes inégalités sociales et territoriales, de multiples problèmes environnementaux (aggravation de l’effet de serre et épuisement accéléré des ressources) et accentue l’instabilité politique.

     

    d) Cette mondialisation libérale accentue les inégalités, provoque des drames. Aujourd’hui encore, un milliard d’êtres humains souffrent de malnutrition ou de famine, dont 600 millions de paysans, non par impossibilité de produire, mais parce qu’ils sont étranglés économiquement, et que les surplus des pays riches contribuent à déstabiliser leurs fragiles économies.

     

    e) Les disparités Nord-Sud sont de plus en plus criantes. Le poids de la dette des pays en difficulté, leur dépendance structurelle vis-à-vis des pays riches obèrent leurs capacités à engendrer un développement autonome. L’immigration clandestine vers les pays riches est souvent la seule façon de survivre pour des millions de personnes qui fuient la misère ou les conflits. Cet exode entraîne des situations humaines dramatiques. Les pays riches se ferment, cela ne résout en rien les problèmes à l’origine de ces migrations. Parallèlement, la crise financière provoque un appauvrissement des populations les plus fragiles dans les pays dits riches. Elle favorise la résurgence des partis racistes, xénophobes et nationalistes.

     

    I.1.2. La planète Terre a des limites

     

    a) Ce système économique a favorisé le développement de comportements consuméristes et individualistes. Il se heurte aujourd’hui aux limites physiques de la planète et notamment à l’épuisement des ressources naturelles dont les énergies fossiles. Les écosystèmes sont considérablement perturbés par les évolutions radicales des activités humaines : saccage des forêts primaires et des cours d’eau, rejet dans l’atmosphère d’énormes quantités de gaz carbonique, appauvrissement des sols dû à la pollution chimique ou l’érosion de la biodiversité… De même, l’utilisation de la technologie à des fins commerciales plutôt qu’humanistes ou écologiques peut être critiquée.

     

    b) Le réchauffement climatique global n’est plus une hypothèse mais une réalité tangible qui se concrétise par une multiplication d’événements climatiques extrêmes. L’augmentation de la température et la montée des eaux ne peut qu’impacter plus fortement encore les pays les plus pauvres ; d’importantes migrations de populations sont à prévoir vers des territoires moins exposés et de vastes zones pourraient être perdues pour l’agriculture à l’instar de ce qui se passe au Bangladesh.

     

    c)  Le terrible drame de Fukushima a rappelé au monde entier la dangerosité du nucléaire et l’urgence de s’engager dans la voie de la sortie du nucléaire.

     

    d) Le réchauffement de la planète, la raréfaction des énergies fossiles, les multiples gaspillages des ressources et pollutions imposent d’autres choix de société. Le protocole de Kyoto, qui n’est pourtant qu’un pis-aller, n’est pas accepté ni mis en œuvre par les plus riches et les plus pollueurs. Si tous les habitants de la terre avaient le même niveau de vie qu’un  occidental (et pourquoi n’y auraient-ils pas droit ?) les ressources de la planète seraient insuffisantes.

     

    e) La croissance économique illimitée telle que nous la connaissons est clairement insoutenable, socialement et écologiquement, ce constat engage inévitablement la remise en cause de nos modes de vie et pas seulement de nos modes de consommation.

     

    I.1.3 - Un monde déchiré

     

    a) Les « révolutions de jasmin » dans le nord de l’Afrique ont ouvert des espérances de démocratie, qui restent à encourager et à consolider, notamment dans les domaines de l’égalité hommes-femme, de la laïcité et du respect des minorités. Si la Lybie a fait tomber son dictateur, la guerre et la répression embrasent la Syrie. La Communauté internationale encore une fois est impuissante à agir.

     

    b) Une dérive totalitaire du fait religieux prend de l’ampleur et affecte nombre de pays ou des démocraties encore fragiles. La montée de l’islamisme radical dans plusieurs pays du Proche et du Moyen-Orient menace la paix dans le monde. Il faut dénoncer avec force les dangers de cet islamisme (et ses méthodes terroristes), mais il faut aussi être conscient de l’attitude ambiguë des états occidentaux et notamment des Etats-Unis qui se sont accommodés, pour protéger leurs intérêts, de régimes réactionnaires, islamistes et dictatoriaux. De façon générale, les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux, au nom de leurs intérêts économiques, continuent à jouer les gendarmes du monde.

     

    c)  Les droits du peuple palestinien se heurtent toujours à la politique de colonisation de l’État d’Israël, soutenue par les USA, qui empêche l’application du droit international et renforce ainsi les extrémistes.

     

    d) Le refus des puissances nucléaires, dont la France, d’appliquer le traité sur le désarmement nucléaire (TNP) ne peut qu’encourager la course aux armes nucléaires comme en Iran et en Corée du Nord aggravant ainsi les menaces d’embrasement, tout comme le silence des puissances occidentales sur la possession de l’arme atomique par Israël,le Pakistan et l’Union indienne, non signataires du TNP. L’arme nucléaire n’est pas une arme de dissuasion des conflits armés. L’UDB milite résolument contre le nucléaire militaire, particulièrement présent en Bretagne.

     

    I.1.4 - Un monde qui souffre de l’absence de systèmes de régulation

     

    a) Le système actuel est aussi caractérisé par l’incapacité ou la résignation politique des tenants du pouvoir à organiser et à réglementer les systèmes financiers et économiques, quand ce n’est pas la remise en cause des tentatives d’organisation ou de régulation (cf. OMC). Vivre dans un monde stable suppose un partage des richesses plus équitable. Pour cela, il est nécessaire de rendre au Politique sa légitimité face aux lobbies, quels qu’ils soient. Les plus puissants aujourd’hui, ceux des milieux financiers, ont un pouvoir croissant et luttent contre toute régulation politique.

     

    b)  Face à l’ampleur des problèmes de notre planète, à l’horreur des guerres ou des famines, la Communauté internationale et les organisations internationales apparaissent déboussolées, impuissantes ou inopérantes.

     

    c)  Beaucoup d’états sont progressivement réduits à leurs seules fonctions régaliennes, les autres missions étant abandonnées au secteur privé, ce qui revient à restreindre leur champ d’action, tant social que géographique. Les moyens de la puissance publique sont alors détournés pour assurer le maintien du système capitaliste, présenté comme le seul système réaliste ; il est en réalité de plus en plus contesté. Car le capitalisme financier se coupe de plus en plus de l’économie réelle. Il engendre des effets pervers dont une pression grandissante sur les salariés qui passent après les actionnaires. Le capital a pris le pas sur le travail alors même que les salariés sont la première richesse des entreprises. La progression du chômage entretient cet état de fait car la peur du licenciement pousse les employés à accepter des conditions dégradées et à être moins réceptifs à l’action syndicale.

     

     

    d) Le mouvement des indignés n'a pas réussi à renouveler la donne politique et, malgré des tribunes médiatiques  importantes, est resté institutionnellement impuissant. Ces mouvements posent question sur l'engagement des citoyens dans les partis politiques et sur leur capacité à construire collectivement un projet de société cohérent.

     

    I.2. Une Europe des États qui répond mal aux enjeux contemporains

     

    a) Si les crises financières sont inséparables de l’histoire du capitalisme, la crise dite « des subprimes » a éclaté en 2007 aux États-Unis, dans un pays dont les structures financières étaient considérées comme solides. En affectant le système bancaire, la crise a ébranlé lourdement l’économie réelle et l'appareil industriel, étouffés par la raréfaction ou le coût du crédit, et, entraîné la disparition de nombreuses entreprises et la poussée du chômage. Depuis, la crise financière se poursuit et ses effets multiples impactent profondément la planète et l’ensemble des sociétés.

     

    b) En Europe, la crise financière n’en finit plus et menace l’unité européenne. De nombreux pays sont au bord de la faillite ou de l’asphyxie, comme la Grèce qui entre dans sa cinquième année de récession. Les conséquences sont de plus en plus lourdes pour les plus fragiles, individus, territoires ou pays. Plus grave, aucune trajectoire crédible de redressement n’apparaît. L’Union Européenne dans son mode d’organisation actuel démontre son incapacité à anticiper et à intervenir. Elle ne fonctionne pas de façon fédérale, mais sur la base de négociations entre Etats. Ceux-ci étant d’abord préoccupés par leurs propres intérêts, les égoïsmes « nationaux » prennent souvent le dessus sur les intérêts plus généraux. Le Parlement européen, seule institution élue au suffrage universel direct, est celle qui, en dépit du traité de Lisbonne, dispose du moins de pouvoir. La Commission Européenne, dont les membres sont nommés par les Etats, et, encore plus, le Conseil de l’Union Européenne, appelé « Conseil des ministres », prennent souvent des décisions plus réactionnaires que les votes du Parlement. Alors qu’une grande partie du droit est aujourd’hui issue de l’Union Européenne, celle-ci ne parvient toujours pas à constituer une structure politique cohérente. La question d’une organisation nouvelle de l’Europe est clairement posée. L’UDB porte, depuis de nombreuses années l’idée d’une véritable Europe Fédérale.

     

    c)  La politique libérale menée par le Président de la Commission Européenne au nom des gouvernements des états, avec l’approbation d’une majorité de députés européens menace certains des acquis sociaux et démocratiques. Ainsi, le pacte de rigueur imposé aux états membres par l’Union Européenne pour éviter une chute de l’euro est une preuve supplémentaire que le système capitaliste est incapable de s’autoréguler.

    Le refus, jusqu'à ce jour, de mutualiser les dettes des Etats est révélateur de l’idéologie de la majorité des gouvernements des 27 pays de l’Union européenne. On préfère des émeutes réprimées en Grèce à une remise à plat du diktat financier mondial. Dans ces conditions, la société apparaît de plus en plus divisée en deux catégories : ceux qui possèdent et ceux qui subissent.

     

    d) Comme pour se donner bonne conscience, les états européens continuent d’organiser colloques et sommets internationaux sur les bouleversements climatiques et leurs conséquences tout en refusant de faire les choix politiques nécessaires. L’échec du sommet de Copenhague, en décembre 2009,  et plus récemment celui de Rio II, en juin 2012,  en sont la preuve.

     

    Même si son action reste insuffisante au regard des enjeux du dérèglement climatique pour l’humanité, il faut relever que l’Europe est la seule région du monde qui s’avère en mesure de respecter les engagements de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre qu’elle avait pris à Kyoto en 1997 (baisse de 20% entre 1990 et 2020). En effet, le bilan carbone de l’Union européenne est en diminution de 17% depuis 1990. Les autres grands Etats industrialisés, à commencer par les Etats-Unis, ne contribuent pas à l’effort, ce qui n’incite pas les grands Etats émergents à entrer dans un cercle vertueux. De ce fait, l’Europe est légitime à faire valoir ses efforts et à protéger son économie et ses emplois en décidant d’une taxe carbone à l’entrée sur son marché intérieur.

     

    I.3. En France, sous Sarkozy, les inégalités entre individus et entre territoires se sont aggravées.

     

    I.3.1. L’ère Sarkozy : une stratégie libérale dogmatique

     

    a) Sous le « règne » de Nicolas Sarkozy de 2007 à mai 2012, la précarisation n’a cessé d’augmenter dans tous les domaines. Des mesures législatives favorables aux plus fortunés ont vu le jour comme le bouclier fiscal, accentuant les effets de la politique mise en œuvre depuis 2002 par les gouvernements de droite.

     

    b) Les « crises » répétées ont été autant d’occasions de faire passer des réformes antisociales comme celle des retraites. Alors que les libéraux promettaient du travail pour tous, le chômage n’a cessé de progresser et les conditions de travail se sont souvent dégradées, la précarité (petits boulots, intérim subi…) s'est développée et de nombreux droits sociaux ont été remis en cause. Les mobilisations sociales ont peiné à contrecarrer les plans sociaux ou gouvernementaux.

     

    c)  La réforme des collectivités lancée par Nicolas Sarkozy en décembre 2010 a aggravé la fracture sociale et territoriale. La déjà faible autonomie fiscale des collectivités a été quasiment annihilée. En guise de simplification, un échelon supplémentaire est envisagé, le statut de « métropole » proposé aux plus grandes agglomérations françaises. Cette réforme est l’aboutissement d’une politique de « pôles » qui s’est concrétisée par des concentrations territoriales, avec la fermeture de bureaux de poste, de tribunaux, mais également d’hôpitaux de proximité. Les services publics n’étant plus jugés « rentables », ils ont été supprimés. En termes d’aménagement du territoire, les déséquilibres territoriaux se sont accentués, et les régions les plus riches se sont renforcées du fait de politiques publiques aberrantes organisées suivant des logiques d’appel d’offres. Paradoxalement, alors que plusieurs sondages montrent la confiance des habitants dans les collectivités territoriales, la recentralisation s’est mise en œuvre.

     

    d) La montée en puissance des politiques sécuritaires s’est traduite par un retour en arrière dans le champ des libertés individuelles : les centres de rétention continuent d’accueillir des personnes sans-papiers destinées à être expulsées. Le développement du fichage généralisé, de la vidéosurveillance dans l’espace public et de la biométrie représentent également une porte ouverte aux dérives autoritaires. L’idéologie sécuritaire atteint aujourd’hui des sommets et la logique de répression occulte l’importance de la prévention. L’indépendance de la justice a besoin d’être réaffirmée.

     

    I.3.2. En Bretagne

     

    I.3.2.1 L’identité bretonne en quête d’une vraie reconnaissance

     

    a) Malgré les promesses répétées de législation dans le domaine des langues minoritaires (ratification de la Charte européenne…), celles-ci ne disposent toujours d’aucun cadre légal. Les langues minoritaires pâtissent du jacobinisme toujours omniprésent en France. Les droits culturels individuels et collectifs ne sont pas respectés et les discriminations sont encore fréquentes.

     

    b) L’enseignement des langues régionales ne bénéficie toujours pas des moyens de survie. Les langues de Bretagne font partie des langues en grand danger de disparition, selon la définition de l'UNESCO. Dans les médias et la vie publique, la place du breton et du gallo reste marginale.

     

    c) La voie de la réunification de la Bretagne, malgré les discours, les manifestations, les vœux, l’amendement De Rugy-Le Fur… n’est pas à ce jour concrètement prise en considération.

     

    I.3.2.2 Les déséquilibres territoriaux menacent la cohésion bretonne

     

    a) Le déséquilibre Ouest-Est s’accentue, la désertification du Centre-Bretagne continue. Rennes et Nantes mènent des stratégies urbaines individuelles et concentrent de fait la matière grise et les services bretons. La métropolisation imaginée par Nicolas Sarkozy fait rêver les élus locaux de nos deux capitales, mais, inquiète le reste des Bretons.

     

    b) L’UDB a continué à marquer son opposition au statut de « métropole » applicable aux agglomérations d’au moins 450 000 habitants. L’UDB rappelle l’importance du polycentrisme breton, du rôle des pays (territoires de vie) et du maillage des villes moyennes. L’UDB a aussi soutenu le développement ferroviaire pour irriguer l’ensemble des 5 départements bretons tout en  reliant la Bretagne aux autres régions européennes.

     

    c) Malgré une prise de conscience, l’étalement urbain s'est poursuivi. La mixité sociale est battue en brèche.  Les moins aisés sont trop souvent rejetés loin des zones côtières et des centres ville, les distances domicile/travail s'allongent et mettent à mal la vie sociale. La question du logement reste un enjeu majeur dans le secteur de la construction et de la réhabilitation.

     

    d)  La consommation effrénée des terres agricoles et forestières tant pour la réalisation de logements que de zones économiques est un véritable problème en Bretagne. Il convient rapidement d’y mettre fin et de repenser les modes d’urbanisation.

     

    I.3.2.3. Une transition énergétique à construire

     

    a) La question de la transition énergétique est un combat majeur de l’UDB, comme le prouve la publication du « nouveau plan alter breton » qui vise à l’autonomie énergétique de la Bretagne.

     

    b)  Pour l’UDB, économies d’énergie, développement des énergies renouvelables, décentralisation de la gestion et de la distribution, sont trois orientations fortes à mettre en œuvre. Dans ce cadre, l’UDB soutient un grand plan de rénovation thermique des logements, fortement consommateurs d’électricité, et l’ancrage d’une filière bretonne des énergies marines (éolien offshore, hydroliennes…), ainsi que le développement des autres formes d’énergie renouvelable (solaire, biomasse...). Le stockage de l’électricité (batteries, STEP = stations de transfert d’énergie par pompage) est un enjeu énergétique et économique majeur sur lequel la Bretagne doit fortement se positionner.

     

    c)  L’UDB continue de marquer son opposition au projet de centrale électrique à Gaz de Landivisiau, néfaste à l’environnement, et aux activités agricoles.

     

    I.3.2.4. La crise économique rattrape la Bretagne

     

    a) Alors que jusque-là, les impacts semblaient moindres, en témoigne un taux chômage breton inférieur à la moyenne française, la Bretagne est depuis plusieurs mois rattrapée par la crise. De nombreuses entreprises connaissent de grandes difficultés ou annoncent des plans sociaux : le groupe Doux, PSA à Rennes, Alcatel dans le Trégor…  Souvent, les difficultés ne sont pas simplement conjoncturelles, mais structurelles. C’est l’ensemble du modèle économique qui est remis en question.

     

    b) Comme partout, le chômage progresse fortement, les jeunes et les travailleurs en fin de carrière sont les plus touchés et, de façon générale, les moins formés connaissent une précarité plus grande. Des milliers de jeunes Bretons, majoritairement les plus qualifiés, continuent de s’expatrier.

     

    c)  L’agriculture, un des piliers de l’économie bretonne, connaît des crises à répétition qui se traduisent par toujours plus de concentration des productions et moins d’agriculteurs. Rappelons que la Bretagne, première région agricole de France pour les volumes de production, est avant-dernière pour la production de valeur ajoutée par actif agricole, et est également en queue de peloton pour le revenu agricole. Phénomène nouveau, l’industrie agroalimentaire a perdu des emplois. Les problèmes environnementaux qui découlent de l’agriculture intensive demeurent, la prolifération des algues vertes est un élément visible, alors que par exemple, le problème des répercussions de l’utilisation massive des pesticides est devant nous.

     

    d) Pendant que tout milite pour une métamorphose du « modèle » agricole breton, le lobby agroalimentaire, accompagné par les politiques de droite mais aussi, dans une moindre mesure, de gauche, poursuit sa logique de développement : concentrer pour produire plus. Le projet de maternité porcine industrielle à Trébrivan est un bon exemple de l’hypocrisie de l’Etat qui, jugé responsable de la pollution aux nitrates tant par la justice française qu'européenne, persiste à soutenir un modèle agricole périmé.

     

    e) Depuis des années, l’UDB milite pour un autre modèle agricole, lié au territoire, plus soutenable, plus économe. Un modèle qui partage le travail, répartit la production et permet l’installation de jeunes agriculteurs, socialement plus juste et qui dégage un vrai revenu pour les premiers acteurs que sont les agriculteurs. Cela a été le sens du vote (abstention) des élus régionaux de l’UDB, lors du débat en juin 2011 au Conseil Régional de Bretagne sur la NAA, nouvelle alliance agricole.

     

    f)   Ces crises ont conduit l’Etat et les collectivités, en particulier la Région administrative de Bretagne, à engager un plan d’aides qui s’est traduit par des subventions exceptionnelles. Cependant, la crise économique n’a pas fait place à ce jour à un débat de société sur l’économie dont la Bretagne a besoin. Le Conseil Régional de Bretagne a lancé, en juin 2012, une réflexion intitulée « Bretagne 2030 ». L’UDB a réaffirmée sa disponibilité pour y participer en rappelant la nécessité d’un schéma global de développement soutenable pour la Bretagne réunifiée.

     

    I.4. Printemps 2012, la gauche gagne les élections

     

    Le texte du Congrès de l’UDB de 2010 notait : « 2012 sera l'année de l'élection présidentielle puis des élections législatives. En 2012, battre Sarkozy et l'UMP sera un objectif en soi pour l'UDB, tant la politique mise en œuvre depuis 2007 s'est traduite par une aggravation délibérée des inégalités sociales, déjà favorisées par les mesures fiscales des gouvernements Raffarin et De Villepin. Pour autant, battre la droite et la battre durablement implique de proposer et de faire partager par une majorité de citoyens français un véritable projet de société qui crée un espoir de changement et emporte les convictions. »

     

    L’action politique de l’UDB a été conforme aux décisions de son Congrès, l’UDB a apporté son soutien au 1er tour de la présidentielles à Eva Joly, candidate présentée par EELV et au second tour à François Hollande candidat du rassemblement à gauche.

     

    I.4.1. L’élection présidentielle : le 6 mai, victoire de François Hollande

     

    a) Au 1er tour comme au second tour, la Bretagne à 5 départements confirme son ancrage à gauche, avec un vote marqué en faveur du PS… mais aussi son rejet d’une idéologie droitière, du rejet de l’autre.

     

    b) Jean-Luc Mélenchon sous l’étiquette du Front de gauche réussit une bonne campagne médiatique et fait un bon score. Les partis d’extrême gauche sont par contre marginalisés.

     

    c)  Au centre le Modem ne décolle pas et à droite la campagne de Nicolas Sarkozy et de l’UMP montre une radicalisation du discours qui épouse parfois les thèses du FN. La montée du vote FN et de Marine Le Pen est plus inquiétante, y compris en Bretagne.

     

    d) La campagne présidentielle d’EELV n’a pas été à la hauteur des enjeux. Les divisions politiques au sein de ce parti n’ont pas facilité la tâche de la candidate. Le score de 2,31 % d’Eva Joly, 3,01 % en Bretagne, ne peut pas être interprété comme la mesure du poids réel du vote écologiste.

     

    e) Au second tour, l’UDB s’est engagée de façon volontariste en faveur de François Hollande, candidat du rassemblement à gauche et a salué sa victoire le 6 mai.

     

    I.4.2. Les élections législatives, la gauche largement gagnante

     

    I.4.2.1. En Bretagne, élection historique de Paul Molac, député apparenté UDB

     

    a) L’UDB a fait le choix, lors de sa convention à l’automne 2011, de présenter un nombre limité de candidats du fait de la particularité et de la difficulté de l’élection législative. L’inversion du calendrier (Présidentielle avant les législatives), renforce la présidentialisation du système et accentue la tendance à la bipolarisation. De ce fait, l’élection législative est perçue comme le troisième tour de la Présidentielle. Il s’agit de donner une majorité au président de la république élu quelques semaines plus tôt. Compte tenu de ces éléments, l’UDB a présenté ou investi 10 candidats sur les 5 départements bretons dans le cadre d’un accord global entre EELV et notre fédération R&PS, en lien avec l’accord PS-EELV.

     

    b) En Bretagne, les discussions-négociations ont été difficiles entre l’UDB et EELV. Néanmoins, la déclinaison bretonne de cet accord a permis l’attribution de la circonscription de Ploërmel à un candidat investi par l’UDB. Paul Molac, présenté par l’UDB, en tête au 1er tour, a brillamment gagné le second tour. Cette victoire est évidemment liée à sa capacité de rassemblement mais également au soutien de nombreux élus socialistes et militants de la circonscription de Ploërmel et de la Région. Pour la première fois de son histoire, l’UDB a un représentant à l’Assemblée nationale.

     

    c)  Dans les autres circonscriptions, l’UDB réalise des scores compris entre 1 % et 6 %. De façon générale, les campagnes électorales des candidats UDB ont été dynamiques et remarquées. Pour autant, la sympathie exprimée envers les candidats UDB ou leurs idées, ne se traduit pas ou peu dans les urnes. Le vote utile a été très prégnant et le « donner une majorité au changement » a été déterminant.

     

    I.4.2.2. La Bretagne à gauche toute

     

    a) Au bilan, la gauche et essentiellement le PS, renforce sa position en Bretagne. La droite perd plusieurs de ses bastions historiques. Sur les 37 circonscriptions de Bretagne, 29 députés sont PS ou apparentés, 6 sont de droite, 1 député est d’EELV (François de Rugy à Nantes) et 1 député est apparenté UDB. La Bretagne poursuit donc depuis les années 1970 une évolution politique en profondeur vers la gauche.

     

    b) EELV ne réussit pas de percée significative, malgré des scores honorables, entre 6 % et 10 %, dans les villes de Rennes et de Nantes. Le Front de gauche, reste largement en deçà du score de l’élection présidentielle de Mélenchon. Les partis dits d’extrême gauche réalisent des scores faibles.

     

     

    I.4.3. En France, le PS dispose de la quasi-totalité des leviers

     

    a) Le PS dispose aujourd’hui de tous les pouvoirs politiques. Présidence de la république, gouvernement, Assemblée nationale, Sénat, sans oublier la majorité des Régions, des départements et des grandes villes. Il détient donc une immense responsabilité face aux attentes de ceux qui l’ont porté au pouvoir.

     

    b) Chacun mesure à quel point son échec, qui serait l’échec de la gauche revenue au pouvoir après tant d’années d’opposition, serait catastrophique. Dans un contexte de crise économique et sociale majeure, réussir le changement est une nécessité. Il faut également redonner confiance dans « le politique ». Echouer serait ouvrir la porte aux pires aventures populistes, car même en Bretagne, le FN progresse dans les quartiers populaires comme dans les campagnes déshéritées.

     

    I.4.4. Le positionnement politique de l’UDB

     

    a) L’UDB a agi à l’occasion des élections et sur le terrain du militantisme, en affirmant ses valeurs de parti de gauche, autonomiste et écologiste.

     

    b) Depuis des années, l’UDB et les Verts puis EELV ont développé des convergences politiques et noué des alliances électorales. Lors des régionales de 2010, en Bretagne administrative, l’alliance EELV – UDB s’est maintenue au second tour devant le refus de la liste conduite par Jean-Yves Le Drian de prendre en compte une juste répartition des postes et responsabilités. Au second tour, la liste Europe Ecologie Bretagne obtenait 11 élus, dont 4 pour l’UDB qui créait un groupe autonome ; l’UDB comme EELV se retrouvaient dans une opposition constructive.

     

    c)  La victoire de la gauche à la présidentielle et aux législatives a modifié profondément la donne. La Bretagne a pris du poids politique, des élus bretons ont des responsabilités, le Maire de Nantes est 1er Ministre et d'autres ministres bretons occupent des postes importants dont celui en charge de l’acte III de la décentralisation.

     

    d) Le groupe des élus régionaux UDB avait voté le budget régional en février 2012, du fait de la prise en compte de plusieurs de ses propositions tout en actant ses divergences sur la politique agricole, la centrale à gaz…. En juillet 2012, l’UDB a rejoint la majorité du Conseil régional de Bretagne administrative et fait son entrée dans l’exécutif. Pour l’UDB, sans gommer les divergences, il s’agit de participer au changement et de faire valoir les intérêts bretons. La mise en place d’un groupe de travail au sein du Conseil régional, co-animé par l’UDB, force de proposition en vue de l’acte III de la décentralisation est un élément important. C’est maintenant qu’il faut créer un rapport de force entre Jacobins et Décentralisateurs pour que la Bretagne soit une Région expérimentale et qu’enfin s’ouvrent les portes de la réunification.

     

    e)  Le refus de l’UDB de se « fondre » dans le mouvement EELV, lors de sa création en lieu et place des Verts, n’a pas toujours été compris ou admis, alors que l’UDB a toujours affirmé son autonomie politique et la nécessité de la garder… ainsi que de penser la politique à partir de la base et des régions.

     

    I.4.5. R&PS et l’ALE, les prolongements de l’UDB au niveau hexagonal et européen

     

    a) Régions et Peuples Solidaires (R&PS) est une fédération de partis politiques, régionalistes et autonomistes dont l’UDB est membre fondateur. R&PS est notre représentation hexagonale, son rôle a été déterminant dans les négociations avec EELV pour les élections législatives et la nomination de Paul Molac comme candidat du rassemblement à gauche sur Ploërmel. R&PS manque encore de visibilité politique et médiatique.

     

    b) L’Alliance Libre Européenne (ALE) agit pour la promotion d’une autre Europe. L’UDB est membre de l’ALE, fédération de partis politiques pro-européens, autonomistes ou indépendantistes qui promeuvent la diversité culturelle et une Europe des peuples. L’ALE agit selon le principe de subsidiarité et selon le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, principe international reconnu par les Etats européens, mais rarement appliqué. Elle est également un des opposants à la conception libérale prônée par la Commission Européenne. Les Verts et l’ALE (7 députés européens) forment un groupe parlementaire au du Parlement européen. François Alfonsi, député européen de Corse, y représente R&PS et porte nos combats à l’échelle européenne

     

    II – ORIENTATIONS

    Si créer un parti autonomiste de gauche en 1964 relevait d’une utopie, reconnaissons que nombre d’idées portées par l’UDB depuis des années sont aujourd’hui au cœur des questionnements politiques et sociaux.   Evidemment, cela n’est pas suffisant, l’UDB doit gagner la confiance du Peuple breton y compris sur le plan électoral. C’est tout l’enjeu du projet de l’UDB pour la Bretagne et de notre capacité collective à le promouvoir auprès des Bretonnes et des Bretons.

     

    Le congrès de Mur-de-Bretagne se déroule quelques mois après l’élection de François Hollande à la Présidence de la République. L’UDB a contribué à cette victoire en choisissant de soutenir clairement le candidat du rassemblement à gauche au second tour. L’UDB a évidemment toutes les raisons de se réjouir de la défaite de Nicolas Sarkozy.

    L’arrivée de la gauche au pouvoir se fait dans un contexte de crises multiples qui génèrent des effets sociaux, économiques et écologiques d

    ramatiques. Les réponses ne peuvent pas être que conjoncturelles, la gauche doit engager des réformes structurelles, de fond et de long terme. Ne pas prendre cela en compte serait une erreur et un reniement des valeurs de gauche. Sachant que la gauche n’a pas ou n’aura pas d’excuse ou d’échappatoire possible (et en particulier de Parti socialiste), car elle détient la quasi-totalité des leviers politiques et institutionnels, et donc le pouvoir de de réaliser des changements.

     

    L’arrivée de la gauche au pouvoir ouvre également des perspectives pour les idées défendues par l’UDB et  son projet pour la Bretagne. Chacun est conscient de l’importance de l’Acte 3 de la décentralisation annoncé par François Hollande. Son contenu sera précisé dans les mois qui viennent, avec un objectif de vote au parlement en février 2013. Cet enjeu appelle évidemment une forte mobilisation de l’UDB.

     

    II.1. Orientations politiques et programmatiques

     

    a) L’UDB, défend des valeurs de paix, de solidarité, de liberté, de diversité et d'épanouissement des femmes et des hommes. Il œuvre pour l’autonomie de la Bretagne au service du peuple breton.

     

    b) Le « modèle économique breton » qui a permis à la Bretagne de rattraper son retard économique à partir des années 1960 est arrivé en bout de course. Il n'est plus viable parce que les déconcentrations industrielles décrétées par l'Etat (automobile, électronique…) ne sont plus d'actualité ou parce que les atouts de compétitivité dont disposaient la Bretagne dans l'ensemble européen (agro-alimentaire…) ne résistent pas à la concurrence tant en Europe que sur les marchés internationaux.

     

    c)  La solution aux problèmes de la Bretagne viendra de ses propres forces (le haut niveau de formation de sa population, sa cohésion sociale liée à son identité collective, son patrimoine naturel et culturel…), des possibilités et de l’utilisation des nouveaux outils comme le droit à l’expérimentation que le nouvel acte de décentralisation lui donnera.

     

    d) Plus que jamais l'autonomie politique, c'est-à-dire le pouvoir de décider et de gérer localement, et la volonté d’être responsable de son avenir, est la voie pour la Bretagne. Pour l’UDB, l’autonomie politique est la condition pour faire de la Bretagne un laboratoire du développement soutenable et solidaire. C’est au regard de ces éléments que les priorités programmatiques qui suivent sont envisagées.

     

    II.1.1. En France : l’autonomie régionale, levier pour une société plus démocratique et plus solidaire

     

    a) La démocratie française est mal en point. La situation sociale et économique de la France est dégradée et très inquiétante. Le système de gouvernance de la Ve république n’est pas en phase avec l’exigence citoyenne de démocratie participative et il montre depuis des décennies son incapacité à réduire les multiples fractures de notre société. Le centralisme étouffe les initiatives citoyennes et celle des territoires. L’imbroglio institutionnel n’est pas lisible par le citoyen et est source d’incohérence des politiques publiques.

     

    b) Pour l’UDB, un nouveau pacte démocratique et républicain est une urgence pour que les citoyens retrouvent confiance en leurs institutions. Pour répondre aux enjeux du 21e siècle, l'UDB préconise une VIe république parlementaire, fédérale et solidaire, transition vers une Europe des peuples et des régions.

     

    c)  Cette VIe République permettra à l’Etat de se recentrer sur les politiques régaliennes et d’œuvrer véritablement sur ses responsabilités : l’égalité citoyenne, les droits sociaux et la protection sociale, les libertés individuelles et collectives, l’indépendance de la justice et son égal accès, les grands projets et une politique d’aménagement équitable des territoires via un système de péréquation, la construction européenne, la paix…

     

    d) Cette VIe République dévoluera aux Régions les responsabilités et l’autonomie politique ainsi que les leviers fiscaux et moyens financiers dont elles ont besoin pour mener à bien leurs politiques.

     

    e) Pour l’UDB, cette VIe république se conçoit à partir de quatre orientations fondamentales :

     

    1 - Un système parlementaire pour en finir avec l’hyper présidentialisation. Le pouvoir doit être mieux partagé entre l’exécutif et le législatif tout en garantissant l’existence et la vitalité des contre-pouvoirs. Pour une démocratie vivante, il faut garantir l’indépendance de la justice, la liberté de la presse et la laïcité. Par ailleurs, des évolutions démocratiques sont nécessaires : instituer une dose de proportionnelle aux élections, garantir la parité homme-femme, donner le droit de vote aux étrangers extracommunautaires aux élections locales et régionales, limiter le cumul des mandats (en nombre et en durée), redéfinir le statut de l’élu, organiser la transparence de la vie politique et des financements publics, garantir les moyens et l’indépendance des systèmes de contrôle et d’évaluation (Cour des comptes, Chambres régionales des comptes)…

     

    2 - Un système fédéral basé sur un territoire pivot : la Région. Les Régions auront des compétences élargies et seront dotées d’une réelle autonomie politique et fiscale. Elles seront responsables et « chefs de file » sur leurs compétences pour une plus grande efficience de l’action publique.  Elles pourront légiférer sur leurs compétences afin de mieux adapter certaines lois aux besoins ou exigences des spécificités de leur territoire.

     

    Pour l’UDB, cela suppose la réunification de la Bretagne, car l’autonomie régionale va de pair avec une exigence de fédéralisme différencié en France qui doit reconnaître les régions historiques et les langues régionales. Le fédéralisme différencié suggère aussi l’idée, suivant le modèle espagnol ou canadien, que chaque région peut avoir un statut et des compétences différents. Cela peut aussi passer par un droit à l’expérimentation variable en fonction des Régions. Ce système fédéral conduit également à une transformation du Sénat en une Assemblée des Régions.

     

    Concernant les collectivités infrarégionales, il convient de mettre en concordance les territoires vécus et les institutions. Le couple commune-intercommunalité doit être conforté et le pays doit rester le lieu de la concertation et du projet de territoire. Le département doit s’effacer et ses compétences être doivent être réparties entre la Région et les intercommunalités. Pour l’UDB la Région, territoire et institution pivot, ne doit pas se traduire par centralisme régional. Des instances de concertation et de mutualisation (type B16, en Bretagne administrative qui associe la Région, les Conseils généraux et les grandes agglomérations) sont essentielles pour la convergence et la complémentarité des politiques publiques.

     

    3 - Une réforme fiscale pour définir et garantir les modes de financement et les ressources fiscales des collectivités locales, car les moyens des collectivités doivent être en phase avec leurs pouvoirs et compétences et leur donner une capacité d’initiative réelle y compris dans la durée.

     

    4 - Un système de péréquation-redistribution (fiscal et financier) pour corriger les toujours plus grandes inégalités entre les territoires et donc entre les citoyens, car justice territoriale et justice sociale sont indissociables.

     

    f)    Pour l’UDB, l’enjeu démocratique oblige à traduire ces principes dans la constitution car une démocratie ne peut pas rester dans l’entre-deux. Les règles de fonctionnement du système démocratique ne peuvent être soumises au bon vouloir de ceux qui gagnent les élections car la construction et la mise en œuvre de nouvelles politiques demandent de la stabilité institutionnelle et l’efficacité du long terme.

     

    g) L’UDB agira pour que ses propositions soient prises en compte dans le projet d’acte 3 de la décentralisation engagé par le gouvernement.

     

    II.1.2. Un système éducatif qui permet à chaque jeune de trouver sa place

     

    a) L’école et plus globalement la formation sont des priorités absolues car elles permettent l’épanouissement personnel et donnent des clefs de compréhension d’un monde de plus en plus complexe. En d'autres termes, l'UDB milite pour que l’on forme des citoyens autonomes, en capacité de faire leurs choix par eux-mêmes dans la diversité.

     

    b) Pour l'UDB, c'est l'ensemble du système éducatif qu'il faut revaloriser tant du point de vue des élèves que de celui des enseignants. La formation des enseignants est à remettre à plat au profit d'établissements publics de formation et d’une réelle formation pédagogique pour les futurs enseignants.

     

    c)  L’UDB affirme son exigence de gratuité du système éducatif de la maternelle à l’université.

     

    d) L’école primaire est une priorité et la scolarisation des enfants de moins de 3 ans doit être possible pour les parents qui le souhaitent. Les passerelles entre cursus doivent être encouragées, l’orientation des élèves ne doit pas être trop précoce et considérée comme définitive. Le travail manuel doit être revalorisé.

     

    e) L’UDB agira pour un schéma breton de l’enseignement supérieur équilibré sur l’ensemble de la Bretagne. Il faut préserver la proximité géographique des formations post-bac car elle favorise l’accès des familles modestes aux études supérieures. Elle n’est pas contradictoire avec des pôles d’excellence. La complémentarité et la coopération, le travail en réseau, des universités et des grandes écoles des 5 départements bretons seront vivement encouragées dans le cadre de l’Université européenne de Bretagne.

     

    f)    Dans le cadre de l’acte 3 de la décentralisation, l’UDB demande que la Région exerce, au titre du droit à l’expérimentation, une compétence de plein exercice sur l’enseignement bilingue. L'UDB exige la généralisation de l'offre d’enseignement du breton. La formation des enseignants bilingues doit faire l’objet d’un véritable plan d’action. L’UDB demande la mise en œuvre d’un programme de développement du bilinguisme organisé à l’échelle de chaque agglomération ou Communauté de communes. Partout en Bretagne, l’accès de proximité à une filière bilingue en langue régionale de la maternelle au Bac doit être possible. Concernant les programmes scolaires, l'UDB milite pour que l’ensemble des élèves et des apprentis de Bretagne dispose d’un enseignement de l’histoire et la civilisation bretonnes.

     

    g)   L'UDB affirme son engagement contre toutes les discriminations et pour une éducation à la différence. L'enseignement de la théorie du genre est l'un des leviers pour reconnaître la diversité, les identités plurielles, comme source de richesse pour tous.

     

    II.1.3. Crise financière, crise économique, crise sociale, crise écologique : la transition vers le développement soutenable est incontournable, pour l’UDB il ne peut être que solidaire.

     

    Aujourd’hui, la mondialisation libérale épuise la planète et la finance dirige le monde. Face à ce qui n’est pas un dysfonctionnement du capitalisme mais est au contraire inscrit dans sa nature même, l’UDB refuse à la fois l’autorégulation et le laisser faire qui ne sont que le masque de l’inaction et une politique de sauvetage des banques sans contreparties qui ne fait qu’encourager la spéculation et l’irresponsabilité. Elle prône une véritable mutation en profondeur de notre système économique pour en finir avec les dérives de l’ultralibéralisme et mettre en œuvre une transition vers une économie véritablement soutenable et solidaire.

     

    Pour l’UDB, la « démocratie économique » est à construire. Elle implique d’affirmer le rôle du politique dans la sphère économique, mais aussi celui des salariés, par exemple par leur représentation dans les Conseils d’Administration des entreprises avec pouvoir de décision. Les salariés seront représentés dans toutes les entreprises de moins de dix salariés, les plus nombreuses en Bretagne, via les commissions paritaires des branches professionnelles.

     

     II.1.3.1. Les régions acteurs du développement local et de la relocalisation économique

     

    a) Les régions sont les espaces les plus pertinents pour mettre en œuvre des politiques de transition aux crises de notre société. La puissance publique régionale a un rôle essentiel à jouer dans le développement local, la relocalisation de l’économie, l’animation des politiques publiques et la gestion des aides aux entreprises et la gestion économe de l’espace (en incluant la réutilisation des friches industrielles), avec un principe d’équilibre territorial et en favorisant l’implantation de PME, notamment en Centre-Bretagne.

     

    b) Dans le cadre de l’Acte 3 de la décentralisation, l’UDB demande que les Régions soient compétentes sur l’ensemble  du développement économique et la gestion des aides aux entreprises, ce qui sous-entend que la banque d’investissement public pour les PME soit régionalisée. Et, logiquement, la Région doit avoir compétence sur les programmes d’accompagnement du développement, comme la gestion des Fonds européens ou l’innovation et la recherche (du moins pour les programmes régionaux)…

     

    c)  L’UDB veut faire de l’innovation territoriale et de l’économie sociale et solidaire des axes forts de la conversion économique. Les circuits courts, producteurs-consommateurs sont à soutenir et à développer notamment par une structuration durable et accompagnée par les pouvoirs publics.

     

    II.1.3.2. L’emploi et la formation, des priorités

     

    a) L’UDB propose de créer un service public régional de l’emploi-formation totalement géré par la Région. L’UDB propose de créer un service public régional de l’emploi-formation. Chaque jeune doit disposer d’une formation ou d’une qualification, l’indispensable passeport pour l’emploi. Les politiques de l’emploi et de la formation doivent être mieux coordonnées. La priorité est à donner aux jeunes ou chômeurs sans formation ou qualification. Les emplois aidés ou autre mesures doivent en priorité leur être réservés ainsi que l’accès à une formation.

     

    b) La formation tout au long de la vie et la promotion sociale sont à rendre plus opérationnelles et   accessibles au plus grand nombre.

     

    c)  Trois axes sont aussi à mieux promouvoir : l’égalité homme-femme, l’amélioration des conditions de travail physiques et morales et la sécurisation des parcours professionnels des salariés.

     

    d) La Bretagne ne peut regarder ses jeunes les mieux formés quitter le territoire. L’UDB propose de mettre en œuvre un plan d’aide au premier emploi des jeunes, sous forme d’accompagnement en entreprise.

     

    e) L'emploi régional est au cœur des préoccupations de l'UDB. Sachant que les très grosses entreprises (entreprises du CAC 40) sont dans une logique financière qui les amène à détruire des emplois, il est essentiel de favoriser la création d’un nouveau tissu d’entreprises et favoriser leur développement :

    -      Favoriser les PME et ETI (Entreprises de taille intermédiaire),

    -      Imposer une part significative des marchés publics au profit des PME locales,

    -      Favoriser le système coopératif avec une priorité donnée à la reprise des entreprises en difficulté par les salariés,

    -      Aider à la création de micro entreprises.

     

    II.1.3.3. La conversion écologique de l’économie et la transition énergétique

     

    La Bretagne est rattrapée par la crise et les difficultés de nombreuses entreprises ou filières économiques ne sont pas simplement conjoncturelles, mais structurelles. Pour l’UDB, c’est l’ensemble du modèle économique qui est mis en cause. L'UDB agira pour anticiper les nécessaires reconversions de notre économie, au niveau régional par la mise en œuvre d’un schéma global de développement soutenable pour la Bretagne réunifiée.

     

    a) Pour l'UDB, l'autonomie énergétique de la Bretagne est un objectif majeur. L’UDB est engagé dans ce combat depuis longtemps, en témoigne la publication du « nouveau projet alter breton ».

     

    b) L'UDB défend la sortie progressive et durable du nucléaire et s'oppose à l’exploitation des gaz de schistes.

     

    c)  Pour l’UDB, économies d’énergie et sobriété énergétique, développement de l’ensemble des énergies renouvelables, décentralisation de la gestion et de la distribution, sont les 3 orientations majeures à mettre en œuvre. Dans ce cadre, l’UDB soutient un grand plan de rénovation thermique des logements fortement consommateurs d’énergie, l’ancrage d’une filière bretonne des énergies marines, éolien offshore, hydroliennes, une politique durable de l’énergie solaire et  la production locale de panneaux solaires… L’UDB continuera d’agir contre le projet de centrale électrique à Gaz de Landivisiau, coûteux, producteur de gaz à effet de serre et de nature à aggraver la dépendance aux importations d’énergies fossiles.

     

    d) L’agriculture, un des piliers de l’économie bretonne, connaît des crises à répétition qui se traduisent par toujours plus de concentration des productions, moins d’agriculteurs et des dégâts environnementaux. Depuis des années l’UDB milite pour une métamorphose du « modèle » agricole breton, pour un autre modèle agricole, lié au territoire, plus durable, plus autonome et économe. Un modèle qui partage le travail, répartit et valorise la production et permet l’installation de jeunes agriculteurs. Un modèle socialement plus juste qui dégage un vrai revenu pour les premiers acteurs que sont les agriculteurs.

     

    e) Pour l’UDB la question de l’alimentation et de sa qualité est une question de société fondamentale. L’avenir économique de la Bretagne, des milliers d’emplois durables, sont liés à sa capacité à engager la reconversion agricole et agroalimentaire.

     

    f)    L’UDB agira pour que la PAC (Politique agricole commune) actuellement en œuvre accompagne cette reconversion. Elle demande la régionalisation et une plus juste répartition des aides PAC.

     

    g) Le retour à une eau de qualité et l’arrêt de la prolifération des algues vertes sont étroitement liés au changement de modèle agricole. L'eau étant une ressource indispensable à la vie, elle ne doit pas être considérée comme un bien marchand aux mains de sociétés privées dont le but est la rentabilité. L’UDB défend une meilleure maîtrise de la gestion de l’eau par les pouvoirs publics et demande que la Région ait compétence pour la politique de l’eau.

     

    h) L’UDB agira pour stopper l’étalement urbain et l’artificialisation de l’espace qui consomment les terres agricoles. Une réflexion reste à poursuivre concernant les nombreux problèmes posés par les résidences secondaires.

     

    i)    Pour une politique de la mer ambitieuse, l’UDB demande la création d’un véritable Ministère de la mer et sa localisation à Brest. Parce que les ressources de la mer sont à préserver, l’économie de la mer doit être éco-responsable. C’est dans ce sens que l’ensemble des problématiques ou enjeux sont à aborder,  le transport maritime, la sécurité en mer, la protection du littoral et de la biodiversité… comme la valorisation des atouts maritimes de la Bretagne.

     

    j)    En ce qui concerne la pêche, l'UDB revendique une régionalisation des aides européennes et une cogestion durable de la ressource associant aux pouvoirs publics les organisations professionnelles et les associations environnementales représentatives, avec l’appui des scientifiques  La primauté doit être donnée à la pêche artisanale ou semi-artisanale sur la pêche industrielle. L’UDB s’oppose à l’extension et à la construction de nouveaux ports de plaisance à flot.

     

    k)  Pour un service public régional des déplacements et transports. L’UDB veut développer une réelle cohérence et complémentarité de l’ensemble des modes de transports pour offrir aux Bretons des déplacements plus écologiques et moins chers. Pour ce faire, l’UDB réclame depuis des années un schéma breton des transports et déplacements.

     

    l) Les industries bretonnes doivent être soutenues et, si nécessaire, réorientées vers des productions durables, notamment l'ensemble de la filière automobile particuliè-rement touchée par la crise.

     

    m)    Pour l’UDB, le train est le mode de déplacement à privilégier pour les déplacements inter-régions et infra-régional. Il doit à la fois arrimer la Bretagne aux autres régions et l'irriguer en totalité, avec une attention particulière pour le Centre-Bretagne. Il convient de garantir des tarifs clairs et accessibles à tous.

     

    n)  Dans cette même logique, l’UDB propose de réduire le nombre d’aéroports en Bretagne et de rationaliser leur exploitation et gestion, l’avion devant être réservé pour des déplacements longs et plutôt intercontinentaux. La question du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes (qui fait débat au sein de notre organisation) est à aborder au regard d’une double problématique, celle de la nécessaire rationalisation des modes de transports et celle d’un aménagement équilibré du territoire.

     

    La journée de débat à Vannes sur la pertinence ou non d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes a permis aux adhé-rents d'acquérir, grâce aux débats internes préalables et aux intervenant-e-s, des connaissances sur les diverses positions.

     

    Une position commune n’a pu ressortir des débats. Il faut en prendre acte tout en continuant à réfléchir sur la question des déplacements dans le contexte du centralisme français des transports. En conséquence les élus et les militants restent libres de leur expression publique.

     

    II.1.4. Une société du bien vivre ensemble

     

    a) Pour l’UDB, il n’y a pas de justice sociale sans justice territoriale ! Aujourd’hui, nous vivons dans une société où la cohésion sociale est malmenée. Territoires délaissés, oubliés, banlieues sacrifiées… Les logiques d’aménagement du territoire doivent être repensées en profondeur. L’UDB demande la création d’un fonds de péréquation pour aider les territoires les plus démunis. En aucun cas ce fonds ne doit être géré depuis Paris. Il revient aux Régions de maîtriser leur développement.

     

    b) En Bretagne, il s’agit bien de pouvoir « vivre et travailler au pays » : ce slogan est plus que jamais d’actualité, alors que nos sociétés se rendent compte des avantages de la relocalisation.

     

    c)  L'UDB affirme le rôle des services publics dans la cohésion du territoire et la réduction des inégalités. Des services publics de qualité peuvent être exercés au plan local ou régional, selon le principe de subsidiarité

     

    d) Aujourd’hui le degré d’exclusion sociale se définit de plus en plus par la capacité qu’ont les individus à se déplacer. La solution alternative à cette ségrégation spatiale repose sur la reconstitution de services publics de proximité : tribunaux, postes, gares, mais également médecins de campagne, écoles, hôpitaux, commerces, crèches, création de locaux dédiés au télétravail… ainsi que le soutien à l’implantation d’activités économiques.

     

    e) Plus globalement, l’UDB veut réhabiliter le modèle territorial breton reposant sur un tissu de villes moyennes et petites et de « pays » qui assurent aux Bretons la plupart des services dans un rayon de 20 à 30 km. Ce modèle sous-entend une répartition équilibrée des fonctions politiques et administratives. Rennes ou Nantes ne doivent pas accaparer l’ensemble de ces fonctions.

     

    f) C’est dans ce cadre territorial que les politiques d’urbanisation et du logement sont à repenser, en intégrant ce qui fait cohésion sociale : la mixité sociale, les liens humains et intergénérationnels, les services et équipements de proximité. Cela doit se traduire par la densification des villes et donc  la réhabilitation et la rénovation plutôt que l’étalement urbain, le développement de logements sociaux de qualité… ainsi que  le renforcement de modes de transports et déplacements collectifs

     

    g) De même la question de l’identité architecturale de la Bretagne est à repenser. Pour ce faire l’UDB demande la création d’une « conférence bretonne de l’architecture » en charge de définir les éléments d’une nouvelle identité architecturale de Bretagne, préservant la créativité, l’évolution et le patrimoine.

     

    h) La société bretonne est confrontée à des phénomènes d'addiction importants (alcool, tabac, cannabis...) résultant d'un mal-être dont l'UDB se préoccupe. Pour l'UDB, la lutte contre ces fléaux passe par des politiques de prévention et de promotion de la santé, plutôt que par une politique du tout répressif qui s'est révélée contre-productive, notamment en ce qui concerne l'usage du cannabis. La législation doit évoluer sur la question de la dépénalisation. L'UDB intégrera ce fait dans ses propositions pour une politique du bien-être et de la santé en Bretagne.

     

    i) L’allongement progressif de l’espérance de vie est une donnée sociale  positive. Le « vivre plus longtemps en bonne santé pour tous » constitue un enjeu majeur de société. La paupérisation et l’isolement de nombreuses personnes âgées et dépendantes (liée souvent aux faibles niveaux des retraites) impliquent de repenser les principes et mécanismes de solidarité et d’accompagnement. L'UDB agira contre l'isolement et la détresse des personnes âgées, notamment par la mise en place de services de proximité.

    Il convient de réfléchir à la création d’une cinquième branche de sécurité sociale couvrant le risque « autonomie / accompagnement de la fin de vie ».

     

    j) L’UDB affirme que la laïcité est un principe essentiel de société. Elle rejette toute forme d’exclusion qu’elle soit basée sur les origines, la nationalité, les idées, la religion, les orientations sexuelles… Elle milite pour des droits identiques pour tous et notamment pour le droit de vote des étrangers extracommunautaires aux élections locales,  la liberté de conscience, des droits civils équivalents entre homosexuels et hétérosexuels.

     

    k) L’UDB milite pour la diversité culturelle et la promotion de l’identité bretonne. L’UDB demande le transfert des compétences et moyens du ministère de la culture aux régions. Les politiques culturelles, linguistiques et patrimoniales doivent être revus pour intégrer plus de diversité.

     

    l)    L’UDB agira pour que le gouvernement tienne ses engagements en matière de ratification de la Charte européenne des langues régionales. Il y a urgence à sauver les langues de Bretagne.

     

    m) L’UDB agira pour la création d’un service public de radio télévision à l’échelle de la Bretagne, à l’instar de ce qui se fait en Corse, avec la chaîne, Via Stella.

     

    n) Concernant la vie publique, il faut noter les efforts en matière de signalétique bilingue de nombreuses collectivités, même si beaucoup reste à faire. Le second objectif à atteindre se situe dans les espaces publics, les gares, les trains, la poste… l’UDB soutient les revendications des associations qui militent en ce sens et demande la systématisation de la signalétique bilingue dans les lieux publics.

     

    II.1.5. En France, la justice fiscale doit redistribuer la richesse

     

    a) L’UDB milite pour un partage réel des richesses. Si en matière fiscale, les premiers choix du gouvernement de gauche vont dans le bon sens, le contexte social exige d’aller plus loin.

     

    b) Les priorités de l’UDB :

     

    - supprimer les trop nombreuses niches fiscales, sauf celles ayant un réel impact sur l’emploi ou l’environnement,

    - taxer plus les revenus du capital,

    - revaloriser les bas salaires et remettre à l’ordre du jour des négociations sociales l’augmentation (annuelle) des salaires au-delà du SMIC. Sur ce point l’UDB déplore la timide augmentation du SMIC de juillet dernier et rappelle ses propositions : + 100 euros entre 2012 et 2013,

    - préserver le système de retraite par répartition, ainsi que la dignité du niveau des retraites (revalorisation des petites retraites et réforme de la législation). Une réelle prise en compte de la pénibilité au travail reste à mettre en œuvre tant les décisions du gouvernement Fillon en la matière sont antisociales, l'âge légal du droit au départ à la retraite doit être 60 ans.

    - revaloriser les minimas sociaux et répondre aux besoins des personnes handicapées et des personnes dépendantes.

    - Introduire de réels dispositifs d’évaluation partagée des politiques publiques

    - Exiger une réelle péréquation des moyens entre tous les territoires et, partant, refuser la confiscation de ces moyens par le seul Grand Paris.

     

    II.1.6. La France seule n’est pas en capacité de peser, le niveau européen est  pertinent

     

    a) Si nous souhaitons un monde plus juste et lutter contre les dérives de la mondialisation, il faut promouvoir une nouvelle vision de l’Europe et agir pour la réappropriation par la puissance publique d’une réelle capacité d’action dans la sphère économique et financière et la mise en place de règles et de régulations.

     

    b) Par ailleurs, l’urgence est aujourd’hui d’éviter l’implosion de l’Europe et de soutenir les pays en grandes difficultés. La mutualisation d’une partie des dettes des états et l’arrêt de la spéculation sont les premières mesures à mettre en œuvre.

     

    c)  Plus globalement, la construction d’une Europe forte, fédérale et plus démocratique est un enjeu majeur. Pour l’UDB, c’est à cette échelle que doit notamment s’élaborer et s’organiser :

    - favoriser l’émergence d’un régime parlementaire européen

    - une politique économique européenne,

    - une législation sociale progressiste,

    - un cadre réglementaire pour le système bancaire y compris pour la Banque Centrale Européenne,

    - la nécessaire taxe sur les transactions financières,

    - l’action pour supprimer les paradis fiscaux,

    - la lutte contre le réchauffement climatique et la réduction des gaz à effet de serre…

     

    d) Pour permettre à l’Europe de trouver une nouvelle voie sociale, démocratique et fédérale, l’UDB agira activement au sein de l’Alliance Libre Européenne.

     

    II.1.7. La solidarité internationale

     

    a) L’UDB dont l’un des objectifs est de garantir les droits du peuple breton, est solidaire des tous les peuples et minorités en lutte pour la reconnaissance de leur droits.

     

    b) L’UDB milite pour le renforcement ou la mise en place d’organismes ou systèmes de régulations internationaux en capacité réelle d’agir, tel l’ONU dont la légitimité doit être plus reconnue.

     

    c)  L’UDB demande la création d’une organisation mondiale de l’environnement indépendante des lobbies marchands ou financiers.

     

    d) L’UDB soutient la reconnaissance de la souveraineté alimentaire. Il n’est pas tolérable en ce début de 21è siècle qu’un milliard d’êtres humains souffre de malnutrition ou de famine. Défendre la souveraineté alimentaire, c’est défendre le droit pour les populations de déterminer les politiques agricoles et alimentaires qui leur conviennent, sans que ces décisions soient néfastes pour les autres populations. L’UDB milite pour que les matières premières agricoles soient soustraites aux règles du libre-échange de l’OMC et placée sous la responsabilité d’une Organisation mondiale de l’agriculture et de l’alimentation placée sous l’égide de l’ONU et qui regrouperait des instruments internationaux actuellement dispersés (FAO, Programme alimentaire mondial, Fonds international pour le développement agricole).

     

    II.2. Améliorer le fonctionnement du parti et anticiper

     

    a) Depuis 2010, d’importants scrutins (cantonales, législatives, présidentielle) ont accaparé les militants et la vie interne du parti a souffert d’un manque d’investissement.

     

    b) Dans les deux années à venir, l’UDB devra améliorer le fonctionnement du parti et se préparer aux futures échéances électorales dont les élections municipales qui représentent pour l’UDB un enjeu majeur.

     

    c)  L’UDB fêtera en 2014 ses 50 ans. Un groupe de travail sera constitué pour créer des événements autour de cet anniversaire.

     

    II.2.1. Améliorer le dialogue et la transmission de l’information au sein du parti

     

    a) Lors du dernier congrès, il avait été décidé d’engager une réflexion sur l’articulation entre le Bureau Politique, les fédérations, les sections et les militants. L’enjeu était de mieux définir les champs de compétences et d’action de chacun et de réfléchir à l’évolution de l’organisation afin d’adapter la structure aux défis à venir.

     

    b) Ce travail de réflexion n’a pas été mené à bien. Pourtant, il paraît aujourd’hui plus que nécessaire eu égard aux difficultés rencontrées dans certains secteurs : circulation de l’information, recrutement de volontaires, délégation de responsabilités, animation des instances, de mise en application des décisions…

     

    c)  Le BP missionnera un groupe de travail pour réaliser le bilan de fonctionnement des instances. Le but de ce travail sera l’amélioration du dialogue, de la transmission des informations et l’implication des militants. Le parti organisera une journée de formation début 2013 pour les membres de ses instances.

     

    d) La parution d’An Emsaver sur papier doit se poursuivre pour les adhérents ne disposant pas d'internet.

     

    II.2.2. Créer des espaces de réflexion et de formation des militants et des élus

     

    a) La formation est un élément indispensable de tout parti démocratique. L’UDB doit permettre à chaque militant de se former mais également de participer au dialogue et aux débats.

     

    b) Les secteurs «formation » et « études et réflexion » travailleront en étroite concertation.

     

    c) Le responsable formation présentera un plan de formation lors du premier Bureau politique de l’année. Ce plan pourra être mis à jour en fonction de l’actualité. Une attention particulière sera portée à l’actualisation du programme politique et à la formation des candidats aux municipales de 2014.

     

    d)  Chaque responsable de service s’inscrira dans ce schéma pour proposer une formation par an.

     

    e) L’UDB estime nécessaire de prendre sa part de responsabilité en matière de promotion du bilinguisme en Bretagne. Ayant signé la charte Ya d’ar brezhoneg, elle s’engage à organiser une journée de formation exclusivement en breton pour les brittophones, membres ou sympathisants du parti.

     

    f)    Le rapport du congrès sera bilingue.

     

    g) L'UDB tendra à la bilinguisation de l'ensemble de ses communiqués et à promouvoir le gallo.

     

    h) Compte tenu de l’importance des élus municipaux pour le parti une attention particulière sera accordée à leur formation.

     

    i)    L’UDB organisera un colloque sur l’histoire et les effets de la centralisation et publiera les actes du colloque.

     

    j)    Les valeurs mises en avant par le monde du logiciel libre sont aussi celles que l'UDB défend. Dorénavant, l'UDB participera activement à la promotion des logiciels libres en interne et en externe.

     

    II.2.3. Le secteur Etudes et réflexion coordonnera l’actualisation du programme politique de l’UDB.

     

    a) Un travail de recensement des compétences a été réalisé et permets de créer, au sein du service études et réflexions, des groupes thématiques. Ils auront pour missions de préparer des fiches thématiques comportant une analyse des enjeux et la position du parti et de réaliser la veille technique et politique dans le domaine concerné.

     

    b) Pour mener à bien ce projet, un référent par thématique sera désigné. Il aura pour mission de renseigner les militants et/ou les élus qui ont des questions à poser sur la thématique et d’animer le groupe de réflexion. Des sympathisants et experts, hors parti, seront associés à cette démarche. Il sera consulté, sauf urgence, avant toute communication officielle du parti  sur la thématique et pourra proposer des communiqués en lien avec l’actualité.

     

    c)  La liste des référents sera diffusée aux adhérents et publiée sur le site Internet. Les fiches thématiques, après validation par le Bureau Politique, seront accessibles à tous les militants et permettront d’enrichir le projet politique de l’UDB.

     

    II.2.4. Renforcer les relations élus – adhérents – populations et améliorer les outils de communication

     

    a) Le parti doit prendre les moyens de valoriser les élus et leur travail. Il faut structurer l'accompagnement des élus de l'UDB.

     

    b) Le travail des collaborateurs mis à disposition des élus sera coordonné afin de créer des synergies et mutualiser les moyens.

     

    II.2.5. Diffuser nos idées

     

    a) La communication du parti sera renforcée et fera l’objet d’un plan annuel.

     

    b) Le Peuple breton, notre journal, est un outil essentiel pour populariser nos idées. L’amélioration de sa gestion et de sa diffusion sont à poursuivre.

     

    c)  L’UDB doit faire connaître aux élus locaux de Bretagne son projet politique et faire adhérer de nouveaux élus.

     

    d) L'UDB condamne l'utilisation du terme Bretagne pour la seule région administrative, amputée de la Loire-Atlantique.

     

    La réunification administrative de la Bretagne est un objectif majeur pour l’UDB. Le nouvel acte de décentralisation qui se profile présente le risque, en augmentant les compétences du niveau régional, de renforcer la séparation administrative entre la Loire-Atlantique et le reste de la Bretagne. C’est pourquoi l’UDB réclame plus que jamais la fin de cette séparation et l’organisation d’une consultation démocratique auprès des citoyens de Loire-Atlantique.

     

    Afin de démocratiser le combat pour la réunification l’UDB organisera en 2013, en Loire-Atlantique, des Etats Généraux de la réunification et, pour dynamiser son action, l'UDB nommera un responsable réunification.

     

    II.2.6. Les élections municipales de 2014, enjeu majeur pour l’UDB

     

    a)  Les élus municipaux constituent une assise politique essentielle pour notre parti. Pour les élections municipales de 2014 L’UDB se fixe comme objectif d’accroître sa représentation sur tous les territoires de Bretagne. Pour ce faire, le parti élaborera un plan d’action en lien étroit avec les fédérations, dès début 2013. Il prendra en compte les réseaux de sympathisants autour du parti. Les grandes villes feront l’objet d’une stratégie approfondie.

     

    b) La relation élus/adhérents/population est très importante et doit constituer un axe de travail majeur dans les deux ans qui viennent. La qualité de cette relation détermine la progression de notre parti, les élus de l’UDB étant avant tout au service du peuple breton, donc des électeurs.

     

    c)  L’UDB doit faire connaître aux élus son projet politique, Les élus de l’UDB s’investiront au sein de l’AEPB. Le travail mené par cette association est essentiel pour fédérer les élus.

     

    d) Il est primordial de coordonner les actions des élus régionaux et municipaux ainsi que celles de notre député pour que les propositions du parti soient cohérentes.

     

    II.2.7.Les élections européennes

     

    a) L’UDB en lien avec R&PS et l’ALE, agira pour une représentation des Peuples et Régions de France au niveau européen.

     

    b) Afin de préparer au mieux l'échéance électorale de 2014, l'UDB, avec ses partenaires de R&PS et de l'ALE, précisera son projet européen et international. Une campagne de communication sera mise en œuvre associant nos partenaires européens.

     

    c)  Dans l'hexagone, faire élire des députés européens membres de R&PS, est un objectif politique important. L'UDB agira pour que l'ensemble de la fédération R&PS se mobilise sur cet objectif.

     

    MOTIONS

     

    MOTION ADOPTÉE AU CONGRÈS DE L'UNION DÉMOCRATIQUE BRETONNE

     

    L'UDB réunie en congrès a Mûr-de-Bretagne le 4 novembre 2012, condamne fermement les violences policières, indignes d'un régime démocratique, à l'encontre des opposants au projet de l'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes.

     

    MOTION ADOPTÉE AU CONGRÈS DE L'UNION DÉMOCRATIQUE BRETONNE

     

    Réunis en congrès à Mûr-de-Bretagne, les militants de l'Union Démocratique Bretonne (UDB), protestent avec la plus vive énergie face à la situation dans laquelle se trouve Aurore Martin, la militante basque emprisonnée en Espagne.
    Membre d'un parti légal en France, Aurore Martin n'a rien à se reprocher. L'UDB demande aux autorités françaises de tout faire pour qu'Aurore Martin retrouve au plus vite sa liberté.
    L'UDB note aussi avec satisfaction les prises de position qui se multiplient en faveur d'Aurore Martin, notamment celle des élus socialistes du Pays basque nord.

  • CONGRÈS DE PLOEMEUR (2010)

    I – ANALYSE : SITUATION GÉNÉRALE

     

    I.1 Géopolitique d’une crise annoncée

     

    L’Union démocratique bretonne inscrit sa réflexion et son action dans le monde qui l’entoure. Si la Bretagne est son principal territoire d’action, elle ne peut ignorer ce qui se passe ailleurs, tant en Europe que dans le monde.

     

    I.1.1) Une entrée mouvementée dans le XXIe siècle.

     

    a) On peut estimer que le XXIe siècle débute le 11 septembre 2001, lors de la destruction des Twin Towers à New York, tant cet événement a bouleversé la géopolitique mondiale. Cet acte terroriste, commis au nom d'une dérive totalitaire du fait religieux, puise une partie de ses racines dans l’hégémonie d’un système économique mondialisé, le capitalisme financier, qui écrase les peuples et s'avère socialement dévastateur.

     

    b) Ce système économique qui s’est enraciné dans nos sociétés et a favorisé le développement de comportements consuméristes, hédonistes et individualistes, se heurte aujourd’hui aux limites physiques de la planète et notamment à l’épuisement des ressources naturelles dont les énergies fossiles. Les écosystèmes sont considérablement perturbés par les évolutions radicales des activités humaines : saccage des forêts primaires et des cours d’eau, rejet dans l’atmosphère d’énormes quantités de gaz carbonique, appauvrissement des sols ou érosion de la biodiversité... De même, l’utilisation de la technologie à des fins commerciales plutôt qu’humanistes ou écologiques est critiquable, phénomène accentué par l’arrivée de pays émergents dans le monde de la consommation.

    Les crises financières, économiques et sociales fragilisent les économies des pays développés, mais n’empêchent pas certains pays émergents comme la Chine de poursuivre leur développement.

     

    c) Le changement climatique global n’est plus une hypothèse mais une réalité tangible qui se concrétise par une multiplication d’événements climatiques extrêmes. L’augmentation de la température et la montée des eaux ne peut qu’impacter plus fortement encore les pays les plus pauvres; d’importantes migrations de populations sont à prévoir vers des territoires moins exposés et de vastes zones pourraient être perdues pour l’agriculture à l’instar de ce qui se passe au Bangladesh.

     

    I.1.2) Des intérêts financiers défendus par les États

     

    a) Alors qu’ils devraient investir prioritairement dans l’éducation, la recherche et l’innovation, la culture et l’aménagement des territoires, certains États préfèrent poursuivre la course à l’armement. Le traité de non-prolifération des armes nucléaires n’est pas respecté et la Chine, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni caracolent en tête des plus grosses ventes d’armes au monde.

     

    b) Vivre dans un monde stable suppose un partage des richesses plus équitable que celui qui existe aujourd’hui. Pour cela, il est nécessaire de rendre au Politique sa légitimité face aux lobbies. Les plus puissants aujourd’hui, ceux des milieux financiers, ont un pouvoir croissant et luttent contre toute régulation politique.

     

    c) Beaucoup d’États se sont progressivement réduits à leurs seules fonctions régaliennes, les autres fonctions étant abandonnées au secteur privé. Les moyens de la puissance publique se limitent à assurer le maintien du système capitaliste, présenté comme le seul système réaliste. Ainsi les Etats sont venus au secours du système financier et se sont endettés et fragilisés.

     

    d) Le capitalisme financier est de plus en plus coupé de l’économie réelle, c'est-à-dire la production, les entreprises, les artisans et les commerçants. Il engendre des effets pervers telle une pression grandissante sur les salariés au profit des actionnaires. Le capital a pris le pas sur le travail alors même que les salariés sont la première richesse des entreprises. La progression du chômage entretient cet état de fait car la peur du licenciement pousse les employés à accepter des conditions moins attrayantes pour le même salaire (augmentation des heures...), voire même des baisses de revenus. Dans ce contexte, les syndicats voient leur légitimité parfois remise en cause du fait de la faiblesse de l’engagement syndical.

     

    e) L’exemple de la réforme des retraites est révélateur du rôle de l’État dans la promotion de modèles sociaux libéraux. Prétextant que l’espérance de vie à la naissance s’allonge, le gouvernement augmente les durées de cotisation et prétend développer le travail des seniors (alors qu'ils sont souvent encouragés à quitter les entreprises avant 60 ans), mais ne prends pas en compte le fait que c’est aussi la réduction du temps de travail qui a permis une espérance de vie plus longue ainsi qu’une diminution du chômage. Le problème des retraites est en réalité un problème de chômage et de distribution des richesses et des charges.

     

    f) La détérioration des conditions de travail, l’augmentation des charges fixes des ménages (loyer, chauffage, carburant, électricité...) rend la vie quotidienne de plus en plus difficile. On observe cependant que se tissent parfois de nouvelles formes de solidarité par le biais d’une économie alternative basée sur la valorisation des compétences, les circuits courts et non la recherche du profit (Système d’échanges locaux, AMAP-Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne...).

     

    I.2. Une Europe des États qui répond bien mal aux enjeux contemporains

     

    a) L’Union Européenne ne fonctionne pas de façon fédérale, mais encore beaucoup trop sur la base de négociations entre États ; ceux-ci étant d’abord préoccupés par leurs propres intérêts. Le parlement européen, seule institution élue au suffrage universel direct, est cependant celle qui dispose toujours du moins de pouvoirs bien que le traité de Lisbonne les ait nettement accrus. La Commission Européenne, dont les membres sont nommés par les États, et, encore plus, le Conseil de l’Union européenne, appelé « conseil des ministres », prennent des décisions plus libérales que les votes du Parlement.

     

    b) Alors qu’une grande partie du droit est, aujourd’hui, issu de l’Union européenne, celle-ci ne parvient toujours pas à constituer une structure politique cohérente. La politique ultra libérale menée par José Manuel Barroso menace certains de nos acquis sociaux.

     

    c) Ainsi, le pacte de rigueur imposé par l’Union européenne est intenable du fait de l’incapacité du pouvoir politique de chaque État membre à faire des choix budgétaires et de politique économique cohérents. Alors que les libéraux prétendent réduire les dépenses publiques à court terme, en réduisant par exemple les moyens des nécessaires services publics de proximité ou de ceux alloués à la politique de santé, l’éducation, la recherche...les déficits demeurant, ils creusent la dette publique en refusant d’augmenter les impôts.

     

    d) Dans ces conditions, la société apparaît de plus en plus divisée en deux catégories : ceux qui possèdent et ceux qui subissent. Ce constat s’applique quelque soit l’échelle territoriale. Le capitalisme est responsable de la déstructuration de ce que l’on appelle « les classes moyennes ».

     

    e) Comme pour se donner bonne conscience, les États européens continuent d’organiser colloques et sommets internationaux sur les bouleversements climatiques et leurs conséquences tout en refusant de faire les choix politiques nécessaires comme l’a montré l’échec du sommet de Copenhague. L'Onu a d'ailleurs relevé que 50 à 80 % des actions concrètes contre le changement climatique et ses conséquences étaient conduites par les régions et les villes

     

    I.3. Les ravages du capitalisme sauvage en France

     

    I.3.1. Une stratégie libérale dogmatique

     

    a) Depuis l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, en 2007, la précarisation n’a cessé d’augmenter dans tous les domaines. Parallèlement, les mesures législatives favorables aux plus fortunés se sont multipliées comme le bouclier fiscal. Nicolas Sarkozy gère les finances et la politique de l’État à court terme, mais vise à long terme la mise en place de l’ultra- libéralisme.

     

    b) Suite à la crise monétaire européenne et à la baisse du cours de l’euro en mai dernier, le président français a annoncé qu’il gelait les investissements publics pour les trois années à venir afin de retrouver des niveaux d’endettement convenables, soit ceux déterminés par le pacte de stabilité européen (plafond de 60 % du PIB pour l'endettement et plafond de 3 % du PIB pour les déficits publics). On ne peut que rejeter le fait qu'il joue sur le levier des dépenses de manière sérieuse alors même que la crise est toujours là, sans à aucun moment accepter de considérer le levier recettes, par exemple en commençant par abroger les mesures qui ont démontré leur inutilité économique (loi TEPA, bouclier fiscal ...).

     

    c) Les « crises » répétées sont autant d’occasions de faire passer des réformes antisociales telles que celle des retraites notamment.

     

    d) Alors que les libéraux promettaient du travail pour tous, on constate aujourd’hui que les chiffres du chômage sont au plus haut, que les conditions de travail se sont souvent largement dégradées, que la précarité (petits boulots, intérim, temps partiel subi...) s'est développée, que les droits sociaux les plus élémentaires sont remis peu à peu en question. Les mobilisations sociales peinent à contrecarrer les plans sociaux ou gouvernementaux.

     

    e) L’incapacité des gouvernements à équilibrer les comptes de l’Etat français au cours des 38 dernières années a engendré un déficit cumulé colossal qui hypothèque lourdement l’avenir. Cet endettement accumulé par de nombreux Etats contient le risque d’une nouvelle crise économique mondiale. La nécessité de dégager des excédents pose la question très politique de la répartition de la contribution.

     

    I.3.2. Une répression accrue – La montée en puissance des politiques sécuritaires

     

    a) On assiste également à un retour en arrière dans le champ des libertés individuelles : les centres de rétention continuent d’accueillir des personnes sans papiers destinées à être expulsés, jamais les militants pro-réunification n’ont été autant inquiétés que ces dernières années... Le développement du fichage généralisé, de la vidéosurveillance dans l’espace public et de la biométrie représentent également une porte ouverte aux dérives autoritaires.

     

    b) La politique menée à l’encontre des Roms et notamment les reconduites massives à la frontière confirment que la France n’est en rien « le Pays des droits de l’Homme » qu’elle prétend être.

     

    c) L’idéologie sécuritaire atteint des sommets et aujourd’hui la répression a supplanté la prévention. Le dialogue entre l’État et la population n’est plus une préoccupation.

     

    I.3.3. Une fracture territoriale entre villes et campagnes, une forme de métropolisation à risque

     

    a) En France, contrairement à la majorité des Etats européens, le pouvoir est hyper centralisé. Outre la question de son efficacité cette organisation politique marque une défiance à l’égard des citoyens dans leur capacité à s’administrer et constitue un refus de développer la démocratie.

     

    b) La réforme territoriale voulue par le gouvernement va aggraver la fracture sociale et territoriale. Si l’empilement administratif rend la chose publique de moins en moins transparente pour le citoyen, la réforme annoncée par Sarkozy en octobre 2009 ne répond pas à la nécessaire simplification. Et, paradoxalement, alors que plusieurs sondages montrent la confiance des habitants dans les collectivités territoriales, la recentralisation s’accentue.

     

    c) Si les fonctions métropolitaines sont source de dynamique territoriale, le statut de « métropole » proposé aux plus grandes villes françaises va inévitablement creuser le fossé entre la ville et la campagne en concentrant davantage encore les activités et les moyens dans les zones urbaines. Les autonomistes sont attachés aux fonctions de cohérence assurées par les régions.

     

    d) Cette réforme est l’aboutissement d’une politique de « pôles » qui s’est concrétisée par la fermeture de bureaux de postes, de tribunaux, mais également d’hôpitaux de proximité. Les services publics n’étant plus jugés rentables, on les supprime purement et simplement. En terme d’aménagement du territoire, cette opposition ne peut être que néfaste au respect des bassins de vie. D’ailleurs, la réforme des collectivités territoriales prévoyait initialement la suppression des Pays.

     

    I.3.4. Une politique d’uniformisation culturelle et médiatique

     

    a) L’utilitarisme permanent, la recherche de profits et de la rentabilité à court terme ont aussi des conséquences désastreuses dans le domaine culturel et linguistique.

     

    b) Malgré les promesses répétées de législation dans le domaine des langues régionales, celles-ci ne disposent toujours d’aucun cadre légal. Les langues régionales pâtissent non seulement du jacobinisme toujours omniprésent en France, mais également de la recherche d’utilité économique et des liens qui se distendent entre villes et campagnes.

     

    c) Depuis sa nomination, le ministre de l’identité nationale apparaît de plus en plus comme celui qui détourne la population des véritables problèmes. En concentrant l’attention sur l’Autre et en le rendant responsable de nos maux, on évite de se remettre en cause. Au contraire, la politique nationale portée par le président est de valoriser « un bon Français » et de pointer du doigt ceux qui ne vivent pas selon les comportements dominants. L’État promeut donc aujourd’hui une identité exclusive alors que la République est, théoriquement, laïque et garante du respect de tous. La laïcité est à tort considérée comme un acquis alors qu’elle est une conquête non achevée.

     

    d) Dans le domaine culturel, la politique actuelle ne porte aucune ambition. Les droits culturels de chaque individu ne sont pas respectés et les discriminations sont encore très fréquentes.

     

    e) Le pouvoir médiatique du président de la République et sa mainmise sur les décisions en matière de médias (désignation du président de France Télévision, implication de parents et de proches de Sarkozy dans des opérations d'acquisition et de concentration de médias...) peut faire penser que le quatrième pouvoir n’est plus libre.

     

    I.3.5. Un bouleversement politique

     

    a) Par sa politique d’ouverture gouvernementale, et l’arrivée au gouvernement de socialistes et de centristes, voire l’implication d’écologistes quand il s’agissait de travailler sur le Grenelle de l’environnement, Nicolas Sarkozy a tenté de brouiller le jeu des partis politiques traditionnels.

     

    b) Cette politique n'ayant pas donné les résultats espérés aux scrutins qui se sont succédé depuis 2008 (municipales, européennes, régionales), Nicolas Sarkozy a entrepris un virage vers l'extrême droite, en stigmatisant des catégories entières de la population et en revenant à ses fondamentaux en matière de discours sécuritaire. Ce nouveau virage vise à lui permettre de reconquérir d'ici 2012 un électorat du Front national qui ne lui était plus acquis comme en 2007.

     

    c) L'émergence électorale d'Europe Ecologie et de ses alliés (Régions et Peuples Solidaires...) aux européennes puis sa relative confirmation aux régionales a installé l'écologie politique comme 2e force à gauche. Les résultats obtenus, en lui permettant d'espérer franchir le seuil de qualification pour le second tour, y compris dans certaines élections au scrutin uninominal, sont susceptibles de changer durablement les rapports de force à gauche et la construction de futures majorités.

     

    d) Le parti socialiste reste le parti de gauche majoritaire en France. Sa victoire aux élections régionales l’a conforté dans cette position.

     

    e) Le Parti communiste français conserve des postes à responsabilité grâce à une fidélité à une politique d’alliance électorale aux socialistes. L’apparition du Parti de gauche, la mutation sans succès de la LCR en NPA contribue à un émiettement de l’extrême-gauche, affaiblie électoralement mais toujours présente sur le terrain social.

     

    f) La stratégie du Modem de travailler avec la droite comme avec la gauche est un échec. Sa ligne idéologique n’a pas été jugée suffisamment visible par les électeurs lors des dernières élections tant européennes que régionales.

     

    g) L’UDB est le parti politique breton le plus important comme en témoigne sa présence militante et le nombre de ses élus. Il faut noter la participation du Parti Breton, aux élections européennes et régionales et l’évolution d’Emgann en Breizhistance. L’UDB reste l’outil essentiel pour défendre les intérêts du peuple breton.

     

    I.4. Une Bretagne fragilisée

     

    I.4.1. Un déséquilibre Ouest-Est accentué

     

    a) Depuis 2008, la politique de désertification du centre Bretagne s’est poursuivie. En janvier dernier par exemple, le tribunal d’instance de Pontivy a été transféré à Lorient. Plus grave encore, la fracture territoriale entre la basse et la haute Bretagne se renforce. Rennes et Nantes mènent des stratégies urbaines individuelles et concentrent de fait la matière grise et les services bretons.

     

    b) C’est ainsi que la métropolisation fait rêver certains élus locaux, mais inquiètent le reste des Bretons. Seule, l’UDB, s’est opposée en avril dernier à un vœu proposant l’élargissement de l’agglomération de Rennes dans la perspective de la réforme territoriale, qui lui permettrait de prétendre au statut de « métropole » applicable aux agglomérations d’au moins 450 000 habitants.

     

    I.4.2. Un modèle économique périmé sans prospective à long terme

     

    a) Alors qu’elle était, jusque là, relativement protégée de la crise, la Bretagne semble avoir été touchée plus fortement en 2009 et 2010. De nombreuses entreprises sont ou ont été en difficulté. C’est le cas de Bobcat à Pontchâteau, de la Fonderie de Bretagne (ex-SBFM) à Lanester, de la filière automobile dans le bassin rennais, d’entreprises de télécommunication dans les Côtes d’Armor, de Jabil à Brest, des chantiers navals de Saint-Nazaire...

     

    b) Ces crises ont conduit l’État et les collectivités, en particulier la Région Bretagne, à engager un plan d’aides qui s’est traduit par des subventions exceptionnelles. Cependant, la crise économique n’a, à aucun moment, fait place à un débat de société sur l’économie dont la Bretagne a besoin. Au contraire, des entreprises agro-alimentaires ont bénéficié de subventions sans aucune remise en question ni du modèle agricole, ni même des conditions sociales qui y règnent.

     

    c) Rien d’étonnant donc à ce que les médias fassent leurs gros titres des marées vertes puisque l’agriculture productiviste est bien ancrée en Bretagne, première région agricole de France en volumes de production, mais avant-dernière pour la production de valeur ajoutée par actif agricole. Il est révélateur de constater également que les préfets ont patienté jusqu’à la fin de la campagne électorale des Régionales pour signer les autorisations d’extension de porcheries ou de poulailler. La maternité porcine de Trébrivan est un bon exemple de l’hypocrisie de l’État qui, jugé responsable de la pollution aux nitrates tant par la justice française qu'européenne, persiste à soutenir un certain modèle agricole néfaste pour l’environnement qui aboutit à un désastre économique.

     

    I.4.3. Une culture niée

     

    a) La culture bretonne est marginalisée tant dans l’Éducation nationale et l’enseignement catholique - où les ouvertures de classes bilingues nécessitent des luttes épuisantes pour les parents d’élèves et les militants, que dans son traitement à la télévision.

     

    b) Du côté des politiques linguistiques, le constat est le même. On attend toujours la loi en faveur des langues régionales qui avait été promise lors de leur inscription à l’article 75.1 de la Constitution. L’Office publique de la langue bretonne voit le jour après plusieurs années de négociations entre les parties (État, Région, départements). En 2010 environ 120 communes représentant près de 1 million d’habitants, soit presque le quart de la population de Bretagne, ont signé la charte « Ya d’ar Brezhoneg ». Jamais dans le passé autant de communes ne se sont engagées aussi fortement pour la promotion de la langue bretonne.

     

    c) Du fait de la crise et de la raréfaction des fonds publics, certaines politiques culturelles portées en Bretagne, tant par l’État via la Drac que par les collectivités territoriales, sont remises en cause. Si beaucoup d’aspects de notre culture bretonne ont vécu, se sont développés et renouvelés grâce à l’engagement bénévole militant, il ne faut pas oublier le statut et le travail des artistes. A chaque époque, la culture est un élément fondamental de la vie sociale.

     

    d) Les mobilisations impressionnantes de ces dernières années autour des thèmes de la langue bretonne, de la réunification ou de la revendication de l’autonomie, laissent trop souvent les journaux et les télévisions silencieux. Les partis politiques et les associations telles que Ai’ta, Bretagne réunie ou 44 = Breizh, voient ainsi leurs mobilisations médiatisées de façon insuffisante.

     

    I.5. Un nouveau paysage politique en Bretagne

     

    L’UDB a agi face à ces problèmes à l’occasion des élections et sur le terrain du militantisme, en affirmant ses valeurs de parti autonomiste, écologiste, de gauche.

     

    I.5.1. L’émergence d’Europe-Écologie

     

    a) Europe-Écologie est née peu avant les élections européennes de 2009. Une dynamique de rassemblement pour une société écologique a été lancé avec comme figures médiatiques Daniel Cohn Bendit, José Bové et Eva Joly. Ce projet était également une façon de réconcilier les écologistes partisans du oui et ceux du non lors du référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005.

     

    b) Depuis des années, les Verts et l’Alliance libre européenne forment un seul groupe au Parlement européen. L’UDB, de son côté, est entrée au conseil régional de Bretagne en 2004 grâce à une alliance réussie avec les Verts et des personnalités de la gauche alternative. Ces éléments ont amenés R&Ps à être membre fondateur d’Europe-Écologie.

     

    c) L’attitude hégémonique d’une partie du PS en Bretagne et la transformation d’Europe-Écologie en nouveau parti écologique intégrant les Verts sont des éléments à prendre en compte dans la recomposition des forces progressistes en France et en Bretagne, les échéances des élections cantonales et sénatoriales en 2011 puis des élections présidentielles et législatives en 2012 en formant des étapes importantes.

     

    I.5.1.1 La réussite des Européennes

     

    a) Les élections européennes de juin 2009 ont constitué la première victoire d’Europe-Écologie qui a fait passer l’écologie politique en Bretagne du score de 9,7 % des voix exprimées lors des élections régionales en 2004 à 18,6 % en 2009. Durant la campagne, le militantisme de l’UDB a été remarqué et les idées du parti ont été largement portées par sa candidate et porte-parole, Mona Bras. A l’inverse, la liste PS a subi un revers cuisant avec seulement 17,7 % en Bretagne contre 32,9 % en 2004. A noter également que la Bretagne confirme son ancrage à gauche.

     

    b) Le résultat s’est matérialisé dans la circonscription dont fait partie la Bretagne par l’élection au Parlement européen de Yannick Jacot, mais également de Nicole Kil-Nielsen, militante verte rennaise. Du côté de la fédération Régions et Peuples solidaires, les excellents scores de la circonscription sud-est ont permis l’élection de François Alfonsin qui siège aujourd’hui dans le groupe de l’ALE. Son attaché parlementaire est membre de l’UDB.

     

    I.5.1.2. L’épisode des Régionales

     

    a) Cette réussite ayant marqué un tournant dans l’histoire politique de l’écologie en France, le mouvement a perduré jusqu’aux régionales où la question s’est posée pour l’UDB de s’investir à nouveau au sein de la dynamique Europe-Écologie déclinée au niveau breton.

     

    b) Lors d’une convention nationale à Pontivy, en septembre 2009, le parti s’est prononcé majoritairement pour la poursuite de ce mouvement.

     

    c) Les résultats du premier tour ont donné à la liste Europe-Écologie Bretagne à 12,21 % des voix. La liste menée par les socialistes a, elle, été créditée de 37,19 %. Après des négociations avortées, la liste conduite par Jean-Yves Le Drian a décidé de partir seule, ce qui a contraint la liste Europe- Écologie Bretagne à un maintien au second tour. Il convient ici de noter que vu le score extrêmement faible de la droite (23,73 % pour l’UMP), cette décision de se maintenir au second tour ne contredisait en rien l’objectif du dernier congrès de l’UDB de conserver la Bretagne à gauche.

     

    d) Au second tour, la liste Europe-Écologie Bretagne a obtenu 17,37 % des voix. C’est la première fois dans l’histoire de la Bretagne qu’une liste ouvertement autonomiste et pro-réunification obtient un tel résultat. Europe-Écologie Bretagne obtient donc 11 élus dont 4 pour l’UDB, qui avait décidé de maintenir un groupe autonome comme lors du précédent mandat. La situation ne change pas en nombre d’élus, mais l’UDB est dans une opposition constructive et porte un projet alternatif à gauche, elle ne figure plus dans l’exécutif régional ;

     

    e) En Loire-Atlantique, l'UDB a décidé de participer à la liste Europe-Écologie Pays de la Loire sous condition d'un engagement programmatique en faveur du processus de réunification de la Bretagne, ce qui fut obtenu. En cas de fusion au second tour entre cette liste et la liste PS conduite par J. Auxiette, l'UDB avait annoncé qu'elle n'en serait pas, ce qui fut fait.

     

    I.5.2 : L’UDB dans le mouvement social et citoyen en Bretagne

     

    a) L’UDB a participé de façon active aux mobilisations portées par le mouvement social et citoyen ces deux dernières années pour la défense des services publics (poste, hôpitaux...), des droits des salariés, des retraites, la lutte contre le nucléaire, les OGM, le soutien aux personnes sans-papiers, l’opposition à la politique sécuritaire du Président Sarkozy. Elle a aussi milité contre le renforcement de l’agriculture intensive (maternité porcine de Trébrivan, algues vertes...).

     

    b) L’UDB a aussi mené campagne sur des thèmes tels que l’autonomie régionale, la réunification ou le bilinguisme :

    - Popularisation de l’idée d’autonomie au travers notamment des élections,
    - édition d’une affiche contre la réforme territoriale,
    - engagement marqué des élus pour la signature de la Charte Ya d’ar Brezhoneg.

     

    II – ORIENTATIONS

     

    II.1. Affirmer nos valeurs de façon pédagogique

     

    II.1.1. Pour une société de la liberté

     

    II.1.1.1 Assurer le respect des droits fondamentaux

     

    a) Chaque personne, individuellement et collectivement, doit pouvoir jouir de ses droits et participer aux choix publics dans les domaines politiques, économiques, sociaux et culturels. En Bretagne, l’UDB agit pour la reconnaissance du peuple breton et de ses droits.

     

    b) L’État n’a pas à imposer une identité comme il l’a fait en France par l’intermédiaire du ministère de « l’Identité nationale ». Dans notre société de plus en plus complexe, les appartenances multiples se développent et cela favorise le dialogue entre les cultures et la tolérance.

     

    c) Une politique culturelle bretonne ne saurait donc être imaginée sans donner la possibilité à chacun de se construire et d’être acteur de sa culture. En Bretagne, cela suppose par exemple l’encouragement à la création d’emplois en langues bretonne et gallèse. L'UDB reconnaît aussi la contribution des apports culturels extérieurs à l'évolution, au développement et à l’enrichissement de l'identité bretonne.

     

    d) Pour l'UDB, une politique linguistique volontariste se justifie d’abord par l’adhésion durable de la population bretonne, qui exprime un large consensus en faveur de la langue bretonne. Il s’agit surtout d’un enjeu de cohésion sociale et de reconnaissance de l’identité individuelle et collective des Bretonnes et des Bretons. Avec ou sans l’État et ses services, cette politique doit être mise en place en premier lieu par l’aide aux ouvertures de sites d’enseignement bilingue et immersif ou de formation pour adultes, aux activités périscolaires bilingues, mais également en impulsant la création d’un pôle audiovisuel en langue bretonne pour généraliser l’usage de la langue bretonne dans la vie publique. L’UDB se prononce en faveur d’une réelle politique de promotion du gallo.

     

    e) L’intégrité territoriale étant un principe du droit international, l’UDB milite également pour l’accès à l’information pour tous les Bretons, y compris les citoyens de la Loire-Atlantique qui sont coupés de toute information bretonne.

    f) Les droits fondamentaux ne sont cependant pas uniquement culturels et se mesurent également dans la sphère professionnelle. Ainsi, l’UDB veut qu'il soit mis un terme aux différentes formes de discrimination entre les hommes et les femmes, notamment salariales. Le droit syndical doit pouvoir s’exprimer pleinement et doit gagner en capacité d’agir et de contrôler, notamment dans les processus de décision économique au niveau de l’entreprise.

     

    g) L’UDB rejette toute forme d’exclusion qu’elle soit basée sur les origines, la nationalité, les idées, la religion, les orientations sexuelles... L’UDB rappelle que les 18 discriminations identifiées par la Halde ne sont pas des opinions, mais des délits et que ces délits doivent faire l’objet de politiques de prévention. L’UDB milite pour que l’égalité des droits inscrite dans la loi soit traduite en dispositifs concrets d’accès aux droits dans tous les domaines de la vie sociale. Elle milite pour des droits identiques pour tous et notamment pour le droit de vote des étrangers aux élections locales, des droits civils équivalents entre homosexuels et hétérosexuels.

     

    h) L’UDB s’inscrit en opposition à toutes les mesures répressives qui ne font qu’attiser les conflits et ne s’attaquent aucunement à leurs causes. Elle milite contre la banalisation des gardes a vues abusives, de la vidéosurveillance, du fichage et de toutes les remises en cause des libertés observables en termes de contrôle social (augmentation des durées de détention, réduction des droits, etc.).

     

    II.1.1.2. Obtenir l'autonomie de la Bretagne

     

    a) Les efforts des Bretons se traduisent par des succès de nature à leur donner confiance dans leurs ca- pacités à gérer leurs affaires. L’UDB doit inciter le peuple breton à revendiquer son autonomie qui lui permettra de maîtriser son destin.

     

    b) L’autonomie est un mode d’organisation de la vie publique et de gestion des finances publiques efficace et efficiente pour les Bretons car elle garantit une démocratie de proximité et une transparence accrue du fait politique. Par le droit de légiférer, l’autonomie confère aux populations une plus grande liberté de choix collectifs et une dignité. C’est donc un instrument pour une meilleure démocratie et la mise en œuvre de politiques publiques de gauche.

     

    c) Les dernières élections présidentielles et législatives ont à nouveau démontré l’originalité du vote breton. Alors que la Bretagne a voté majoritairement pour la gauche en 2007, elle subit les politiques de régression sociale et politique de Nicolas Sarkozy, sans beaucoup de moyen pour se défendre. Un statut d’autonomie pour la Bretagne aurait permis d’atténuer les effets du sarkozysme.

     

    d) Cette autonomie bretonne va de pair avec une exigence de fédéralisme différencié en France. Le fédéralisme différencié prend le contre-pied radical du système centralisé unitariste français. Il souhaite remplacer la pyramide des pouvoirs descendant du centre vers la périphérie et le local par une pyramide des pouvoirs ascendant de l’échelon géographiquement le plus petit à l’échelon géographiquement le plus grand, selon un principe de subsidiarité et non de hiérarchie. Rejetant l’unitarisme uniformisant qui prévaut en France, le fédéralisme différencié suggère au contraire l’idée, suivant le modèle espagnol ou canadien, que chaque région pourrait avoir un statut et des compétences différents, en fonction de ses revendications. La Région doit être avant tout un espace politique de débat démocratique et de prise de décisions, et non une entreprise en concurrence avec les autres Régions. Questionnant le déséquilibre territorial inhérent au centralisme, le fédéralisme permettrait de privilégier les principes de solidarité et de coopération entre territoires.

     

    e) L’objet du projet de fédéralisme différencié est de permettre aux régions de disposer des moyens légitimes pour assurer le bien-être de leurs citoyens et la solidarité avec les autres régions européennes.

     

    f) A terme, cette conception doit trouver sa traduction politique organisationnelle, au-delà de ce qu’est aujourd’hui l’UDB : c’est un sujet de débat avec les autres forces de gauche.

     

    g) L’UDB s’engage à mener une nouvelle réflexion structurante visant à réactualiser son projet de statut particulier d’autonomie en déclinant exhaustivement les domaines de compétences réclamés. Cela devra se concrétiser par une campagne de communication.

     

    II.1.2. Pour une société de la solidarité

     

    A l’heure où les inégalités sociales se creusent et où les politiques gouvernementales répondent à des objectifs marchands, nous proposons une politique de solidarité radicalement différente, fondée sur la prévention et non simplement sur la correction. La qualité des conditions de vie, économiques et sociales des citoyens passe par une anticipation des difficultés sociales de demain.

     

    II.1.2.1. Solidarité et justice sociale

     

    a) L’UDB s’inscrit dans une volonté de renforcer le lien social entre les générations. Elle affirme que la justice sociale doit être au cœur de tout projet de société soutenable.

     

    b) Il est nécessaire de donner aux jeunes Bretonnes et Bretons les moyens de leur autonomie. Ils doivent pouvoir vivre, étudier et se loger dignement sans dépendre de petits boulots précaires qui risquent de compromettre la réussite de leur projet de vie ou leur santé. Une éducation et une formation de qualité sont plus que jamais nécessaires pour participer à l’épanouissement personnel et bien démarrer dans sa vie professionnelle. Ceci suppose de mettre un terme à la logique marchande à l’œuvre notamment dans l’enseignement supérieur et d’allouer des moyens accrus aux secteurs de l’éducation et de la formation permanente.

     

    c) Dans le cadre professionnel, l’UDB rappelle que le droit des salarié-e-s s’applique à tous, y compris aux plus jeunes et qu’il est illogique pour des entreprises de refuser l’embauche de jeunes sous prétexte qu’ils n’auraient pas d’expérience. C’est bien en formant les plus jeunes auprès des plus expérimentés que l’on conserve le savoir-faire.

     

    d) Il est également du devoir de la puissance publique d’assurer les conditions de l’autonomie des personnes âgées et d’éviter leur isolement qui tend à se développer. C’est bien la poursuite d’une véritable intégration dans la vie dont ont besoin les plus anciens. Il est nécessaire d’assurer le maintien à domicile des personnes âgées qui le souhaitent et de leur offrir un accompagnement régulier. Cet accompagnement, que l’on doit également assurer pour les personnes handicapées, est source de création d’emplois qualifiés et d’utilité sociale.

     

    e) Le contraste entre les petites retraites, les minima sociaux et les salaires ou rémunérations mirobolants de certains dirigeants de multinationales est indécent. Il n’est pas concevable de laisser de telles disparités s’installer. Pour l’UDB, si la valorisation des bas salaires et revenus est une priorité, il est aussi urgent d’engager un débat de société sur la nécessité de fixer un écart maximal entre les revenus les plus bas et les plus élevés, comme condition de justice et de paix sociale.

     

    f) Une société se bâtit ensemble, c’est donc entre chaque génération qu’il faut créer des passerelles si l’on souhaite que la cohésion sociale perdure. Pour l’UDB, il faut lutter contre toute forme d’isolement tant physique que psychique car cela peut favoriser des pratiques autodestructrices telles que la consommation excessive d’alcool et de drogues ou, pire, conduire au suicide.

     

    g) L’UDB s’oppose donc au bouclier fiscal et aux mesures favorisant une même catégorie et préconise au contraire une élévation des minima sociaux et une taxation des plus hauts revenus. De même, elle appelle les collectivités territoriales à trouver les moyens de réduire les dépenses qui pèsent sur les ménages, telles que les politiques d’économie d’énergie et les initiatives permettant de développer les alternatives à la voiture pour les salarié(e)s. Enfin, l’UDB estime primordial, en Bretagne particulièrement, de lutter contre la spéculation immobilière qui exclut les moins riches et repousse principalement les jeunes actifs de plus en plus loin des centres de travail et du littoral. La recherche de nouvelles formes d’habitat telles que les coopératives doit en particulier être valorisée.

     

    h) L’UDB sera également attentive à ce que l’établissement Public Foncier Régional, joue son rôle de régulateur foncier, tant à destination du monde rural qu’urbain, plus particulièrement en zone littorale. L’UDB fera de l’urbanisme et du logement, notamment de celui des jeunes ménages, un enjeu majeur. Elle se donnera les moyens de faire dans ces domaines des propositions concrètes mises en valeur dans le cadre d’une campagne de communication.

     

    i) Les conditions de travail doivent être améliorées, la santé au travail et la prévention des risques professionnels doivent être une préoccupation majeure. Si des progrès ont été réalisés, les maladies professionnelles restent un fléau et de nouvelles apparaissent, comme le stress. Les nombreux suicides au travail en sont malheureusement la traduction. Les notions de sécurisation des parcours professionnels et de salaires garantis pour les salariés doivent devenir une réalité, et il convient de s’engager pleinement dans la garantie de la formation tout au long de la vie de façon à accompagner les évolutions ou les reconversions professionnelles.

     

    j) Aujourd’hui, le modèle économique est source de mal-être. Ce n’est donc plus d’un verdissement de l’économie dont nous avons besoin, mais bien d’une transformation écologique et sociale du modèle
    économique afin de garantir une amélioration du bien-être tant des salarié(e)s que des personnes sans activité professionnelle. L’économie de proximité, la production locale, l’amélioration de la qualité des produits, la préservation de l’environnement, la reconversion des filières en difficulté participent à cette transformation nécessaire.

     

    k) Les collectivités ont le pouvoir d’agir sur cette révolution économique en intégrant dans leurs appels d’offre des clauses environnementales et sociales.

     

    l) L'UDB veut que la Bretagne se montre exemplaire dans l'accueil des populations issues de l'immigration. C'est pourquoi elle appelle à une représentation officielle des associations de migrants au sein du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) et à la création d'une Conférence permanente des migrations afin de prévenir les difficultés liées à l'arrivée de populations d'origine étrangère mais aussi de permettre à ces dernières de jouer leur rôle de passerelles entre leur pays d'origine et la Bretagne.

     

    II.1.2.2. La solidarité territoriale

     

    a) La première des solidarités territoriales, c’est la réunification de la Bretagne. Cette nécessaire réunification administrative de la Bretagne, et le réaménagement complet du territoire français, offre l’occasion de sortir d’une approche classiquement centralisatrice sur le modèle jacobin français, en répartissant sur le territoire breton les fonctions stratégiques de gouvernance, en rendant à la Bretagne sa dimension maritime et en calquant l’administration régionale sur un territoire vécu.

     

    b) L’UDB milite pour un aménagement équilibré de l’ensemble de la Bretagne, condition d’une solidarité entre tous les Bretons. Or, aujourd’hui, tant Rennes que Nantes attirent les compétences et les ressources de l’ensemble de la Bretagne.

     

    c) Le projet de loi dit de réforme territoriale va accélérer cette disparité entre haute et basse Bretagne et plus largement entre les « métropoles » rennaise et nantaise et le reste du territoire. De plus, ce projet menace de réduire les pouvoirs déjà faibles des conseils régionaux en les privant de la clause de compétence générale et en réduisant leur autonomie fiscale à 10 % seulement de leurs recettes. Dans cette logique, l’avenir du conseil régional serait donc d’être une chambre d’application de décisions prises uniquement à Paris.

     

    d) L’UDB, au contraire, veut réhabiliter le modèle territorial breton reposant sur un tissu de villes moyennes et petites et de « pays » qui assurent aux Bretons la plupart des services dans un rayon de 20 à 30 km. Elle milite pour la suppression des conseils généraux et la redistribution de ses compétences entre le conseil régional et les «pays» qui pourraient avoir vocation à se substituer aux intercommunalités, ce qui suppose une élection de leurs assemblées au suffrage universel direct et une fiscalité propre.

     

    e) Nous refusons pour la Bretagne, comme pour l'ensemble des régions, le schéma centralisateur français qui tend à se reproduire à l’échelon régional au profit de certaines villes. Nous voulons une Bretagne équilibrée sur le plan démographique comme sur le plan économique, qui sache répartir les fonctions de commandement régional entre plusieurs villes.

     

    f) Plutôt qu’un développement par pôles et la consommation anarchique d’espaces que cela entraîne, l’UDB entend promouvoir une Bretagne multipolaire. Cet objectif ne doit cependant pas faire oublier qu’il existe un grave fossé démographique entre le centre Bretagne et le littoral et que c’est bien par la création d’activités locales que ces zones délaissées se repeupleront.

     

    g) Les îles bretonnes subissent, selon leur localisation et leur éloignement du continent, des phénomènes présents sur le reste du territoire mais avec encore plus d'acuité : une pression foncière liée à une économie résidentielle qui impacte lourdement les habitants permanents, un recul démographique découlant des problèmes d'accessibilité, un accès difficile à l'eau potable et à des sources d'énergie, les conséquences du dérèglement climatique (érosion du littoral, risques de submersion).

     

    h) Les collectivités territoriales doivent donc encourager une répartition équitable des centres de décisions et des pôles d’activités structurantes sur le territoire breton. Ainsi, l’UDB approuve l’installation prochaine de l’Ofis ar brezhoneg dans les locaux du château de Kerampuilh à Carhaix ou encore le choix de l’Onu d’installer à Brest son agence ClimSat en 2008.

     

    i) Dans une société de la mobilité comme la nôtre, le degré d’exclusion sociale se définit de plus en plus par la capacité qu’ont les individus à se déplacer. Personnes âgés, handicapés, à faibles revenus ou jeunes sont de plus en plus marginalisés au profit de ceux qui peuvent circuler facilement entre les zones concentrant désormais la grande majorité des activités. La solution alternative à cette ségrégation spatiale repose sur la reconstitution de services publics de proximité : tribunaux, postes, gares, mais également médecins de campagne, écoles, hôpitaux, commerces, crèches...

     

    II.1.2.3. La solidarité avec les peuples du monde

     

    a) L’UDB dont l’un des objectifs est de garantir les droits du peuple breton, se déclare solidaire de tous les peuples en lutte pour leurs droits tant politiques, culturels que sociaux. Coopérer avec d’autres régions du monde permet de renforcer ses propres compétences mais aussi d’élargir son horizon mental et, ce faisant, de s’interroger sur ses propres pratiques par rapport aux relations humaines ou à la préservation de l’environnement.

     

    b) Cette solidarité doit se concrétiser par notre soutien à des processus de décision démocratiques fondés sur les peuples et non plus sur les États. L’UDB souhaite une Europe fédérale, écologique et sociale qui donne plus de poids aux peuples et aux citoyens. Ceci passe par un renforcement du pouvoir du Parlement européen et du Comité des régions et sur un découpage des circonscriptions électorales européennes qui corresponde, autant que possible, à des territoires, donc à des réalités culturelles et sociales, et non à des zonages quantitatifs. La politique ultra libérale ancrée dans les traités européens et mise en œuvre par la Commission européenne menace nos systèmes sociaux. Face à cela, l’UDB entend lutter avec les autres forces de progrès pour une réforme en profondeur visant à faire primer l’intérêt général et en premier lieu les droits sociaux sur la libre concurrence.

     

    c) Cette exigence démocratique doit se traduire également au niveau international par le renforcement de l’Onu, seule structure légitime à intervenir dans des conflits. L’UDB, au contraire, condamne l’ingérence de certains États dont bien sûr les États-Unis, mais également la Chine, la Russie ou la France, font preuve.

     

    d) La lutte contre le réchauffement global de la planète, l’adaptation des territoires et de leurs populations à ses conséquences, l’accès à l’eau, la protection et la promotion des agricultures familiales, l’éducation initiale et la formation professionnelle (notamment chez les jeunes filles), l’accès à la santé, l’utilisation des énergies renouvelables sont les grands enjeux de la solidarité internationale au XXIe siècle et ceci vaut pour tous les peuples.

    e) L'UDB soutient la création, sous l'égide de l'Onu, d'une Organisation mondiale de l'environnement et celle d'une Organisation mondiale de l'agriculture et de l'alimentation dans le double but de regrouper les instruments internationaux existants et de soustraire ces ressources essentielles à l'humanité au diktat du marché global et des lobbies financiers.

     

    f) L’UDB soutien la reconnaissance de la souveraineté alimentaire. Il n’est pas tolérable en ce début de XXIe siècle qu’un milliard d’êtres humains souffre de malnutrition ou de famine. Défendre la souveraineté alimentaire, c’est défendre le droit pour les populations de déterminer les politiques agricoles et alimentaires qui leur conviennent, sans que ces décisions soient néfastes pour les autres populations. C’est une rupture par rapport à l’organisation actuelle des marchés agricoles de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), car les surplus agricoles des pays riches ne doivent plus
    déstabiliser les productions des pays émergents et des règles de commerce équitable sont à instaurer.

     

    II.1.3. Pour une société écologique

     

    Pour l’UDB, l’écologie n’est pas une mode, mais bien un enjeu de civilisation car aujourd’hui, plus que la planète, c’est bien l’Humanité qui est menacée par le changement climatique et ses conséquences et la perte de biodiversité. La Bretagne et les Bretons doivent, à leur échelle, participer à la lutte contre ces fléaux.

     

    II.1.3.1. Éduquer à l’écologie

     

    a) L’école est un puissant levier d’évolution des mentalités. La pédagogie auprès des plus jeunes est nécessaire à la création d’une société alternative. De la même façon, l’éducation populaire, aujourd’hui mise à mal, peut être un moteur de la transformation écologique sur les territoires bretons.

     

    b) Ceci suppose que les programmes scolaires qui sont, trop souvent, le reflet des orientations politiques majoritaires intègrent ces exigences.

     

    II.1.3.2. Préserver la biodiversité et la qualité de vie en Bretagne

     

    a) L'UDB regrette que l'esprit de l'Agenda 21 soit trop souvent insuffisamment exploité ou réduit à sa portion congrue. Elle souhaite au delà des démarches de développement durable voir s'orienter l'action collective vers des plans climats territoriaux plus ambitieux et surtout plus concrets. Il en va notamment de la santé des citoyens, puisque l’on sait aujourd’hui que l’environnement est en grande partie responsable des problèmes sanitaires. L’UDB rappelle que la lutte pour une eau de qualité est un grand défi de la Bretagne. La région doit avoir la compétence pour un service public de l’eau sous toutes ses formes. L’UDB se prononce pour une gestion publique de l’eau en régie ou en société publique locale.

     

    b) L’UDB entend œuvrer pour la reconversion du système agricole productiviste en une agriculture paysanne et familiale. Les nouvelles pratiques agricoles doivent avoir à cœur la préservation des ressources tant bocagères que fluviales et maritimes. Les aides et la formation professionnelle doivent être orientés pour favoriser l’essor d’une agriculture respectueuse des femmes et des hommes et de l’environnement.

     

    c) Pour cela, l’UDB demande que soient définis pour la Bretagne des objectifs chiffrés ambitieux de réduction des polluants à la source. Elle demande aux pouvoirs publics de ne plus passer d’appels d’offre qui ne soient soumis à des critères écologiques.

     

    d) L’UDB milite pour l’obtention du droit de gérer en Bretagne les crédits de la Politique agricole commune et appelle de ses vœux à leur régionalisation et leur mutualisation. Ainsi, elle pourra valoriser les filières courtes de produits de qualité plutôt que les grosses multinationales agro- alimentaires. L’UDB réaffirme également son opposition aux OGM et se bat pour que les paysans puissent produire sans être dépendant des consortiums tels que Monsanto. Dans le même esprit l'UDB réclame un libre accès aux semences végétales endogènes traditionnelles et soutient l'action des associations qui agissent en ce sens.

     

    e) Pour l’UDB, la recherche publique doit être davantage orientée vers les domaines environnementaux. Dans un contexte polémique sur la dangerosité de certaines expositions et sur les mesures de prévention à mettre en œuvre, il est nécessaire de mieux évaluer les risques auxquels nous sommes confrontés : nanoparticules, algues vertes et bleues, champs électromagnétiques (Wifi, téléphone portable, réseau électrique...), présence de pesticides dans l’air, poussières, matériaux de construction, résidus de médicaments...

     

    f) La Bretagne doit participer à l’effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’autonomie énergétique de la Bretagne, par la réduction des consommations et la production d’énergies renouvelables décentralisées, est donc un objectif à atteindre pour construire une société sans pétrole et sans nucléaire. Les bénéfices que les Bretons peuvent en attendre sont très importants : leur confort et leur cadre de vie vont s’améliorer, leurs charges vont diminuer, et cela est une source potentielle de création de dizaines de milliers d’emplois non délocalisables et répartis sur l’ensemble du territoire. S’obstiner à vouloir construire des centrales thermiques à énergie fossile importée, c’est tourner le dos à l’extraordinaire potentiel hydrolien et éolien breton (exemple du Danemark).

     

    g) Pour commencer, il faut s’attaquer aux gaspillages par l’engagement d’actions vigoureuses visant à des économies d’énergie dans l’habitat, le tertiaire, l’industrie et l’agriculture. Favoriser les innovations pour augmenter l'efficacité énergétique sera nécessaire une fois cette réduction des gaspillages effectuée.

     

    h) L’UDB réaffirme son opposition à la politique nucléaire tant civile que militaire. Elle s’oppose au projet d’EPR qui constitue un non sens économique et écologique.

     

    II.1.3.3. Cesser la politique du zonage et développer une stratégie foncière économe

     

    a) La préservation de la nature passe par une politique du logement radicalement différente. L’habitat écologique, moins consommateur d’énergie et d’espace et mieux intégré aux centres urbains, aux quartiers et aux bourgs, devra être promu.

     

    b) L’exigence environnementale nous oblige à repenser les politiques publiques à tous les niveaux de décision. La consommation anarchique d’espaces au nom d’une vision dépassée du développement économique n’est plus acceptable car elle impacte notre environnement global (la Terre et son climat) comme notre environnement local (appauvrissement de la biodiversité et des paysages).

     

    c) Les collectivités locales doivent promouvoir la mise en œuvre d’un urbanisme « soutenable » qui réhabilite l’urbain et la densité en offrant une vraie place à la nature. La réhabilitation de l’ancien doit être privilégiée à la construction neuve.

     

    d) Une véritable politique d’installation doit être mise en place avec notamment des facilités à la transmission et à l’accessibilité des terres agricoles.

     

    e) L'UDB souligne la responsabilité de l'imperméabilisation croissante des sols (routes, parkings, zones commerciales...), donc des politiques publiques hexagonales et locales qui la favorisent, dans la multiplication des inondations catastrophiques.

     

    II.1.3.4. Promouvoir des transports moins polluants

     

    a) Il est avant tout nécessaire de rappeler que la mobilité n’est pas une fin en soi. L’UDB, fidèle à son slogan « vivre, travailler et décider au pays » estime qu’il faut distinguer mobilité contrainte et mobilité choisie.

     

    b) L’UDB est consciente de la nécessité d’améliorer le réseau routier breton (RN 164, liaisons nord- sud et est-ouest). Elle prône parallèlement l’affectation de budgets importants dans une politique de développement des transports collectifs.

     

    c) L’UDB milite pour la réouverture des anciennes gares et la création de nouveaux arrêts, notamment dans les zones suburbaines de Rennes, Nantes, Brest et Lorient pour les TER. L’UDB fait des liaisons ferroviaires nord-sud un enjeu majeur de ces prochaines années. De même, il est plus que temps de repenser à une stratégie de fret ferroviaire et maritime. Une discussion tripartite entre collectivités, SNCF/armateurs et chargeurs routiers est à encourager. Par ailleurs l'UDB milite pour la recréation d'un réseau ferroviaire de proximité.

     

    d) La Bretagne possède également de trop nombreux aéroports, la plupart déficitaires et ne proposant trop souvent que des liaisons internes vers Paris concurrentielles avec le TGV... qui est financé par la collectivité ! Pour l’UDB, il est nécessaire de décourager les vols courts et de définir une véritable politique aéroportuaire bretonne, en réorganisant les lignes. C’est dans ce cadre que doit être étudiée la pertinence de créer, ou non, un aéroport international à Notre-Dame-des-Landes.

     

    e) Sur le plan maritime, la Région Bretagne est propriétaire de trois ports de commerce que sont Lorient, Brest et Saint-Malo. Toutefois, il n’est pas pensable pour l’UDB de mener une politique maritime sans inclure le principal port breton : Nantes-Saint Nazaire. L’UDB est favorable au cabotage maritime.

     

    II.1.3.5. Favoriser la transformation écologique de l'économie

     

    a) Il est nécessaire de cibler les filières en difficulté et de les reconvertir progressivement vers des approches plus en phase avec les exigences actuelles tout en conservant les savoir-faire.

     

    b) Le levier principal de cette reconversion reste la formation professionnelle, compétence du Conseil régional. De très nombreux métiers seront impactés : éco-habitat, énergies renouvelables, services à la personne, industrie automobile, agro-alimentaire, maritime...

     

    c) L’UDB voit dans la reconversion écologique l'opportunité d'augmenter le nombre d’emplois durables en Bretagne et la consolidation d’un rapport, souvent à reconstruire, entre économie et territoire. En effet, la plupart des nouveaux emplois créés par la reconversion écologique (écoconstruction, énergies renouvelables, agriculture durable...) ne peuvent être délocalisés car ils dépendent des besoins locaux. De plus, de vraies filières industrielles de transformation doivent être créées pour les produits issus de l’agriculture biologique.

     

    d) Le rôle de la recherche est ici déterminant. Cette recherche doit se faire en concertation entre les centres tels qu’Ifremer ou le CNRS, ainsi qu’avec les acteurs professionnels, mais également en collaboration avec les étudiants et notamment l’Université européenne de Bretagne.

     

    e) Une reconversion écologique de l’économie suppose en parallèle l’arrêt de toutes subventions aux activités polluantes. Une reconversion écologique de l’économie suppose que les critères concernant les pollutions soient strictement pris en compte pour toute subvention publique

     

    f) Dans le domaine de l'énergie, la Bretagne peut et doit devenir un territoire pilote. Son potentiel en énergie renouvelable (énergie marine, éolien, solaire, méthanisation des lisiers... etc.) doit être mis en œuvre pour ne plus dépendre du nucléaire. Tendre vers l'autonomie énergétique, c'est créer des milliers d'emplois non délocalisables, c'est se préparer à l'ère de l'après pétrole.

     

    g) Favoriser l’économie sociale : Il convient de reconnaître l’utilité publique de l’économie sociale en concentrant sur ce secteur les aménagements fiscaux et les actions publiques susceptibles de créer de l’emploi. En effet, l’économie sociale, laboratoire démocratique, ancre l’activité sur un territoire et, de fait, constitue une des réponses aux délocalisations. Il convient également de travailler à la création d’un vrai statut de l’économie sociale et solidaire en Europe.

     

    II.2) Comment faire avancer nos idées ?

     

    III.2.1 L’Alliance libre européenne pour la promotion d’une autre Europe

     

    a) L’Alliance libre européenne (l’ALE) est une fédération de partis politiques autonomistes et indépendantistes qui promeuvent la diversité culturelle et une Europe des peuples et des régions. L’UDB en est membre. L’ALE inscrit son action dans la solidarité entre les minorités nationales et la représentation des petits États face aux grands.

     

    b) L’ALE agit selon le principe de subsidiarité et selon le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, principe international reconnu par les États européens, mais rarement appliqué. En France notamment, les régions ne disposent d’aucun pouvoir législatif. L’ALE dénonce le jacobinisme exacerbé de l’Etat français et sa volonté d’uniformisation.

     

    c) L’UDB agira pour promouvoir l’idée du fédéralisme tant au niveau hexagonal qu’européen. Au niveau Européen, l’UDB agira au sein de l’ALE pour promouvoir notre conception démocratique, fédérale, pacifique, sociale et écologique de l’Europe et la mise en œuvre d’une constitution européenne réellement démocratique.

     

    II.2.2. Lutte contre la réforme territoriale du gouvernement

     

    a) L’UDB estime prioritaire de lutter contre la réforme territoriale proposée par Nicolas Sarkozy car outre le fait qu’elle va recentraliser les compétences et les moyens, pourtant déjà très faibles de la région, cette réforme ôte aux citoyens la possibilité de décider d’un projet de société pour la Bretagne.

     

    b) L’UDB combat la suppression des Pays car les Bretons y sont attachés, sans doute plus qu’aux départements. Que la Bretagne soit une des rares régions en France à être entièrement couverte par des Pays, couverture facilitée par le fait que les Pays traditionnels ont une existence ancrée dans les origines de la Bretagne armoricaine (tout en étant conscient que la configuration des Pays a changé avec les nouveaux moyens de communication), est une preuve supplémentaire que de Brest à Clisson, le peuple breton a une spécificité et qu’à région spécifique, statut spécifique !

     

    c) La contractualisation entre les Pays et la Région ainsi que les mécanismes de péréquation entre les Pays appliqués depuis l’accession de la gauche au conseil régional en 2004 doivent être poursuivis.

     

    II.2.3. Renforcer la campagne sur l’autonomie

     

    a) L’autonomie est un concept complexe que bien peu de Bretons maîtrisent. Le terme peut encore susciter de l'incompréhension, voire de l'appréhension par méconnaissance de ce qu'il recouvre et il est du devoir de l’UDB de le rendre compréhensible.

     

    b) Le calendrier électoral étant ce qu’il est, la campagne sur l’autonomie décidée lors du dernier congrès n’a pas été complètement réalisée. Certes, des affiches ont été créées, mais le bureau politique ne s’est pas suffisamment penché sur la question, laissant la charge de cette campagne au secteur jeune qui a réalisé un double tour de Bretagne pour expliquer de façon pédagogique ce projet.

     

    c) Plus que jamais, il est nécessaire de débattre de cette question d’autonomie avec la société. L'UDB doit notamment axer sa réflexion et sa communication sur les implications concrètes de l'autonomie pour la population bretonne dans les domaines importants de la société.

     

    d) : L’UDB devra être une force de rassemblement pour constituer un pôle autonomiste, progressiste et écologiste en Bretagne. La campagne pour l’autonomie permettra de promouvoir cette volonté de rassemblement et de mobilisation sur le terrain pour obtenir les transferts de compétence vers la Région Bretagne, notamment dans les domaines de la politique linguistique, de la gestion de l’eau et de la gestion des aides de la PAC. Cette campagne devra intégrer la réunification de la Bretagne.

     

    II.2.4 L’Union démocratique bretonne et Europe écologie – Les Verts

     

    a) Depuis trente ans, la social-démocratie européenne peine à se renouveler et tend à capituler devant l’idéologie libérale. Parallèlement, le mouvement écologiste autour des Verts s’est ancré à gauche et s’est emparé des questions sociales. En France, la naissance d’Europe écologie – Les Verts s’inscrit dans ce mouvement et représente un souffle nouveau. Ce rassemblement, auquel la fédération Régions et Peuples solidaires s’est associée, a entraîné de bons résultats électoraux aux élections européennes et régionales. L’UDB a pris toute sa place dans la dynamique d’Europe écologie en Bretagne.

     

    b) Lors des Assises de Lyon, Europe écologie a fait le choix de se structurer en parti unifié à l’échelle hexagonale sur la base d’une adhésion individuelle stricte. Pour l’UDB, il ne pouvait être question ni de se dissoudre, ni de se diluer. D’une part, parce que les idées que nous incarnons doivent continuer à être portées de façon autonome, d’autre part, parce que la double appartenance est contraire à nos statuts comme à ceux d’Europe écologie.

     

    c) Pour autant l’UDB et le nouveau parti Europe écologie – Les Verts ont de fortes convergences idéologiques et aujourd’hui un long passé commun avec de nombreux combats partagés, y compris plusieurs campagnes électorales. Les deux groupes d’élus au Conseil régional de la Bretagne administrative, UDB et Europe écologie, travaillent en confiance et constituent un lien permanent entre les deux partis.

     

    En Loire-Atlantique, la question de la réunification de la Bretagne, même si elle a été intégrée dans le programme de la liste EE en PDL à laquelle l’UDB a participé au premier tour de l’élection régionale de 2010, n’est pas revendiquée comme une priorité par EE. L’organisation « régionale » d’Europe écologie à l’échelle de B4 et des PDL, n’est pas un élément facilitant les relations entre l’UDB et EE. Pour autant, les accords UDB et EE passés dans le cadre de la campagne des élections régionales trouvent des concrétisations : organisation d’une réunion publique en février 2011 (impliquant les associations, Bretagne réunie et 44=BZH) et mise en œuvre d’un colloque autour de la réunification avant les élections de 2012.

     

    En conséquence, le congrès de l’UDB, décide d’un partenariat renouvelé mais non exclusif entre l’UDB et Europe écologie - Les Verts.

     

    Ce partenariat de parti à parti, s’organisera à l’échelle de la Bretagne historique. Pour ce faire l’UDB proposera à EE - Les Verts la mise en place d’une structure souple de coordination à l’échelle des cinq départements bretons.

     

    d) Ce partenariat se traduit dans l’immédiat par une alliance avec Europe Ecologie – Les Verts pour les élections cantonales de 2011. Cette situation ne préjuge en rien d’autres alliances électorales en vue des échéances futures : sénatoriales, présidentielles, législatives, régionales, municipales.

     

    e) L’approche différente des composantes de R&PS au sujet du partenariat avec EE – Les Verts, sans remettre en cause la nécessité d’une fédération des peuples et régions solidaires dans le cadre de l’Etat français, justifie, conformément à la résolution du congrès de Mouans-Sartoux, la tenue d’un conseil fédéral extraordinaire de R&PS, après débat dans chacune des composantes.

     

    Le congrès de l’UDB demande à R&PS que le positionnement spécifique de l’UDB en Bretagne soit pris en compte, dans l’élaboration de la convention de partenariat envisagée entre R&PS et Europe écologie – Les Verts, au niveau hexagonal.

     

    II.2.5. Les élections à venir

     

    a) 2011 sera à nouveau une année électorale. Bien qu’elle risque d’être moins mobilisatrice que la campagne des régionales, celle des cantonales est importante en ceci qu’elle permet à l’UDB de défendre des thèmes qui lui sont chers et de militer sur le terrain.

     

    b) Pour les élections cantonales, le BP avait décidé, en lien avec Europe écologie, d’engager des négociations avec le PS, dans l’objectif d’avoir des élus dans les conseils généraux pour peser sur les politiques menées. Hormis le département des Côtes d’Armor dans lequel les négociations se poursuivent, la représentativité UDB et EE - les Verts, n’a pas été reconnue par les instances du PS qui restent majoritairement dans une attitude hégémonique.

     

    En conséquence : En Bretagne administrée, l’UDB mènera campagne dans le cadre de l’alliance avec EE - Les Verts. En Loire-Atlantique, compte tenu du contexte, le congrès mandate le BP et la fédération 44, pour assurer une présence visible de l’UDB aux élections cantonales, de façon autonome.

     

    Au second tour, sauf dans le cas d’un accord de premier tour en Côtes d’Armor, et compte tenu de l’attitude du PS, il n’y aura pas de désistement systématique. Partout où ce sera possible, l’UDB optera pour le maintien de ses candidats. Le BP aura la responsabilité d’apprécier les situations particulières.

     

    c) 2012 sera l'année de l'élection présidentielle puis des élections législatives. En 2012, battre la droite sera un objectif prioritaire pour l'UDB, tant la politique mise en œuvre depuis 2007 s'est traduite par une aggravation délibérée des inégalités sociales, déjà favorisées par les mesures fiscales des gouvernements Raffarin et de Villepin.

     

    d) Pour autant, battre la droite implique de proposer et de faire partager à une majorité de citoyens français un véritable projet de société qui crée un espoir de changement et emporte les convictions. Tout en considérant que la conversion écologique et sociale des systèmes de production et des modes de vie, la mise en œuvre institutionnelle d’un fédéralisme différencié et de l’autonomie régionale sont nécessaires et urgents, l’UDB décide d’engager un dialogue avec Europe-Écologie et avec les autres forces progressistes de gauche y compris celles ne portant pas complètement ces idées.

     

    II.3. Quel fonctionnement optimal de l’UDB ?

     

    II.3.1. Revoir la communication

     

    a) L’UDB souffre toujours d’un déficit de communication et de notoriété. La difficulté pour notre formation à passer dans la presse ou à la télévision nécessite une réflexion globale du parti et un changement de stratégie. L'émergence de l'UDB et de ses idées sur le plan médiatique suppose que nous soyons capables de créer l'événement et non pas seulement de réagir à l'actualité. Le Tro Breizh de l'autonomie organisé par les jeunes de l'UDB montre la voie à suivre.

     

    b) Notre communication par Internet s’est nettement améliorée par l’intermédiaire des réseaux sociaux notamment. Le congrès mandate donc le bureau politique pour continuer l’effort entrepris et étudier le meilleur moyen d’exploiter les possibilités ouvertes par internet.

     

    c) Le congrès mandate le Bureau politique pour étudier les moyens nécessaires à l’application de la Charte Ya d’Ar Brezhoneg dans les plus brefs délais. Cet objectif est à intégrer dans la gestion des moyens humains du parti.

     

    d) Un système de fiches thématiques sera mis en place, avec une analyse, sur la position du parti et des questions – réponse avec un commentaire. Ces fiches thématiques auront aussi vocation à l’information et la formation des adhérents.

     

    II.3.2. L’avenir du Peuple breton

     

    a) Le Peuple breton est le principal outil informatif de l’UDB, mais c’est également un magazine d’actualité et de formation sur la Bretagne qui souhaite élargir le périmètre du combat autonomiste, écologiste et de gauche.

     

    b) Le Peuple breton a démontré sa qualité eu égard à son caractère militant et bénévole, mais il reste un outil qui revient cher au parti et son coût pose question.

     

    c) Pour l’UDB, il n’est cependant pas raisonnable de se passer d’un tel outil, lu par de nombreux décideurs bretons et bénéficiant d’un noyau de fidèles lecteurs. La parution mensuelle de ce journal permet la formation du plus grand nombre, militants et sympathisants.

     

    d) Les ressources du Parti étant limitées, une réflexion de fond sur les moyens de trouver de nouveaux abonnés et/ou des financements est nécessaire.

     

    e) La diffusion du PB doit être mieux organisée. Le réseau de dépôts doit être renforcé, en priorité dans la Loire-Atlantique et dans les Côtes d’Armor.

     

    f) Sa promotion par internet doit être accrue car elle permet une banalisation du titre et participe à sa crédibilité. Si Internet ne peut remplacer une publication papier, il est important de profiter de la complémentarité entre les deux médias.

     

    II.3.3. La formation

     

    a) La formation est un élément indispensable à tout parti démocratique. Un parti doit en effet être conçu comme un outil permettant de poursuivre la formation des adhérents parallèlement ou après leurs études. La formation des camarades à la prise de responsabilité et à l’animation interne du parti sera une priorité.

     

    b) La formation s’articule autour de cinq axes : - la formation collective autour de thèmes précis, - la formation personnelle : l’art de communiquer, la prise de parole, la rédaction d’articles, - la formation appliquée : la politique économique et sociale, l’écologie appliquée, - la formation aux fonctions électives et aux fonctions d’animation du parti, - le développement du bilinguisme dans le parti.

     

    c) Chaque responsable de commission sera chargé d’organiser, en lien avec le coordinateur au bureau politique, une session de formation par an.

     

    d) La formation théorique sur les grands enjeux du monde contemporain devra être développée prioritairement et pourra être ouverte à des formations amies.

     

    e) L’UDB estime nécessaire de prendre sa part de responsabilité en matière de promotion du bilinguisme en Bretagne. Ayant signé la charte Ya d’ar brezhoneg, elle s’engage à organiser une journée de formation exclusivement en breton pour les brittophones, membres ou sympathisants du parti.

     

    f) Compte tenu de l’importance des élus municipaux pour le parti une attention particulière sera accordée à leur formation.

     

    II.3.4. Recruter et structurer

     

    a) Le congrès mandate le BP pour une campagne forte d’adhésions qui ciblera en priorité les jeunes et les femmes.

     

    b) Les élus municipaux et régionaux de l’UDB constituent un relais important pour les propositions de l’UDB, ils témoignent de la capacité du parti à gérer les affaires publiques, ils sont des relais d’action et d’opinion essentiels pour nos idées et le parti. Il convient donc de valoriser plus et mieux le réseau des élus UDB. Le BP devra dégager des moyens pour dynamiser le réseau d’élus et faire connaître ses actions et engagements.

     

    II.3.5. Optimiser le fonctionnement interne du parti

     

    a) L’UDB a besoin de repenser sans cesse son organisation et sa structure pour les adapter aux défis à venir. Pour se faire l’UDB privilégiera dans les deux ans à venir :

     

    b) Une organisation du bureau politique où les postes et rôles de chacun seront définis dès les deux premières réunions entre le maximum de membres avec la possibilité de nommer des responsables- animateurs de commissions thématiques.

     

    c) Une réflexion sur l’articulation BP / Fédérations / section définissant mieux les champs de compétences et d’action de chacun et leur organisation réelle, et la circulation de l’information interne.

     

    d) Des réunions de services ou par thèmes réunissant les responsables ayant à traiter des questions similaires (réunion AI, de trésoriers, de communication...). Outre les aspects techniques ces réunions auront un effet de meilleures connaissances personnelles entre militants et un lieu de confrontation des expériences.

     

    e) Une redéfinition du rôle, du contenu, de la périodicité d’An Emsaver, lien entre tous les adhérents.

  • CONGRÈS DE PLÉRIN (2008)

    29e CONGRES

     

    I – Analyse : situation générale

     

    Dans la partie situation générale, nous abordons les constats et analyses de la situation du monde sur les plans de la politique, de la démocratie, de l’économie, du social, de la culture, de l’environnement… et, à chaque fois, les questions qui nous sont posées et les enjeux qui en découlent. Notre grille d’analyse UDB nous permet de proposer une lecture critique et d’envisager les changements à revendiquer ou à mettre en œuvre tant pour les objectifs à atteindre que pour la méthode pour y parvenir.

     

    I-1) Quel avenir pour le village planétaire ?

     

    a) L’Union démocratique bretonne inscrit sa réflexion et son action en tenant compte des profonds bouleversements intervenus ces dernières années en Europe et dans le monde. La Bretagne est intégrée à ces espaces, elle ne peut ignorer ce qui s’y déroule.

    b) La mondialisation libérale a atteint ses limites, et son caractère insoutenable est aujourd’hui indéniable. Confrontées à une double crise écologique et économique, nos sociétés doivent désormais opérer une révolution en profondeur et donner une place centrale à la diversité, la soutenabilité et la solidarité si elles veulent pouvoir limiter les effets de la crise.

     

    I-1-1) Les limites de la croissance

     

    I-1-1-1) L’économie mondialisée se heurte aujourd’hui aux limites physiques de la planète suivant des modalités qui rappellent fortement les prévisions du Club de Rome au début des années 70. On constate depuis 2004 une stagnation de la production de pétrole et une fluctuation considérable des prix. Tout indique que nous avons atteint le peak oil (extraction maximale possible de pétrole) ou que nous sommes sur le point de le faire et que la quantité de pétrole disponible à l’échelle mondiale ne peut à l’avenir que se réduire avec un coût qui ira croissant.

    I-1-1-2) L’uranium, le charbon, le gaz naturel et autres énergies fossiles ne pourront remplacer le pétrole que de façon partielle et sur une durée limitée, car ces ressources sont tout aussi épuisables que le pétrole et leur production entamera un déclin irréversible à une échéance de dix ou vingt ans.

    I-1-1-3) Le modèle de la « révolution verte », développé dans les années 70, est en train de s’épuiser et la production céréalière est devenue structurellement inférieure à la demande depuis 2000. La situation est encore aggravée par le changement climatique et le développement des agrocarburants. L’effondrement des stocks s’est traduit par une hausse considérable des prix et de graves troubles sociaux dans les populations urbaines du tiers-monde.

    I-1-1-4) Le réchauffement climatique global, prévu dès les années 70, se confirme. Il semble aujourd’hui peu probable qu’on puisse éviter une hausse substantielle de la température, une augmentation du niveau de la mer et des phénomènes climatiques extrêmes touchant particulièrement les pays les plus défavorisés. De vastes zones pourraient être perdues pour l’agriculture et entraîner d’importantes migrations.

    I-1-1-5) Les conséquences de ces évolutions restent encore difficiles à évaluer. Il est probable, cependant, qu’elles se traduisent par un cycle de crises sociales, économiques et politiques entrecoupées de périodes de répit plus ou moins longues. Ce phénomène de crise autoalimentée ne s’interrompra qu’au moment où nous pourrons faire reposer l’ensemble de notre économie sur des ressources renouvelables, ce qui paraît difficilement compatible avec le maintien de la société de consommation.

     

    I-1-1-6) Bien que bénéficiant des avantages du monde développé, la Bretagne n’est pas épargnée par cette évolution. L’estuaire de la Loire est à terme gravement menacé par la montée du niveau de la mer et, si nous ne sommes pas menacés de pénuries comme dans le tiers-monde, la hausse du prix des matières premières rogne dès aujourd’hui le pouvoir d’achat et menace la viabilité de secteurs entiers de notre économie.

     

    I-1-1-7) Les phénomènes précédemment décrits peuvent être sujets à débats et l’UDB doit en tenir compte. En particulier une réorientation de la recherche en vue de contrecarrer ces évolutions ou leurs conséquences peut  entraîner des progrès scientifiques et techniques importants actuellement insoupçonnables.

     

    l-1-1-8) Les évolutions prévisibles ne doivent pas masquer le jeu des différentes forces sociales et des différents États ou territoires dans l’appropriation des ressources et des biens. L’enjeu politique autour de la répartition des richesses connaîtra une acuité certaine dans un contexte idéologique où l’égoïsme des possédants tente de battre en brèche les systèmes de péréquation et donc de solidarité.

     

    I-1-2) La crise du capitalisme

     

    I-1-2-1) La crise dite des subprimes qui a éclaté en 2007 aux États-Unis était prévisible. Elle n’est pas fondamentalement différente des autres crises spéculatives qui ont marqué l’histoire du capitalisme depuis l’effondrement du marché de la tulipe aux Pays-Bas en 1637. Elle se situe néanmoins dans un contexte particulier.

     

    I-1-2-2) La démantèlement des régulations imposées par les États à la fin de la Seconde Guerre mondiale a abouti au retour d’un capitalisme financier largement découplé de l’économie réelle et faisant passer des impératifs de rentabilité à court terme avant les logiques industrielles et commerciales. La conséquence en est une pression de plus en plus forte sur les salariés qui voient leur part dans la répartition des richesses se réduire de manière significative, et ce de l’aveu même de la droite qui admet que « depuis plusieurs années, les salaires progressent beaucoup moins vite que les revenus du capital ». Elle rend, par ailleurs, l’économie beaucoup plus vulnérable à des crises purement financières qui, en faisant disparaître des quantités considérables de liquidités, entraînent une restriction du crédit et donc de l’investissement.

     

    I-1-2-3) La raréfaction des ressources a entraîné une hausse du prix des matières premières qui se diffuse progressivement dans l’ensemble de l’économie en se concentrant sur les produits de première nécessité et pèse surtout sur les plus démunis.

     

    I-1-2-4) Si la spéculation n’est pas la cause première de nos difficultés, elle les aggrave considérablement. Les liquidités créées par la politique de crédit facile initiée par la Réserve fédérale américaine se portent, en l’absence de toute régulation, sur les marchés les plus tendus en en accroissant la volatilité. Cette volatilité nuit aux investissements, nul ne pouvant plus être sûr de ce que seront les prix des matières premières à moyen terme, sans pouvoir contrecarrer, sur le long terme, l’augmentation générale.

     

    I-1-2-5) Par ailleurs, la mondialisation-globalisation montre clairement ses limites, la crise bancaire en est une parfaite illustration. Le centre industriel de la planète continue à migrer vers les pays les plus peuplés d’Asie. Les pays producteurs de matières premières utilisent le protectionnisme et les nationalisations pour s’assurer le contrôle de leurs ressources et garantir un accès privilégié de leur population à ces ressources. De plus, le prix croissant des transports rend problématique la stratégie consistant à concentrer la production d’un bien dans une seule région du monde. Les importations bon marché ont souvent détruit non seulement la production locale, mais aussi la capacité de production locale, avec pour conséquence la paupérisation et l’émigration forcée de populations entières.

     

    I-1-2-6) Parallèlement ; les États-Unis voient s’éroder l’hégémonie financière qui, jusqu’à aujourd’hui, leur avait permis de compenser la perte progressive de leur hégémonie industrielle à partir des années 70. La création puis l’affirmation de l’euro a été une étape décisive dans ce processus, car elle limite la capacité des États-Unis à financer leur mode de vie en détournant les capitaux du reste du monde. C’est pour compenser ce déclin que l’administration Bush, dominée par les néo-conservateurs, s’est lancée dans une politique d’aventurisme militaire destinée à s’assurer le contrôle de ressources ou de positions clés. Cette politique a cependant été un échec sur le terrain et elle n’empêchera pas plus le déplacement du centre géopolitique de la planète vers le sud et l'est asiatique.

     

    I-1-2-7) Même si, de par son contexte, la crise actuelle a une importance particulière et pourra se traduire par de profonds changement économiques, politiques et sociaux, tant à l’intérieur des États qu’à l’extérieur, elle n’est cependant qu’une crise parmi d’autres au sein d’une série de cycles longs, et notamment celui entamé au XVIIIe siècle en Angleterre et qui a permis au mode de production capitaliste et industriel de s’étendre à l’ensemble de la planète, cycle qui pourrait aujourd’hui entrer dans sa phase descendante. La crise sera suivie normalement d’un rétablissement au moins partiel, mais le risque est grand d’assister à de réels effets de cliquet, diminuant durablement l’intégration politique et économique de la planète et poussant dans la marge des populations et des régions entières.

     

    I-1-3) Un monde de plus en plus dangereux

     

    Le retour en force des impérialismes n’est pas du seul fait des États-Unis. Il se manifeste également en Chine et par l’expansionnisme russe déjà à l’œuvre sur certains territoires limitrophes. Des menaces se font jour contre les États issus de l’ancienne URSS. On paie là au prix fort la négation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l’absence d’Europe politique et militaire et la faiblesse des organismes internationaux de sécurité.

     

    I-2) La situation en France et en Europe

     

    2-1) Des réponses inadaptées

     

    I-2-1-1) En France, la conscience de la crise a fait de très nets progrès, mais les réponses ne sont toujours pas à la hauteur. Le « Grenelle de l’environnement », tant vanté par le gouvernement, n’a abouti qu’à des résultats en trompe-l’œil, vite remis en cause par les lobbies agricoles et industriels, et surtout sans financement crédible. Restructurer une société complexe comme la nôtre coûte très cher, et ceux qui refusent de l’admettre se condamnent à l’impuissance, les moins aisés étant les plus pénalisés.

     

    I-2-1-2) Le discours de la droite, qui a pu faire illusion le temps d’une élection présidentielle, cache mal un projet réactionnaire visant à concentrer la richesse entre les mains des populations et des espaces géographiques les plus favorisés. Au-delà du symbole que constitue le « paquet fiscal », 14 milliards d’euros rendus aux plus riches chaque année, le gouvernement a entrepris un travail de sape des institutions et des lois qui protègent les classes populaires et moyennes, sans même explorer les solutions alternatives qui, il est vrai, avaient le défaut de nuire aux intérêts de ses affidés.

     

    I-2-1-3) La casse des acquis sociaux mis en place depuis plus d’un siècle, marquée par les réformes du régime des retraites, qui réduira à terme d’environ 25 % le montant des pensions, les attaques contre le système de santé, la stigmatisation des chômeurs par des contrôles tatillons, la réductiondes droits syndicaux, les attaques répétées contre le Code du travail, la remise en cause des 35 heures, la baisse de l’ambition en matière d’enseignement public, la chasse aux sans-papiers sont autant de reculs sociaux, mais aussi de terrains de mobilisation des forces progressistes.

     

    I-2-1-4) La politique de diminution des impôts mise en œuvre depuis au moins une vingtaine d’années au profit des plus favorisés, le « paquet fiscal » mis en place depuis l’arrivée au pouvoir des actuels gouvernants ont pour résultat de créer et d’aggraver le déficit du budget de l’État. Ce déficit est le prétexte utilisé pour diminuer les dépenses publiques et, en conséquence, pour liquider les services publics. Mais cette casse des services publics est aussi la mise en œuvre d’une doctrine néo-libérale et réactionnaire où la notion de service à but non lucratif est remplacée par celle de rentabilité, où la solidarité disparaît au profit de valeurs marchandes, avec une aggravation drastique des inégalités sociales. L’ensemble des régions de France est durement touché par cette régression, et la Bretagne l’est particulièrement.

     

    I-2-1-5) Située à la périphérie de l’espace français, la Bretagne est plus vulnérable que d’autres à cette politique, d’autant plus que le système institutionnel français ne lui donne pas toujours les moyens légaux et financiers d’en corriger les effets et d’élaborer une réponse qui lui soit propre face à la crise qui s’annonce.

     

    À l’opposé des institutions du Pays basque sud, qui bénéficient d’une large autonomie fiscale et législative, la Région Bretagne, sans aucun pouvoir législatif ni même réglementaire et très limitée dans sa capacité à lever l’impôt, ne gère que 3 % du total des dépenses publiques (hors Sécurité sociale) réalisées sur le territoire de la Bretagne administrative et doit, en raison du caractère très injuste du mode de calcul des dotations d’État aux collectivités, faire avec le budget par habitant le plus faible de toutes les régions de la France métropolitaine. Cette réalité est largement ignorée des Bretons. Or, là est la cause profonde de l’incapacité de notre institution régionale à répondre comme elle le souhaiterait aux défis économiques, sociaux, environnementaux et culturels qui se posent à la Bretagne. Car on ne peut avoir que l’ambition des moyens dont on dispose ou qu’on se donne. Ici comme ailleurs, l’autonomie est la solution politique.

     

    I-2-1-6) Globalement, les responsables politiques et administratifs ne remettent pas en cause la structure centralisée du pouvoir de l’État français. Même les réformes qui recueillent un certain écho dans l’opinion, comme la suppression du cumul des mandats ou la réforme du Sénat, se heurtent à l’inertie des pouvoirs en place. Quant à celles qui sont finalement adoptées, elles sont souvent vidées de leur contenu par le jeu des lobbies. Rigide et centralisé, l’État français est donc particulièrement vulnérable aux effets déstabilisateurs de la crise. Cependant, cet État reste au centre des attentes des Bretons, même s’il est, et continuera à être, de moins en moins capable d’y répondre.

     

    I-2-1-7) La construction européenne se poursuit dans les domaines économiques et juridiques mais sans concrétisation politique. La question des institutions continue à se poser et, de ce point de vue, l’élargissement aux pays d’Europe orientale a aggravé le problème et poussé à un renforcement des égoïsmes nationaux. Dans un contexte où le libéralisme continue à dominer, le projet d’une Europe sociale et politique reste à construire.

     

    L’orientation résolument libérale de la construction européenne ne peut que contribuer à en détourner une part croissante de la population européenne.

     

    I-2-1-8) Les libertés fondamentales sont mises en danger au travers du fichage généralisé et centralisé. Il est clair que cette intrusion dans la vie privée est la porte ouverte aux dérives autoritaires.

     

    I-2-2) La situation des forces politiques hexagonales

     

    I-2-2-1) La droite a gagné les élections de 2007 en proposant un retour au volontarisme politique. Celui-ci s’est cependant très vite heurté aux réalités et s’est transformé en une gestion de la crise par la régression sociale. Il a cependant servi de justification à une dérive présidentialiste du régime, le président sortant de son rôle traditionnel d’arbitre engagé pour assumer l’essentiel des pouvoirs dugouvernement, réduisant celui-ci à faire de la figuration. Cette dérive, associée à l’inefficacité de la politique gouvernementale, contribue fortement au discrédit du pouvoir en place dont la popularité est une des plus faibles de l’histoire de la Ve République après un an d’exercice, et dont la légitimité commence à devenir problématique.

     

    I-2-2-2) La gauche de gouvernement, représentée par le PS, peine à dégager un projet alternatif. Elle n’a pas tranché entre défense des acquis et gestion sociale du libéralisme. Ce choix binaire, qui ne tient pas compte de la nature de la crise en cours, limite considérablement sa capacité à s’opposer efficacement aux politiques néo-libérales et à la volonté d’accaparement des ressources de plus en plus manifeste dans les classes dirigeantes. Il l’empêche également d’établir une stratégie d’alliance cohérente et donc de rassembler face à une droite qui a, au moins temporairement, réabsorbé l’électorat d’extrême droite.

     

    I-2-2-3) Le parti communiste se maintient dans ses bastions historiques mais semble sur la voied’un déclin désormais irréversible. Il conviendra de suivre avec attention l’évolution de la LCR, après un changement qui ne sera pas que de nom ; il est possible qu’il s’agisse bientôt d’une force dont il faudra observer l’évolution, tout en étant conscient que leurs finalités sont différentes des nôtres.

     

    I-2-2-4) Les Verts restent la force centrale de l’écologie politique, ils sont une force d’analyse et de proposition incontournable pour un renouvellement des pratiques politiques. Leur force électorale est cependant très inconstante et volatile, leur organisation et leurs divisions internes rendent difficile leur lisibilité.

     

    Ils demeurent le principal interlocuteur de R&PS au plan hexagonal et de l’Alliance libre européenne au plan européen ainsi que des partenaires privilégiés de l’UDB au niveau municipal, régional et européen. Il faut noter l’émergence d’une écologie de droite.

     

    I-3) La situation en Bretagne

     

    I-3-1) Le modèle économique breton, basé notamment sur le productivisme agricole, fait face à des défis considérables au moment où semble s’amorcer un cycle de crise de longue durée. L’agriculture, la pêche et les industries qui y sont liées souffrent de la crise des ressources sans vraiment bénéficier des hausses de prix. Dans le même temps, les alternatives peinent à se développer malgré les potentialités de notre territoire. L’investissement des Bretons dans l’éducation reste une constante, mais l’offre en enseignement supérieur n’est pas à la hauteur, tant du fait du manque d’autonomie des universités et du manque de moyens que de l’absence de débouchés professionnels locaux.

     

    L’aménagement du territoire reste marqué par le saupoudrage et le manque d’investissement dans la durée sans que les institutions régionales disposent des moyens de compenser ces insuffisances. On peut, par ailleurs, se poser la question de savoir s’il est pertinent d’investir dans la mondialisation et le productivisme à l’heure où la crise globale impose au contraire une transition vers une économie soutenable, solidaire et relocalisée.

     

    I-3-2) La culture bretonne, dans toutes ses composantes, reste vivante et dynamique, pleinement apable de s’adapter aux changements et d’intégrer les influences venues d’ailleurs. Le succès auprès des municipalités de la charte Ya d’ar brezhoneg proposée par l’Office de la langue bretonne montre que la langue bretonne est devenue un enjeu électoral qui tranche avec le mépris affiché à son égard il y a quelques décennies. La situation de la langue bretonne reste cependant difficile malgré une politique régionale ambitieuse impulsée en partie par l’UDB. La transition entre les bretonnants de naissance et les néo-locuteurs qui, qu’on le veuille ou non, sont l’avenir de la langue, est problématique et ne pourra être assurée que par un effort important d’éducation et de soutien et aussi d’exemplarité de la part des pouvoirs publics. La situation du gallo est, elle, critique. L’absence de toute dimension bretonne dans les programmes scolaires (histoire, géographie, littérature, arts, éducation physique) est une autre injustice faite aux Bretons. La Bretagne souffre lourdement de l’absence d’un service public audiovisuel et radiophonique qui serait doté de moyens comparables à ceux dont disposent des territoires comme le pays de Galles, l’Écosse, Euskadi ou la Catalogne et qui leur ont permis de faire émerger une industrie culturelle pourvoyeuse d’emplois qualifiés. En Bretagne, cette carence est particulièrement préjudiciable aux artistes professionnels ou aspirant à le devenir, qui peinent à trouver un accès au grand public et vivent souvent dans la précarité. L’identité bretonne est aujourd’hui largement acceptée et est régulièrement mise en avant lors des luttes sociales ou politiques. Cependant, elle n’est pas encore massivement revendiquée.

     

    I-3-3) La Bretagne constitue un espace de solidarité et sa population fait preuve d’une capacité de mobilisation supérieure à la moyenne hexagonale. Elle subit cependant les effets d’une gouvernance économique favorisant des intérêts parisiens plutôt que les siens propres. Cela se traduit par une spécialisation dans des secteurs à faible valeur ajoutée et donc par une émigration des diplômés, et des salaires moyens inférieurs à la moyenne. Par ailleurs, l’importance disproportionnée du tourisme résidentiel (résidences secondaires) et l’arrivée de nouvelles populations, notamment retraitées (+ 35 000 habitants chaque année en Bretagne historique) aboutissent à une spéculation foncière incontrôlée préjudiciable à la cohésion sociale. La structure urbaine bretonne, basée sur un réseau de villes moyennes, est mise à mal par une politique de démantèlement des services publics, qui privilégie les grands centres au détriment de la cohésion territoriale. Pis, certaines politiques locales en amplifient les effets en confortant le phénomène de concentration urbaine. L’UDB a démontré son opposition à la concentration urbaine en manifestant contre les projets de suppression des services hospitaliers dans les secteurs les plus fragiles (Carhaix, Redon, Quimperlé, Ancenis…), mais également en manifestant contre le projet de réforme de la carte judiciaire. Écoles, hôpitaux, tribunaux, postes sont des services publics essentiels pour garantir le polycentrisme et éviter la désertification du centre Bretagne notamment.

     

    I-3-4) La Bretagne a confirmé et amplifié en 2007 et 2008 son ancrage à gauche. La gauche, même globalement majoritaire, doit rassembler l’ensemble de ses composantes si elle veut l’emporter face à une droite unie. Le PS, s’il est dominant, ne peut cependant mobiliser plus d’un tiers des voix à lui tout seul. Les Verts, en Bretagne, malgré des divisions plus marquées qu’ailleurs, restent une force essentielle du combat pour l’écologie politique. Le parti communiste maintient difficilement ses bastions historiques tandis que l’extrême gauche, organisée autour de la LCR, fait preuve d’une vitalité certaine. À droite, le phénomène marquant est la résurgence du courant démocrate-chrétien lors de l’élection présidentielle de 2007 et la tentative d’implantation du MODEM. L’UMP, durablement affaiblie par sa défaite aux régionales de 2004, souffre d’un manque de leadership et n’a pas de projet global pour la Bretagne. À l’extrême droite, le Front national, qui n’a jamais percé en Bretagne, reste marginal.

     

    II – Orientations

     

    II-A) La Bretagne a besoin de l’UDB, un parti autonomiste, écologiste et de gauche

     

    L’UDB est toujours le parti dont la Bretagne a besoin, car aucun parti politique français n’a un projet pour la Bretagne qui respecte son identité, d’une part, et il n’y a actuellement aucun parti progressiste breton avec lequel l’UDB puisse envisager une alliance ou une fusion, d’autre part.

     

    Les orientations du XXIXe congrès de l’UDB s’articulent autour de l’autonomie de la Bretagne comme moyen d’épanouissement du peuple breton, de réponse à la crise écologique et de défense de la population et des territoires bretons contre ses effets ainsi que contre les conséquences funestes de l’ultra-libéralisme par le biais de politiques publiques adaptées.

     

    II-A-1) Des priorités

     

    II-A-1-0) L’Union démocratique bretonne se place dans le camp de ceux qui refusent le néolibéralisme. Parce que la question sociale ne se réduit pas aux sphères du travail et de l’économie, notre projet politique aborde l’amélioration des conditions de vie dans un cadre plus large, celui d’un projet de société où la convivialité, la vie associative et le devoir citoyen auront toute leur place. Elle refuse de réduire la vie à la seule « valeur travail ».

     

    II-A-1-0-1) Consciente de l’impossibilité de poursuivre une politique de croissance infinie dans un monde aux ressources de plus en plus limitées, l’Union démocratique bretonne se place dans une perspective de changements en profondeur dans le sens d’une société bretonne, autonome, soutenable, juste et solidaire.

     

    Les points développés ci-dessous en précisent les contours et fixent nos priorités.

     

    II-A-1-1) Une Europe politique, fédérale, démocratique et sociale

     

    a) L’UDB estime que la construction européenne et le renforcement des institutions européennes
    – et principalement du Parlement européen – sont indispensables au maintien de la paix et de la prospérité sur le continent. L’Union européenne doit avoir une assise politique forte lui permettant d’agir pour le rétablissement et le respect des nécessaires règles économiques et financières au niveau du commerce mondial et pour développer une politique extérieure commune œuvrant pour la paix, le désarmement et la solidarité internationale, en rejetant tout assujettissement à la politique militaire des USA et en mettant l’accent sur l’application, en tous lieux, du droit international et des décisions de l’ONU.

     

    b) Elle doit aussi s’affirmer en tant que puissance pour compenser le déclin programmé des États-Unis, faire pièce à la montée des puissances autoritaires que sont la Chine populaire et la Russie et travailler au respect de la démocratie et de la diversité culturelle sur l’ensemble de la planète. Elle doit enfin s’attacher à promouvoir une gestion responsable et équitable des ressources naturelles et une transition aussi pacifique que possible vers un monde écologiquement stable.

     

    c) L’UDB affirme qu’il est illusoire de vouloir lutter contre le détricotage de la cohésion sociale, contre les inégalités croissantes et les nouvelles formes de précarité, notamment celles induites par une sous-rémunération du travail, sans engager un socle de réformes structurelles lourdes et ambitieuses. L’Union européenne doit affirmer clairement le rôle de la puissance publique dans la conduite de l’économie et se doter d’une politique économique active, et notamment d’un réel système de régulation et de contrôle sur les plans financiers, juridiques, sociaux et économiques.

     

    Elle doit engager de nouvelles politiques industrielles communes, comme pour le charbon et l’acier à ses origines ou le domaine spatial (Agence spatiale européenne), en privilégiant la question stratégique de l’énergie, telle une aide à la recherche-développement, en particulier dans lesdomaines de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables non fossiles. Elle doit également établir une norme juridique commune et contraignante en matière de libertés publiques, de droits sociaux et de défense des minorités. Il revient aux forces de gauche d’être à l’initiative de ces changements et de les réaliser.

     

    d) L’UDB agira au sein de l’ALE et des instances européennes pour promouvoir notre conception démocratique, fédérale, écologique, sociale et pacifique de l’Europe et l’adoption, par une voie démocratique d’une véritable Constitution. Celle-ci devra être compréhensible pour chacun.

     

    II-A-1-2) Une véritable autonomie régionale

     

    Sauf à accepter un lent glissement vers la paralysie, l’octroi d’une autonomie régionale, législative et constitutionnelle est nécessaire pour la Bretagne.

     

    a) L’autonomie régionale est le corollaire indispensable de la relocalisation de l’économie. Elle n’est cependant concevable que sur la base d’une identité territoriale partagée. C’est pourquoi l’UDB oppose au modèle jacobin un projet de fédéralisme différencié adapté aux réalités identitaires locales. La nécessaire réunification de la Bretagne s’intégrera dans un redécoupage de l’ensemble de l’ouest de la France qui verra quatre régions fortes (Bretagne réunifiée, Normandie réunifiée, Vendée-Poitou-Charentes, Val-de-Loire) se substituer aux six (Bretagne administrative, Basse-Normandie, Haute-Normandie, Pays-de-la-Loire, Centre, Poitou-Charentes) qui existent actuellement.

     

    b) La viabilité de l’État jacobin dans un monde dont les ressources vont en diminuant est sujette à caution. Il a de moins en moins les moyens d’échanger, comme par le passé, intégration à la culture nationale contre promesse d’ascension sociale, et déjà les cercles du pouvoir tendent à devenir le domaine réservé d’une petite aristocratie parisienne. Pris entre limites de la complexité et épuisement des ressources, il est condamné à l’échec, et sa logique politique doit être analysée et dénoncée.

     

    c) L’UDB est favorable à un approfondissement de la démocratie, notamment par la création d’un Sénat représentant les régions sur une base égalitaire, par la suppression des départements, par la généralisation du scrutin proportionnel, par l’interdiction du cumul des mandats, la valorisation des pays et la promotion de la démocratie participative à tous les niveaux.

     

    d) Attachée aux valeurs démocratiques du fédéralisme, l’UDB souhaite que l’accession à une pleine autonomie territoriale se fasse dans le cadre d’une Bretagne elle-même fédérale qui s’appuiera, d’une part, sur les libertés communales, d’autre part sur le remplacement des intercommunalités et des départements par les Pays transformés en collectivités de plein exercice.

     

    II-A-1-3) Faire face à l’urgence sociale

     

    a) Face à l’impasse que constitue l’ultra-libéralisme, l’UDB affirme que la justice sociale doit être au cœur de tout projet de société.

     

    b) Contrairement à ce qu’affirment les dogmes productivistes et ultra-libéraux, la croissance n’est pas, en elle-même, génératrice de progrès social. Sans politique de redistribution forte, elle tend même à accroître les inégalités. Pour aboutir à une véritable justice sociale, une politique volontariste est indispensable.

     

    c) Celle-ci passe naturellement par une politique de revalorisation des bas revenus et par une lutte déterminée contre les discriminations, mais ce n’est pas suffisant. La puissance publique doit, à tous les niveaux, garantir l’équilibre des relations entre employeurs et employés, notamment par le biais d’un droit du travail clair et exhaustif dont l’application doit être renforcée.

     

    d) L’UDB estime que la puissance publique régionale a un rôle central à jouer dans une politique de l’emploi qui doit être repensée et dont l’évaluation doit être améliorée. La formation initiale et continue doit y être pleinement intégrée et permettre une mobilité professionnelle choisie.

     

    e) L’UDB croit au rôle central des services publics dans la cohésion du territoire et la réduction des inégalités. Elle rappelle que ceux-ci s’exercent ou ont vocation à s’exercer à plusieurs niveaux et que les innovations porteuses de progrès social sont souvent le fait de collectivités locales ou régionales. Elle estime enfin que la puissance publique doit mener une véritable politique d’offre de services à destination des classes populaires, notamment dans les secteurs les plus touchés par les hausses de prix comme le transport, la santé, l’eau, l’énergie ou le logement. Ces services vitaux ne doivent en aucun cas dépendre du seul secteur privé.

     

    f) L’UDB affirme que la puissance publique doit servir la démocratie. S’il semble acquis à gauche que la puissance publique doit être le garant de l’équité sociale, force est de constater que la conduite et l’animation des politiques sociales en France relèvent du maquis institutionnel. Pour mettre en œuvre une véritable politique sociale adaptée aux nécessités locales, il est indispensable de donner leur autonomie aux régions ainsi que les moyens de l’assumer, ce qui suppose une réforme de tout le système fiscal et rend nécessaire une autre répartition des impôts et des ressources fiscales. Cette autonomie ne peut cependant se concevoir qu’accompagnée d’une clarification des compétences, d’une transparence dans la gestion et d’une véritable politique de solidarité territoriale s’appuyant sur de véritables services publics.

     

    g) Pour l’UDB, l’égalité territoriale constitue un objectif essentiel. L’évolution économique et politique en cours accentue les déséquilibres territoriaux et l’inégalité d’accès aux services publics et à l’emploi. La lutte contre cette fracture territoriale externe et interne (est/ouest, côte/intérieur) est une priorité. La Région et les autres collectivités territoriales bretonnes ont le devoir de combattre cette évolution et d’obtenir de l’État la mise en place d’une véritable politique d’aménagement du territoire.

     

    h) L’UDB se doit de développer ses relations et partenariats avec les divers mouvements sociaux, culturels, environnementaux, de défense des droits de l’homme… Elle accentuera ses relations avec les syndicats, dans le respect de leur indépendance réciproque, et participera à la réflexion sur la gestion des ressources et l’avenir de notre société.

     

    II-A-1-4) Faire face à l’urgence écologique

     

    a) Il est désormais impossible d’éviter une crise écologique globale combinant changement climatique et épuisement des ressources. Le modèle de développement capitaliste basé sur un projet de croissance indéfinie dans un monde fini trouve aujourd’hui ses limites et risque d’entraîner le monde dans une crise multiforme grosse de menaces pour l’ensemble des acquis du dernier siècle Ce n’est pas seulement la planète qui est en danger, mais également l’humanité et nos sociétés.

     

    b) Les régions sont les espaces les plus pertinents pour mettre en œuvre – en Bretagne et ailleurs – une politique écologiquement durable, juste, solidaire, prospère et compatible avec le caractère limité de nos ressources.

    Les initiatives prises par la Région Bretagne (adhésion au réseau des Régions du monde pour le développement durable, organisation du premier Sommet mondial des Régions sur le changement climatique à Saint-Malo, accueil à Brest du centre CLIMSAT de l’ONU) et auxquelles les élus régionaux de l’UDB ont fortement contribué, doivent être poursuivies et encouragées.

     

    c) Il faut remettre en cause ces mythes modernes que sont la croissance et la société de consommation. Outre le fait qu’ils ne profitent qu’à une minorité de la population de la planète, ils sont la cause de la situation de dépassement de capacité écologique dans laquelle nous nous trouvons.

    Cette remise en cause ne doit cependant pas être supportée par les classes populaires mais doit, au contraire, se traduire par un surcroît d’égalité et de solidarité. Pour mesurer l’état de santé d’une société il faut préférer au PIB (produit intérieur brut) un indicateur comme l’IDH (indice de développement humain) utilisé par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), qui met en avant l’accès aux services fondamentaux (alimentation, santé, éducation, logement), les écarts de richesse et l’espérance de vie.

     

    d) L’aménagement énergétique futur de la Bretagne devra reposer, à terme, sur une utilisation quasi exclusive des énergies renouvelables. Pour y parvenir, l’UDB soutient et encourage les projets de recherche et de développement devant conduire à des sites de production énergétique intelligemment répartis sur notre territoire. Cela va de pair avec une politique d’économie d’énergies innovante, basée sur la mise en œuvre de nouvelles techniques de construction, de nouveaux matériaux et d’une recherche volontariste dans ces domaines.

     

    e) Face à l’épuisement du modèle de la « révolution verte », il est urgent de relocaliser l’agriculture et de la recentrer vers ce qui doit être sa vocation première : l’alimentation. La souveraineté alimentaire est un objectif essentiel, en Bretagne comme ailleurs, mais il ne peut être atteint qu’en rompant avec des techniques productivistes polluantes et totalement dépendantes des énergies fossiles, tout en privilégiant les circuits courts. Par ailleurs, l’UDB refuse les OGM en plein champ dont l’innocuité n’a pas été prouvée.

     

    f) Face aux risques majeurs d’une augmentation substantielle du niveau de la mer, l’UDB demande la mise en œuvre urgente de politiques publiques tendant à leur suppression et, là où la situation est irréversible, la mise en œuvre d’une politique d’aménagement du territoire qui anticipe les mouvements de population.

     

    g) La pression immobilière sur notre territoire pose trois grands problèmes :

    — un problème écologique par le mitage du territoire, en particulier le long des côtes ;
    — un problème agricole par la réduction de l’espace consacré à l’agriculture ;
    — un problème de mixité sociale, les salariés les plus modestes et les chômeurs, souvent jeunes, ne peuvent plus se loger sur leur lieu de vie et (ou) de travail et sont rejetés dans l’arrière-pays. La côte devient ainsi une zone habitée par des personnes aisées, ou inhabitée hors des périodes d’été.

     

    La région, par la création de l’EPFR (établissement public foncier régional), doit permettre aux citoyens les plus modestes de vivre là où ils travaillent. L’UDB demandera, par ailleurs, pour limiter le mitage du territoire, un moratoire sur la construction des résidences secondaires, à l’issue duquel un bilan de ses effets sera réalisé.

     

    II-A-1-5) Instaurer la démocratie économique

     

    a) L’UDB estime que, si le dirigisme étatique a fait la preuve de son inefficacité, une politique de « laisser faire, laisser aller » transformerait la démocratie en une coquille vide. Parce qu’elle représente le peuple et est responsable devant lui, la puissance publique a le droit et le devoir d’intervenir dans l’économie.

     

    b) L’UDB affirme qu’aucun moyen collectif ne peut être soustrait aux décisions collectives de ses acteurs. Elle croit également que, si une société libre implique la liberté des entreprises, notamment, cette liberté ne peut s’étendre à la liberté de profiter du travail, de la crédulité ou de la faiblesse d’autrui. Elle rappelle le rôle essentiel des organisations syndicales pour une véritable démocratie économique.

     

    c) L’UDB estime que la démocratie doit être étendue au domaine économique et que la richesse doit d’abord aller à ceux qui la créent. Elle insiste sur la nécessité d’un encadrement strict du capitalisme financier, du partage des bénéfices de l’entreprise, et d’un développement du rôle des salariés dans les processus de décision économique, en évaluant, en contractualisant et en sanctionnant les abus éventuels.
    Le renvoi de la négociation au sein de chaque entreprise, s’il n’est pas précédé et accompagné de garanties conventionnelles de branche, ne sert qu’à masquer une remise en cause des droits des salariés

     

    d) La Bretagne, avec son histoire sociale et son actualité politique, peut devenir le fer de lance de la réflexion programmatique d’une économie progressiste, humaniste et territorialisée. Il convient en particulier de reconnaître l’utilité publique de l’économie sociale en concentrant sur ce secteur les aménagements fiscaux et les actions publiques susceptibles de créer de l’emploi. En effet, l’économie sociale, laboratoire démocratique, ancre l’activité sur un territoire et, de fait, constitue une des réponses aux délocalisations. Il convient également de travailler à la création d’un vrai statut de l’économie sociale et solidaire en Europe.

     

    e) L’urgence économique. L’UDB considère qu’un développement économique équilibré et durable de la Bretagne est plus que jamais une urgence. Si la population bretonne ne cesse d’augmenter, c’est bien davantage grâce au retour ou à l’arrivée de retraités exilés qu’en raison d’une augmentation des offres d’emploi. En Bretagne, l’exode des jeunes, notamment des mieux formés, reste une réalité. Le développement local constitue l’une des réponses à la situation économique.

     

    Pour l’assurer, l’UDB préconise :
    — le soutien aux projets de recherche et de développement générateurs d’emplois ;
    — la mise en place d’une infrastructure en télécommunications performante ;
    — la mise en œuvre d’une grande prospective dans l’ensemble des domaines économiques que compte notre région afin d’anticiper les évolutions (exemple de l’agriculture, de la pêche). Pour cela, les organismes de prospection, les universitaires, seront largement consultés et mis à contribution.

     

    L’UDB préconise le soutien et la valorisation des circuits courts (production, distribution, échanges) comme une des réponses à la hausse du coût des transports. Cela permet à la fois une amélioration de la qualité et une juste rémunération du producteur. L’action politique des pouvoirs locaux est de faciliter ces échanges, notamment par l’amélioration des communications intra-régionales, par une aide au regroupement de l’offre et de la demande.

     

    Pour la Bretagne, la maîtrise de son destin économique passe par la maîtrise des moyens financiers nécessaires. L’UDB réclame que les fonds européens destinés à la Bretagne soient directement gérés par la Région, sans transiter par l’État. L’UDB propose également que la Région Bretagne puisse lever une partie de l’impôt sur le revenu. Il est essentiel pour le développement économique de la Bretagne que les Bretons eux-mêmes puissent décider des priorités d’investissement d’infrastructures.

     

    II-A-1-6) Réaffirmer la laïcité

     

    L’UDB inscrit son combat dans la lutte pour le respect des droits de l’homme et combat toutes les discriminations basées sur l’origine, la religion, le sexe, l’âge, la santé ou les orientations sexuelles. L’UDB affirme que le principe de laïcité est à la fois un respect du pluralisme, de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de l’égalité des chances et un refus de toutes les discriminations.

     

    L’UDB rappelle que la nécessité de protéger les citoyens de toute entrave à la liberté de choix passe par une éducation à l’esprit critique et à l’autonomie de jugement dont l’école doit être le cadre privilégié. Dans cet esprit, l’UDB est pour un enseignement du fait religieux dans une approche pluridisciplinaire.

     

    II-A-1-7) Défendre et promouvoir la langue bretonne, le gallo et la culture bretonne

     

    L’UDB considère qu’une lutte culturelle est forcément politique et agira en ce sens auprès des acteurs culturels de Bretagne.

    Ainsi :

    a) L’UDB affirme la nécessité de défendre et de promouvoir la langue bretonne, le gallo et la culture bretonne, gage, dans toutes ses composantes, de dynamisme politique, économique et social, et instrument de solidarité entre les Bretons. Elle estime que la culture bretonne n’est pas figée, qu’elle peut se transformer et assimiler, comme elle l’a toujours fait, de nombreux éléments venus d’ailleurs.

    b) Le peuple breton a hérité d’un riche patrimoine culturel – matériel et immatériel –, naturel, linguistique… qui constitue une grande partie de son identité actuelle. Ce patrimoine doit faire l’objet de politiques ambitieuses visant à mieux le connaître, le protéger, l’entretenir et le valoriser. L’UDB agira pour que tous les moyens – y compris législatifs et réglementaires – soient mis en œuvre pour parvenir à ces objectifs.

    c) L’UDB estime que la culture bretonne doit être un outil d’intégration pour ceux qui, d’où qu’ils viennent, ont choisi de s’installer en Bretagne. Pour cela elle doit, tout en préservant son originalité, être ouverte à toutes les autres cultures.

    d) L’UDB demande à ce que la Bretagne reçoive les compétences et les moyens nécessaires pour transmettre, promouvoir et développer la langue bretonne, le gallo et sa culture, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’audiovisuel. L’institution régionale doit se montrer particulièrement offensive en ces domaines.

    e) L’UDB s’engage à faire tout ce qui est possible pour assurer le développement de la langue bretonne, en s’appuyant notamment sur les bretonnants de naissance, et en soutenant les actions menées par les écoles bilingues publiques, privées et associatives, à parité horaire ou en immersion, ainsi que toute initiative permettant d’obtenir une filière complète de la maternelle à l’enseignement supérieur.

    f) Dans les collectivités territoriales, notamment là où l’UDB est présente, on s’efforcera de provoquer l’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg. L’UDB encourage tous ses militants à apprendre le breton et/ou le gallo.

     

    II-A-1-8) La Bretagne, des atouts maritimes à valoriser

     

    a) L’UDB estime que, pour favoriser le développement économique de la Bretagne, il faut investir sur ses atouts. Au premier rang d’entre eux se trouve sa situation maritime, source de richesses économiques et énergétiques.

     

    b) L’innovation et la recherche doivent être orientées vers l’accompagnement de la filière pêche et la recherche de ressources énergétiques en mer.

     

    c) La mise en cohérence des ports de Brest, Lorient et Saint-Malo avec celui de Nantes - Saint-Nazaire est une nécessité économique. L’UDB rappelle que la réunification est un bon outil pour favoriser les synergies entre acteurs de l’économie maritime.

     

    II-A-2) Confirmer une stratégie d’ouverture, de gauche, écologiste et bretonne

     

    a) L’Union démocratique bretonne a pour objectif de construire une société bretonne juste, solidaire et soutenable, mais elle entend le faire dans une perspective d’évolution, sans rupture brutale et dans le cadre des institutions démocratiques.

     

    b) L’UDB s’engage, pour faire barrage à une droite de plus en plus réactionnaire, aux côtés de tous les partis progressistes et démocratiques sur la base d’un socle commun : revaloriser les minima sociaux, augmenter le SMIC et les bas salaires, simplifier et renforcer le cadre réglementaire du droit du travail, promouvoir l’égalité hommes-femmes et la parité, assurer une représentation effective des salariés dans les instances décisionnelles, faire une priorité de la formation des jeunes et renforcer les compétences des Régions en la matière, promouvoir la culture et les langues de Bretagne, promouvoir l’identité bretonne sous toutes ses formes, lutter contre la spéculation foncière et assurer le droit au logement, défendre le système de retraite par répartition et les services publics indispensables à la cohésion territoriale, reconnaître le rôle central des collectivités locales en matière de développement durable et pour le maintien de services publics, agir pour la réunification administrative de la Bretagne.

     

    c) L’UDB estime que la transformation de la société et la réponse adéquate à la crise globale se feront au moins autant par des initiatives et des luttes locales que par une répétition des grandes réformes centralisées.

     

    d) Elle ne peut oublier son analyse de fond : l’État, en France, assure une fausse égalité entre les citoyens et les territoires et, à l’heure de la crise écologique, engage les uns comme les autres dans une voie sans issue. Elle affirme que si l’autonomie – pas plus que l’État – n’est pas par nature progressiste, elle reste un outil puissant au service de la transformation sociale et de la soutenabilité.

     

    II-A-2-1-0) Les prochaines échéances électorales

     

    a) L’UDB établit sa stratégie électorale et ses alliances ou soutiens sur la base de son projet et de ses priorités telles que définies plus haut. L’UDB fait partie des forces de gauche et, à ce titre, estamenée à établir ses alliances dans ce cadre. L’exemple des élections régionales de 2004 doit continuer à nous inspirer. Nous avons réussi à avancer au travers d’une alliance à deux tours en ayant affiché d’emblée notre volonté de participer avec les partis « gestionnaires » à la mise en œuvre d’une politique qui ne recouvre pas notre programme mais ne contredit pas nos valeurs. Le bilan de nos conseillers régionaux, aux deux tiers de leur mandat, montre que la Région Bretagne a besoin des élus UDB.

     

    b) En l’état actuel des choses, sa priorité doit rester la création d’un espace de confrontation et de dialogue (notre journal Le Peuple breton y contribue remarquablement) pour faire émerger cette gauche fédéraliste et écologiste qui, pour le moment, ne se retrouve qu’à l’UDB et dans une partie du mouvement écologiste.

     

    c) La gravité des attaques de la droite au pouvoir nous conduit à nous donner pour priorité le maintien de la Région à gauche et l’accroissement de notre influence au sein de la majorité régionale. Cette alliance préférentielle à gauche doit se faire en cohérence avec les actions de la fédération Régions et peuples solidaires, dont la politique visant à créer sur le territoire de la République française un rapport de forces favorable aux droits des minorités constitue un axe fondamental de notre action.

     

    II-A-2-1-1) Les élections européennes

     

    Les élections européennes auront lieu en juin 2009. La Bretagne, en France, ne constitue pas une circonscription électorale distincte au Parlement européen, contrairement au pays de Galles et à l’Écosse, par exemple.

    La nature du scrutin et la taille des circonscriptions rendent peu réaliste une participation de l’UDB isolée en tant que telle. L’UDB travaillera donc, dans le cadre de R&PS (Régions & peuples solidaires), à la construction de listes d’union de gauche, européennes, fédéralistes et écologistes avec les Verts l’objectif étant l’obtention d’au moins une place éligible pour R&PS et une réelle visibilité des autres candidats R&PS.

     

    II-A-2-1-2) Les élections régionales

     

    Les élections régionales sont fondamentales pour l’UDB ; en tout état de cause, le parti sera présent à ce scrutin de façon autonome si nécessaire. L’échéance des prochaines élections régionales (probablement en 2010) sera abordée au regard de plusieurs éléments :

     

    — l’expérience de 2004, à savoir notre alliance dynamique au premier tour des régionales avec les Verts et la gauche alternative (près de 10 % des voix) et l’accord victorieux de second tour avec la liste conduite par Jean-Yves Le Drian ;
    — le bilan de notre participation à la gestion de la Région administrative au sein de la majorité régionale ;
    — la collaboration maintenue entre les élus régionaux de l’UDB et des Verts.

     

    Notre stratégie tiendra compte d’un triple objectif :
    — faire mieux prendre en compte nos idées par nos partenaires et donc dans les futures politiques régionales ;
    — asseoir et développer notre représentation au sein du conseil régional de Bretagne ;
    — maintenir la Bretagne à gauche.
    Compte tenu du calendrier relativement éloigné du scrutin des élections régionales, des éventuelles évolutions envisagées par l’actuel gouvernement, le congrès mandate le bureau politique pour organiser une convention nationale de façon à adapter notre positionnement au plus près des réalités et de nos objectifs.

     

    L’UDB profitera de la campagne des élections régionales pour réaffirmer sa volonté de voir la Bretagne réunifiée. En Loire-Atlantique, l’UDB ne participera pas à une liste hostile à la réunification de la Bretagne.

    II-B) – L’UDB : un parti au service du peuple breton : optimiser l’outil

     

    Quelles que soient les perspectives d’évolution, rien ne pourra se faire sans une UDB solide, l’expérience des dernières élections l’a encore démontré.

     

    II-B-1) La réflexion

     

    a) Une réflexion théorique solide est indispensable pour orienter efficacement les actions futures. Si l’UDB a percé et tenu, c’est, comme le disait Morvan Lebesque, parce qu’elle avait une « grille de lecture du monde ». À l’heure où ce monde entre en mutation et où s’installe ce qui semble être une crise profonde et polymorphe, l’UDB doit créer un cadre d’interprétation cohérent qui éclairera son projet et le liera aux préoccupations concrètes de la population. La réflexion est d’autant plus importante que les dérives libérales guettent la gauche de gouvernement dans le monde et que la réponse à construire, tant idéologique que politique, est difficile en Europe comme ailleurs.

     

    b) Notre journal y contribue chaque mois, mais nous devons également produire des textes de synthèse argumentés et pédagogiques, du type des Cahiers du Peuple breton, qui détailleront notre vision du monde et de l’avenir de la Bretagne à court, moyen et long terme. Cela ne sera possible que si nous améliorons notre capacité de réflexion et de débat internes. An Emsaver est pour cela un outil indispensable, mais le bureau politique étudiera les possibilités d’en faire émerger d’autres, sur Internet ou suivant des modalités plus classiques.

     

    c) Nous devons également rendre plus lisibles les politiques publiques que nous proposons et donc mettre à jour et publier une Base programmatique complète et évolutive, à partir, notamment, de celle élaborée pour les élections législatives de 2007 et du Statut pour la Bretagne de 1999.

     

    d) Relever de nouveaux défis. Notre parti est aujourd’hui devenu quasi incontournable et s’impose désormais dans le paysage politique breton. Pour autant, notre force d’attraction est encore limitée. Sans prétendre devenir un parti de masse, nous devons éviter un piège : celui de la « notabilisation» du parti. Parti d’élus – et de ce fait doté de permanents –, le risque est dès lors de le figer en parti institutionnel, se mobilisant essentiellement dans le cadre et dans le but des consultations électorales et des stratégies qui les précèdent…

    Les campagnes électorales doivent être accompagnées d’un travail de fond, pour renforcer la prise de conscience – et donc l’adhésion à nos idées – de notre communauté et pour donner du sens à notre combat, sur tous les terrains.

     

    II-B-2) Le renforcement, la féminisation et le rajeunissement du parti

     

    a) Notre structuration militante ne couvre pas l’ensemble des territoires de Bretagne, et, même si la situation s’est améliorée, trop peu de jeunes adhèrent à l’UDB.

     

    Nous avons donc deux objectifs prioritaires :
    — la création de sections dans les secteurs où le parti n’est pas encore présent. Le BP se fixera des objectifs et procédera à des évaluations ;
    — le développement de messages et de propositions d’actions plus à même d’intéresser les jeunes au discours du parti.

     

    L’UDB, parti légaliste et apparaissant comme tel, n’attire pas autant les jeunes que d’autres partis ou mouvements plus activistes. Nous avons à tenir compte de cette nouvelle forme de militantisme, dont les collectifs informels, qui agissent ponctuellement avec une mobilisation variable et fédèrent les jeunes sur des thèmes très précis : réunification, langue bretonne, écologie, logement…

     

    b) Le congrès mandate le bureau politique pour engager une réflexion sur l’adhésion, le militantisme, la composition des différentes instances de l’UDB et leur rôle, et les structures du parti en général, dans le but de proposer des adaptations permettant d’améliorer l’efficacité organisationnelle du parti et donc notre notoriété.c) La création de fédérations de sections de pays reste un objectif partout où cela est possible.

     

    d) An Emsaver, notre outil de communication interne, doit renforcer son rôle d’animation du débat interne et de mobilisation des adhérents. Sa version électronique sera étudiée.

     

    e) Afin de favoriser l’expression des jeunes de l’UDB au sein du parti, leur représentant disposera désormais d’un siège à part entière au bureau politique, avec droit de vote sur les délibérations.

     

    f) Le renforcement de l’UDB passe par le renforcement de ses moyens et de ses finances. Le financement public qui représente une part importante de ses ressources étant en permanence menacé par une réforme du code électoral, l’UDB devra rechercher d’autres formes de financement.

     

    II-B-3) La formation

     

    a) La formation est indispensable à la vie du parti et conditionne son efficacité et sa pérennité.

     

    Elle s’articule autour de cinq axes :
    ● formation collective autour de thèmes précis ;
    ● formation personnelle : l’art de communiquer, prise de parole, rédaction d’articles ;
    ● formation appliquée : politique économique et sociale, écologie appliquée ;
    ● formation aux fonctions électives et aux fonctions d’animation du parti ;
    ● développement du bilinguisme dans le parti.

     

    b) Une des priorités sera la formation des militants à la prise de responsabilité à l’intérieur du parti et le renouvellement des cadres. La formation théorique sur les grands enjeux du monde contemporain devra être développée et pourra être ouverte à des formations amies.

     

    II-B-4) Rôle des élus

     

    Les élus : un capital humain à valoriser.

     

    L’UDB félicite et remercie tous ses militants qui ont accepté d’être candidats lors des dernières échéances électorales et ainsi de porter et populariser nos valeurs et nos idées.

     

    Lors des dernières élections municipales, l’UDB a multiplié le nombre de ses élus municipaux sur les cinq départements bretons et ainsi renforcé son implantation locale et sa visibilité. Il convient que le parti et les élus fonctionnent en harmonie.

    Les élections régionales de 2004, puis les élections municipales de 2008, ont permis à l’UDB d’acquérir une nouvelle légitimité démocratique. Les élus constituent un relais important pour les propositions de l’UDB et témoignent de sa capacité à gérer les affaires publiques tout en apportant des idées et des pratiques nouvelles. Par exemple, des élus UDB ont été à l’avant-garde dans l’introduction de produits biologiques et du commerce équitable dans les commandes publiques, en Bretagne et même en France. Ils jouent un rôle important dans l’ouverture ou le renforcement de filières d’enseignement bilingue et dans l’utilisation du breton dans les espaces publics. Par ailleurs, l’implication de ses élus dans la gestion de collectivités de différents niveaux, dans des communes urbaines ou rurales, est de nature à enrichir l’information et la réflexion du parti. L’UDB doit s’attacher à valoriser le travail de ses élus, auprès de ses adhérents comme auprès des Bretons, pour progresser lors des prochains rendez-vous électoraux.

     

    II-B-5) Faire savoir ce que l’on dit et fait

     

    II-B-5-1) L’autonomie

     

    Parti autonomiste, l’UDB se donnera les moyens d’organiser en 2009, année sans élection locale, une vaste campagne d’information et de sensibilisation sur le thème de l’autonomie. Un plan ambitieux et précis de communication sera élaboré de décembre 2008 à mars 2009. Il devra couvrir l’intégralité de la Bretagne. La campagne se déroulera de mai 2009 à novembre 2009. Elle devra impliquer l’ensemble des forces militantes, les élus, les sympathisants et toutes les bonnes volontés.Le bureau politique, en étroite liaison avec les fédérations et les sections, aura la responsabilité d’orchestrer la conception et la mise en œuvre de cette campagne.

     

    II-B-5-2) Le Peuple breton

     

    Notre journal, Le Peuple Breton, est l’outil de base de communication du parti. Pour améliorer la diffusion de nos analyses et faire mieux connaître nos propositions, le nombre de ses lecteurs doit s’accroître. Il doit être conforté et sa diffusion mieux organisée. Le réseau de dépôts doit être achevé, en priorité dans la Loire-Atlantique. Une fois cela accompli, il faudra envisager des opérations de publicité. Dans ce domaine, l’accroissement du nombre des abonnés est primordial, tout comme l’est une meilleure visibilité et une présence accrue chez les détaillants. La qualité actuelle de la publication devrait rendre cette recherche plus facile si nous sommes convaincus de son importance. Par ailleurs, nous nous félicitons que les anciens numéros du journal soient diffusés sur nos différents sites fédéraux et nationaux sous forme de fichiers pdf. La mise en œuvre du site du PB voté en bureau politique sera menée à son terme en s’appuyant sur le travail déjà entrepris par les responsables des sites et blogs existant.

     

    II-B-5-3) Internet

     

    Notre communication par Internet s’est améliorée, tout comme la qualité de nos sites. Le congrès mandate donc le bureau politique pour continuer l’effort entrepris et étudier le meilleur moyen d’exploiter les possibilités ouvertes par Internet.

     

    II-B-5-4) Mesurer notre image et vérifier la compréhension de notre message

     

    Le congrès mandate le bureau politique pour que le parti se dote de moyens nouveaux pour mesurer son image et clarifier son message à l’extérieur et s’assurer de la compréhension de celui-ci.

     

    II-B-6) Le bilinguisme

     

    L’utilisation du breton et, lorsque que cela sera possible, du gallo, doit être renforcée à la fois dans notre fonctionnement interne et dans notre communication. Le congrès mandate le bureau politique pour étudier les modalités de ce renforcement et les moyens qu’il convient d’utiliser. L’UDB, comme l’a fait Le Peuple Breton, signera la charte Ya d’ar brezhoneg.

     

    II-B-7) Diffusion du texte du congrès

     

    Le texte voté par le congrès sera traduit en breton, en gallo et en anglais et diffusé, en version quadrilingue, sur les sites du parti.